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Clôture de Wall Street : dans le vert, malgré les "stats" US déprimantes

Clôture de Wall Street : dans le vert, malgré les "stats" US déprimantes
Clôture de Wall Street : dans le vert, malgré les 'stats' US déprimantes
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — A l'issue d'une séance en dents de scie, la Bourse de New York a fini dans le vert vendredi soir, malgré l'annonce d'un effondrement de la consommation en avril aux Etats-Unis, lié aux mesures de confinement prises pour juguler le coronavirus. Les tensions commerciales continuent d'empoisonner le climat, les Etats-Unis visant une nouvelle fois l'équipementier télécoms chinois Huawei. Les cours du pétrole ont poursuivi leur "rally" après l'annonce d'une forte baisse du nombre de forages actifs aux Etats-Unis, leur 9e semaine de recul consécutive.

A la clôture, l'indice Dow Jones a avancé de 0,25% à 23.685 points, tandis que l'indice large S&P 500 a gagné 0,39% à 2.863 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a repris 0,79% à 9.014 pts. Sur l'ensemble de la semaine, les trois indices sont toutefois repartis à la baisse de respectivement 2,6%, 2,2% et 1,2% sur 5 séances.

Le secteur des semi-conducteurs (-2,2% pour l'indice SOX) a pesé sur la tendance en réaction à une décision du département du commerce bloquer la vente à Huawei de semi-conducteurs produits avec de la technologie américaine.

Les ventes de détail plongent en avril, mais le moral des Américains résiste en mai

La séance a été marquée par une batterie de statistiques économiques particulièrement hideuses aux Etats-Unis, à commencer par un plongeon de 16,4% des ventes de détail en avril par rapport à mars, sous le coup des mesures de confinement visant à endiguer l'épidémie de Covid-19. Le consensus s'attendait à une baisse un peu moins forte, de l'ordre de 12%, après -8,3% déjà subi en mars... Par ailleurs, la production industrielle américaine a chuté de 11,2% en avril, contre un consensus de -11,5% et après un recul de 5,4% en mars.

L'indice manufacturier "Empire State" de la Fed de New York est ressorti négatif de 48,5 points en mai, un peu moins mauvais que prévu (-65) et après -78 un mois plus tôt. Sous 50, il traduit tout de même une nette contraction de l'activité.

Le seul indicateur comportant un timide rayon de soleil concerne le sentiment des consommateurs américains, qui a mieux résisté que prévu en mai, sans doute sous l'effet de la levée progressive des mesures de confinement dans certains Etats. L'indice préliminaire de cet indice de confiance calculé par l'Université du Michigan est ressorti à 73,7, contre un consensus de place de 66. Il progresse légèrement par rapport à avril, où il avait plongé à 71,8, au plus bas depuis 2011. Les indices boursiers ont réduit leurs pertes après cette publication, la consommation des ménages étant un élément crucial de l'économie américaine, représentant plus des deux-tiers du PIB...

Enfin, la publication du rapport "JOLTS" sur les ouvertures de postes en mars n'a pas réservé de grosses surprises, et il porte sur la période précédant les mesures de restriction anti-Covid-19. Le rapport fait était de 6,191 millions d'ouvertures de postes en mars, contre un consensus de 5,9 millions et après 7 millions en février. Les ouvertures de postes de mars ressortent néanmoins au plus bas niveau depuis le mois de mai 2017.

Huawei une nouvelle fois dans le collimateur de Washington

Sur le front commercial, les Etats-Unis continuent d'accroître la pression sur la Chine, et lient désormais l'avenir de l'accord commercial signé en janvier avec la crise du coronavirus, dont Pékin est accusé d'avoir dissimulé l'ampleur...

Vendredi, le département du Commerce a annoncé des mesures visant à restreindre les livraisons de semi-conducteurs au groupe chinois Huawei. Le règlement américain sur les exportations a été modifié afin d'empêcher stratégiquement l'acquisition par Huawei de semi-conducteurs qui sont le produit de logiciels et technologies américaines.

L'administration Trump a ainsi fait un pas de plus en vue de brider la capacité du fleuron chinois de la 5G, qu'elle a placée l'an dernier sur la liste noire des compagnies jugées menaçantes pour la sécurité nationale des Etats-Unis.

L'accord commercial sino-américain encore sur les rails, selon Kudlow

La veille, Donald Trump avait affirmé être "très déçu" par la Chine, et n'avait pas exclu de rompre toute relation avec le pays, dont il ne souhaite pas rencontrer le président, Xi Jinping... "J'ai une très bonne relation (avec Xi) mais pour le moment, je ne veux pas lui parler", a-t-il asséné dans un entretien à la chaîne 'Fox Business Network'.

Et d'ajouter : "Il y a beaucoup de choses que nous pourrions faire. Nous pourrions rompre l'intégralité de notre relation. Si nous le faisions, que se passerait-il ? Vous économiseriez 500 milliards de dollars." Ce montant étant une allusion au montant estimé des importations américaines en provenance de Chine, que Donald Trump assimile régulièrement à de l'argent perdu.

Le conseiller économique de la Maison Blanche Larry Kudlow, a cependant arrondi un peu les angles vendredi, en déclarant que l'accord commercial n'est "absolument pas en train de s'écrouler" et que les deux pays continuent de travailler sur leurs relations commerciales.

Le pétrole poursuit son "rally", l'offre se réduit aux Etats-Unis

Sur les marchés pétroliers, le rattrapage se poursuit à mesure que les signes d'une forte réduction de la production des pays hors Opep+ se précise, notamment aux Etats-Unis. Sur le Nymex, le baril de brut léger américain (WTI) pour livraison juin a encore bondi de 6,8% à 29,43$, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord d'échéance juillet a grimpé de 4,4% à 32,50$. Sur l'ensemble de la semaine, le WTI a pris 19% et le Brent a gagné 5%.

