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Clôture de Wall Street : Donald Trump et Amazon sonnent le rebond !

Clôture de Wall Street : Donald Trump et Amazon sonnent le rebond !
Clôture de Wall Street : Donald Trump et Amazon sonnent le rebond !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a flambé d'environ 5%, mercredi, après avoir plongé de 8% à 9% en 4 séances. Les investisseurs semblent avoir suivi le conseil de Donald Trump, qui a estimé que la chute actuelle était "une formidable opportunité d'acheter". En outre, Amazon a fait état de ventes record pour la saison des fêtes, ce qui a rappelé aux marchés que la consommation restait dynamique aux Etats-Unis, réduisant le risque d'un brutal ralentissement de la croissance. Le rebond des actions a été accompagné de celui du pétrole (+8%!) et du dollar, tandis que l'administration Trump a voulu désamorcer le débat sur un possible limogeage de Jerome Powell. Celui-ci n'est absolument pas à l'ordre du jour, assure-t-on, malgré les critiques récurrentes de Donald Trump à l'encontre des hausses de taux de la Fed.

A la clôture, l'indice Dow Jones a regagné mercredi 4,99% à 22.878 points, effectuant un bond record de plus de 1.000 points (1.086 pts) en une seule séance! L'indice large S&P 500 a rebondi de 4,96% à 2.467 pts, tandis que l'indice Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a flambé de 5,84% à 6.554 pts !

Lundi, à la veille de Noël, le S&P 500 avait terminé à son plus bas niveau depuis 20 mois, et frôlait le "bear market" (-19,7%), tandis que le Nasdaq chutait de 23,6% par rapport à ses records et le DJIA de 18,7%. L'approche de ces seuils techniques a déclenché des achats à bon compte, d'autant que le président Donald Trump a jugé que la baisse actuelle représentait une opportunité d'achat. Les rachats de ventes à découvert ont sans doute aussi joué un rôle important dans le rebond de mercredi.

Pétrole, dollar et taux d'intérêts regagnent du terrain

Les cours du pétrole ont vivement rebondi dans le sillage des actions. Sur le Nymex, le contrat à terme de février sur le brut léger américain WTI a rebondi de 8,68%, à 46,22$ le baril, tandis que le cours du Brent de Mer du Nord (contrat de février), est remonté de 7,93%, à 54,47$ le baril. Lundi, les deux types de pétrole avaient chuté de plus de 6%, le WTI retombant au plus bas depuis 18 mois, en juin 2017.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar, qui mesure son évolution face à 6 devises de référence (euro, yen, livre sterling, franc suisse, dollar canadien et couronne suédoise) a avancé de 0,50% à 97,05 points. De son côté, l'euro reculait de 0,35% à 1,1354$, tandis que la livre sterling cédait 0,32% à 1,2634$. Le dollar a rebondi encore plus nettement face au franc suisse (+0,87%) et au yen (+0,96%), les deux devises qui avaient servi de valeurs-refuge depuis deux semaines face aux turbulences boursières.

Sur les marchés obligataires, le rebond des actions a entraîné des ventes d'obligations (elles aussi valeurs-refuge par excellence), ce qui a fait remonter les taux d'intérêts (qui évoluent en sens inverse des cours). Le rendement du bon du Trésor américain (T-Bond) à 10 ans a ainsi rebondi de 7 points de base à 2,81%.

"Une formidable opportunité d'acheter!", affirme Donald Trump

L'administration Trump s'est mobilisée mercredi pour désamorcer le sujet d'un possible limogeage de Jerome Powell, qui a semé le trouble parmi les investisseurs. Donald Trump lui-même a mis un peu d'eau dans son vin, tout en critiquant une nouvelle fois les hausses de taux de la banque centrale. En outre, le conseiller économique de la Maison Blanche Kevin Hassett a assuré que Donald Trump ne limogerait pas Jerome Powell.

Aux journalistes lui demandant si la position de Jerome Powell était assurée, M. Hassett a répondu: "Oui, bien sûr, à 100%." A une autre question lui demandant s'il pouvait affirmer que le poste de Powell n'était pas menacé, il a dit: "Absolument."

Dans un entretien de Noël avec la presse, mardi depuis la Maison Blanche, Donald Trump a jugé que la chute actuelle des Bourses était une opportunité d'achat. "Nous avons des entreprises - les meilleures au monde et elles se portent très bien", a-t-il déclaré. "Elles affichent des chiffres record. Je pense donc que c'est une formidable opportunité d'acheter. Vraiment une belle opportunité d'acheter", a insisté le Président américain, constatant par ailleurs la bonne santé de l'économie de son pays.

Jerome Powell ne serait plus sur un siège éjectable, mais Steven Mnuchin si...

