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Clôture de Wall Street : dans le rouge vif après les dérapages de Trump !

Clôture de Wall Street : dans le rouge vif après les dérapages de Trump !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — L'excès de confiance qui caractérisait les marchés boursiers depuis plusieurs semaines s'est brusquement évanoui, mercredi, après une nouvelle controverse concernant les liens de Donald Trump avec la Russie et les services secrets américains... Les marchés d'actions américains ont nettement décroché, tandis que le dollar a chuté, et que l'or et les marchés obligataires ont servi de valeurs refuge. La volatilité, qui était tombée ces derniers temps au plus bas depuis plus de 20 ans, s'est envolée.

Mercredi, l'indice Dow Jones a trébuché de 1,78% à 20.606 pts, tandis que l'indice large S&P 500 a lâché 1,82% à 2.357 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technos et biotechs, a dégringolé de 2,57% à 6.011 pts, au lendemain d'un record historique.

Les trois indices ont ainsi signé leurs pires séances en pourcentage depuis l'élection de Donald Trump, il y plus de six mois.

La volatilité, mesurée par l'indice VIX (aussi appelé "indice la peur"), a fait un bond de 18% pour remonter à 13,41, après être tombé sous la barre des 10, le 8 mai dernier, au plus bas depuis 24 ans. En Europe, l'EuroStoxx 50 a abandonné mercredi 1,6% à la clôture.

Donald Trump aurait exercé des pressions sur l'ex-patron du FBI avant de le limoger

Mardi soir, la presse américaine a révélé que le président américain aurait tenté de faire pression sur James Comey, l'ex-directeur du FBI qu'il limogé le 9 mai dernier, en lui suggérant d'interrompre une enquête sur son ex-conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn. L'ancien directeur du FBI a ainsi livré au 'New York Times' la retranscription d'une conversation pendant laquelle Donald Trump l'aurait encouragé à abandonner son enquête sur Flynn en lui disant : "c'est quelqu'un de bien. J'espère que vous pourrez laisser tomber".

Ces propos, bien qu'assez peu directifs, pourraient être interprétés comme une tentative d'entrave à une enquête du FBI, ce qui est une infraction grave. La Maison-Blanche a catégoriquement contesté cette version des faits, mais la position de Donald Trump paraît de plus en plus fragilisée.

En début de semaine, M. Trump avait déjà créé un choc dans la classe politique américaine en divulguant des informations classifiées au ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov lors de leur rencontre le 10 mai dernier. Le président s'est justifié sur Twitter en estimant qu'il avait le droit de partager avec la Russie des informations concernant les risques terroristes.

Ces controverses font craindre aux marchés que la multiplication des incidents géopolitiques ne détourne l'équipe Trump de ses projets en matière économique, sur lesquels les investisseurs ont parié depuis six mois. D'autant que des voix s'élèvent désormais pour réclamer l'"impeachment" (destitution) du président américain...

Le dollar a plongé de 5,6% depuis son pic de décembre dernier

La réaction des marchés financiers a donc été brutale mercredi. Sur le marché des changes, le dollar a poursuivi sa glissade, propulsant l'euro au plus haut depuis plus de 7 mois, à plus de 1,1150$. L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises internationales, a cédé mercredi 0,7% à 97,43, au plus bas du 4 novembre, 4 jours avant l'élection de Trump. Le billet vert a abandonné 5,6% depuis son pic de décembre dernier, où l'avait propulsé l'espoir de réformes susceptibles d'accélérer la croissance des Etats-Unis.

Les investisseurs se sont rués sur les valeurs refuges, à commencer par les obligations, faisant chuter les taux (qui évoluent en sens inverse des cours). Mercredi soir, le rendement de l'emprunt d'Etat américain (T-Bond) à 10 ans a plongé de 11 points de base pour revenir à 2,22% contre 2,33$ mardi. Autre valeur-refuge, l'or a bondi de 2% à 1.261$ l'once sur le Comex (contrat à terme de juin). Le métal jaune a repris 3,7% depuis le 9 mai, date du limogeage du patron du FBI par Donald Trump.

Le pétrole en hausse à l'approche de la réunion de l'Opep du 25 mai

Dans ce contexte chahuté, le pétrole a lui aussi tiré son épingle du jeu, soutenu par une baisse des stocks hebdomadaires de brut aux Etats-Unis, et avant une réunion de l'Opep, la semaine prochaine à Vienne. Le baril de "light sweet crude" pour livraison juin a fini en hausse de 0,84%, à 49,07$ sur le New York Mercantile Exchange. Au moment de la clôture du Nymex, le baril de Brent de mer du Nord progressait de 1,08% à 52,21$.