Le nombre de forages en activité aux Etats-Unis a plongé de 34 cette semaine pour retomber à 258, selon les statistiques hebdomadaires de la firme parapétrolière Baker Hugues. Il s'agit de leur 9e semaine de recul consécutif. Le 13 mars dernier (avant que le Covid-19 n'affecte les Etats-Unis), le nombre de forages actifs était encore de 683, et fin 2019, il était de 885 !

L'Agence internationale de l'Energie s'est montrée moins pessimiste pour la demande pétrolière, dans son dernier rapport mensuel publié jeudi, et a signalé que la production hors Opep+ se réduisait plus vite que prévu. "Nous voyons de premiers signes de rééquilibrage graduel des marchés pétroliers. (Mais) c'est encore graduel, et fragile", a commenté le directeur de l'AIE, Fatih Birol.

De son côté, l'or a fini la semaine en hausse, à plus de 1.750$ l'once. Le contrat à terme de juin coté sur le Comex a gagné 0,9% à 1.756,30$ l'once. Malgré une forte volatilité ces dernières semaines, le métal jaune progresse d'environ 15% depuis le début de l'année, faisant office de valeur refuge.

VALEURS A SUIVRE

Les semi-conducteurs ont été malmenés après les nouvelles mesures prises par l'administration Trump pour empêcher le géant chinois des télécoms Huawei d'acheter des composants contenant de la technologie américaine. L'indice SOX de Philadelphie a cééd 2,2%, plombé notamment par les titres Lam Research (-6,4%), Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC, -4,4%), Qualcomm (-5,1%), Qorvo (-4,1%), Applied Materials (-4,4%) et Micron Technology (-2,8%).

Applied Materials (-4,4%), le géant américain des équipements destinés à la production de semi-conducteurs, a publié hier soir des comptes sans grand relief pour son second trimestre fiscal. Le groupe a réalisé un bénéfice net de 755 millions de dollars soit 82 cents par titre, contre 666 millions de dollars et 70 cents par action un an auparavant. Les revenus se sont appréciés de 12% à 3,96 milliards de dollars. Le consensus FactSet était logé à 93 cents de bénéfice par action pour 4,1 milliards de dollars de facturations. Le groupe estime cependant que la demande sous-jacente demeure solide...

Les dernières annonces du 'fondeur' TSMC (Taiwan Semiconductor Manufacturing Co.), qui prévoit d'établir une usine de 12 milliards de dollars en Arizona, constituent d'ailleurs, outre une victoire pour Trump, le signal que l'industrie ne se porte pas si mal.

Nike (+0,5%) a fait le point jeudi soir sur son activité, à l'approche de la fin de son 4e trimestre fiscal, le 31 mai prochain. Le groupe, qui ne publiera les résultats du trimestre que vers le 26 juin prochain, a indiqué qu'il avait commencé à rouvrir des magasins, notamment aux Etats-Unis, mais a prévenu que la crise du coronavirus continuait d'avoir un "impact significatif" sur ses activités en Amérique du Nord, dans certaines parties d'Europe et en Asie. Le géant américain des équipements sportifs a précisé que la demande des consommateurs en ligne était "toujours forte" via internet et les applications mobiles, ce qui "compensait partiellement" les pertes des magasins physiques.

En Chine et en Corée du Sud, tous les magasins Nike détenus en propre, et plus de 95% des magasins partenaires sont désormais rouverts, et connaissent une affluence en hausse, mais qui demeure inférieure à ses niveaux de l'année précédente. Nike a commencé à rouvrir ses boutiques dans plus de 15 pays, dont l'Allemage, la France, les Pays-Bas, le Brésil et les Etats-Unis.

VF Corp (-6,2%), la maison-mère de Vans etThe North Face, a publié des comptes trimestriels décevants. Pour son quatrième trimestre fiscal, le groupe a dévoilé une perte nette de 484 millions de dollars soit 1,22$ par titre, contre un bénéfice net de 129 millions de dollars un an plus tôt. Le bénéfice ajusté par action est ressorti pour sa part à 10 cents, contre un consensus FactSet de 18 cents. Les revenus ont chuté de 11% à 2,1 milliards de dollars, contre 2,36 milliards de consensus. Le groupe ne s'estime pas en mesure de fournir de guidance annuelle compte tenu des incertitudes liées à la pandémie. Un dividende régulier de 48 cents est déclaré.

Abbott Laboratories (-2%) a corrigé, alors que la FDA américaine va enquêter sur son test rapide du Covid-19. Ainsi, l'autorité médicale américaine va enquêter sur les données préliminaires indiquant que les tests d'Abbott pourraient passer à côté de certains cas Covid-19. Une étude a déterminé que les tests en question, utilisés quotidiennement à la Maison blanche, pourraient rater un tiers au moins des cas positifs. Abbott a réfuté les accusations, et juge que l'étude en question a utilisé les tests de manière inappropriée.

Facebook (+1,9%) poursuit ses emplettes. Le géant américain va s'offrir GIPHY, la plateforme d'images animées partageables (GIF). Créé en 2013, Giphy va être intégrée à la plateforme Instagram. Le groupe de Marck Zuckerberg précise que 50% du trafic de GIPHY provient déjà d'applications Facebook, dont la moitié d'Instagram. "En réunissant Instagram et GIPHY, nous pouvons aider les gens à trouver plus facilement les GIF et stickers parfaits pour leurs Stories et Direct". Selon Axios, la transaction atteindrait environ 400 millions de dollars.

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