Les marchés s'inquiètent du manque de clarté politique aux Etats-Unis, alors que certaines administrations sont entrées en "shutdown" depuis le 22 décembre, et que Donald Trump assure qu'il est prêt à faire durer la situation très longtemps s'il n'obtient pas des Démocrates le feu vert au financement de son mur transfrontalier avec le Mexique.

Lundi, les marchés avaient été effrayés par un communiqué maladroit de Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor, qui avait indiqué avoir téléphoné aux patrons des 6 plus grandes banques américaines pour s'enquérir d'éventuels problèmes de liquidités. Cette démarche avait accentué l'aversion au risque des investisseurs, alors même que les banques ont assuré n'avoir aucun problème de liquidité. Mercredi, des rumeurs en provenance de Washington affirmaient que Steven Mnuchin pourrait désormais être sur la sellette.

Une source citée par 'CNN' rapportait ainsi que Mnuchin pourrait être en "sérieux danger" après ses tentatives ratées de calmer les marchés lundi. Toutefois Donald Trump a qualifié mardi devant les journalistes son ministre des Finances de "gars très talentueux, très intelligent", en qui il avait évidemment confiance.

La consommation reste solide, Amazon flambe de 9,4%

Aux yeux de nombreux analystes, le rebond boursier de mercredi reste fragile, et demande à être confirmé, car aucun des problèmes sous-jacents (ralentissement conjoncturel mondial, tensions commerciales, "shutdown", Brexit, instabilité politique à Washington...) n'ont été réglés ces derniers jours.

Cependant, l'annonce par Amazon de ventes record pour la saison des fêtes de fin d'année a rappelé aux marchés que la consommation continue de bien se porter aux Etats-Unis. Or, la consommation représente les deux-tiers de la croissance outre-Atlantique, ce qui éloigne quelque peu les craintes d'un ralentissement brutal de la croissance en 2019...

Le titre du géant américain de la vente en ligne a bondi 9,45% pour finir à 1.470,90$. Sans donner de chiffrage précis, Amazon a indiqué dans un communiqué avoir enregistré une saison des fêtes record grâce à la vente de ses propres produits, notamment les enceintes connectées Echo Dot et le nouveau boîtier "Fire TV Stick 4K".

Amazon a précisé que pendant la saison des fêtes, des "dizaines de millions de clients" avaient souscrit à son service Prime, soit pour un essai gratuit, soit via un abonnement, et que le groupe avait livré non moins d'un milliard de produits via Prime aux Etats-Unis.

VALEURS A SUIVRE

Au-delà d'Amazon (+9,45%) l'ensemble du secteur de la distribution était bien orienté mercredi à la Bourse de New York. Selon les données Mastercard SpendingPulse, les ventes de détail aux Etats-Unis auraient augmenté de plus de 5% durant la période des fêtes, leur meilleure performance en six ans.

L'indice S&P de la consommation discrétionnaire a affiché la meilleure performance sectorielle de la séance, en hausse de 6,28% (et même +7,44% pour le sous-secteur de la distribution). Parmi les titres en vue dans le secteur, figurent notamment Kohl's (+10,2%), Walmart (+5,3%), Target (+5,7%), Dollar Tree (+5,6%), Ross Stores (+7,2%), Bed Bath & Beyond (+8,9%), Macy's (+7%), eBay (+6,5%) ou encore Home Depot (+6,4%).

Dans le secteur des technologies de l'information, Apple (grand pourvoyeur de cadeaux de Noël) a regagné 7%.

Intel (+5,9%). Le géant américain des microprocesseurs va bénéficier d'une subvention israélienne d'environ 185 millions de dollars, soutenant son projet local d'expansion des opérations de production de 5 milliards de dollars.

Snap (+4,6%). On savait que le patron de Snap Inc, Evan Spiegel, avait repoussé en 2013 une offre de 3 milliards de dollars du groupe de Mark Zuckerberg Facebook. Le géant californien des réseau sociaux avait alors proposé de racheter Snap, maison-mère de l'application de partage Snapchat, deux ans seulement après sa création. Le 'Wall Street Journal' nous apprend désormais que Snap aurait eu une seconde opportunité pour se vendre à Facebook, trois ans plus tard et un an avant l'IPO (introduction en bourse) du groupe à Wall Street. Zuckerberg aurait ainsi approché encore Spiegel en 2016. Avant même qu'un prix spécifique ou qu'une offre formelle ne soient précisés, Spiegel aurait rejeté son prétendant. Snap a depuis procédé à son introduction à Wall Street en mars 2017 à un prix de 17$ par titre, qui faisait ressortir une valorisation boursière de 24 milliards de dollars. Ce mercredi, le titre évolue autour des 5$...

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