Les stocks américains de brut ont pourtant baissé moins que prévu la semaine dernière, de 1,75 million de barils à 520,77 millions, selon l'Agence d'information sur l'énergie (EIA), alors que les économistes attendaient un repli de 2,4 mb.

Les investisseurs tablent sur une reconduction pour 9 mois, jusqu'en mars 2018, de l'accord de réduction de la production pétrolière de l'Opep et ses alliés, lors de la réunion du 25 mai à Vienne. Lundi, l'Arabie Saoudite, principal producteur de l'Opep, et la Russie (non-membre du cartel) ont annoncé qu'ils s'étaient accordés pour réduire leur production jusqu'en mars 2018.

VALEURS DU JOUR

Malgré la hausse des cours du pétrole, l'indice S&P Oil & Gas ETF a reculé de 1,5% à Wall Street mercredi soir, alourdi notamment par Chevron (-1,4%), ExxonMobil (-0,7%), Transocean (-2,8%) ou encore Schlumberger (-0,5%).

Les grandes valeurs "technos", qui avaient flambé ces dernières semaines, ont fait l'objet de prises de bénéfices appuyées, notamment Apple (-3,3%), Microsoft (-2,8%), Intel (-2,2%), Facebook (-3,3%) et Amazon (-2,2%).

Les banques ont également bu la tasse, pénalisées par la détente observée sur les taux d'intérêts, et par les craintes que les promesses de dérèglementation du secteur faites par l'administration Trump ne soient reportées. Goldman Sachs, plus forte baisse du Dow Jones, a plongé de 5,3%, tandis que JP Morgan Chase a perdu 3,8%.

La publication de quelques bons résultats trimestriels n'a pas suffi à soutenir la tendance générale. Target (+0,9%), le détaillant discount américain, a annoncé pour son premier trimestre fiscal, clos fin avril 2017, un bénéfice net de 681 M$ soit 1,23$ par titre, contre 632 M$ et 1,05$ par titre un an avant. Le bénéfice ajusté par action est ressorti à 1,21$, contre un consensus de place logé à 91 cents. Les revenus ont décliné de 1% en glissement annuel pour ressortir à 16 Mds$, alors que le consensus était quant à lui de 15,6 Mds$ sur la période. Les initiatives de redressement du groupe semblent donc payer, sur le plan des marges du moins. Côté activité, les ventes à comparable ont reculé de 1,3% en comparaison de l'an dernier, mais les analystes s'attendaient à bien pire.

La chaîne de restaurants Jack in the Box (+5,6%) a aussi publié des comptes supérieurs aux attentes. En revanche, le titre d'American Eagle Outfitters a plongé (-14,7%). La chaîne américaine de vêtements, a publié pour son 1er trimestre, clos fin avril 2017, un bénéfice par action ajusté de de 16 cents (au lieu de 17 cents attendus). Les revenus ont pourtant dépassé les attentes à 762 M$ (+2%) contre 742 M$ de consensus. Le management anticipe, pour le deuxième trimestre, un bpa allant de 15 à 17 cents, hors potentielles dépréciations et charges de restructurations, contre 23 cents un an auparavant.

Une autre chaîne de vêtements, Urban Outfitters (-4,2%) a elle aussi déçu les investisseurs, en publiant un bénéfice ajusté par action de 13 cents, à comparer à un consensus de place de 16 cents. Les revenus de la firme sont également ressortis inférieurs aux attentes.

Le titre de Colgate-Palmolive (+5,7%) s'est distingué à la hausse, porté par les spéculations. Le directeur général du conglomérat new-yorkais, Ian Cook, aurait en effet indiqué être ouvert à la possibilité d'une cession de Colgate pour 100$ par titre, selon une source du 'New York Post'. La source en question aurait relayé des commentaires de Cook, glissés à l'occasion d'une récente réunion avec des investisseurs institutionnels. Un prix de 100$ par titre ferait ressortir une valorisation totale de 89 milliards de dollars.

Les rumeurs sont assez récurrentes sur ce dossier Colgate, le groupe anglo-néerlandais Unilever étant généralement considéré comme le prédateur potentiel le plus crédible. Les Américains Procter & Gamble (+0,02%), Kraft Heinz (+1,1%) ou Johnson & Johnson (-0,86%) seraient également de taille, pour éventuellement mener une opération d'une telle ampleur.

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