Cotation du 23/05/2019 à 23h24 Dow Jones Industrial -1,11% 25 490,47
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Clôture de Wall Street : dans le rouge, Pékin hausse le ton

Clôture de Wall Street : dans le rouge, Pékin hausse le ton
Clôture de Wall Street : dans le rouge, Pékin hausse le ton
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après trois jours de rebond, la Bourse de New York a repris le chemin de la baisse vendredi, alors que des informations en provenance de Chine font état d'une possible rupture par Pékin des négociations en vue d'un accord commercial avec Washington... Malgré ces craintes, le pétrole a gagné 2% sur la semaine, soutenu par les tensions entre l'Iran et les Etats-Unis au Moyen-Orient. Le sentiment des consommateurs américains a toutefois mis un peu de baume au coeur des marchés, en s'améliorant nettement en mai.

A la clôture, les principaux indices ont fini dans le rouge. Le Dow Jones a cédé 0,38% à 25.764 points, tandis que l'indice large S&P 500 a reculé de 0,58% à 2.859 pts, et que le Nasdaq composite a chuté de 1,04% à 7.816 pts.

Sur la semaine, les trois indices ont reculé respectivement de 0,7%, 0,76% et 1,2%. Pour le Dow Jones et le Nasdaq, il s'agit de la troisième semaine de baisse consécutive (et la 2è pour le S&P 500), ce qui n'était pas arrivé depuis la brutale correction d'octobre 2018.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence) a progressé vendredi de 0,13% à 97,98 points, tandis que l'euro a reculé de 0,11% à 1,1160$. Du côté des taux, le rendement de l'emprunt d'Etat américain de référence, le T-Bond à 10 ans, s'est stabilisé à 2,39% (-1 point de base), mais il reste proche de ses plus bas niveaux depuis novembre 2017, après avoir plafonné à plus de 3,1% en octobre 2018. En Allemagne, le rendement du Bund à 10 ans a reculé d'un point de base pour finir la semaine à -0,11%.

Le pétrole a fait du yo-yo vendredi, partagé entre la crainte d'une guerre commerciale et les tensions au Moyen Orient entre l'Iran et les Etats-Unis, qui ont soutenu les cours ces derniers jours. Vendredi soir, le contrat à terme de juin sur le brut léger américain WTI a cédé 0,17%, à 62,76$ le baril sur le Nymex, tandis que le Brent d'échéance juillet reculait de 0,56%, à 72,21$ au moment de la clôture du Nymex. Sur la semaine, les deux variétés de pétrole ont toutefois regagné respectivement 1,8% et 2%, soutenus par les tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, alliés à l'Arabie saoudite.

Pékin hausse le ton, accusant Washington de manquer de sincérité

Les tensions commerciales sont revenues vendredi sur le devant de la scène après que la presse officielle chinoise a durci le ton envers les Etats-Unis, laissant entendre que Pékin pourrait refuser de poursuivre les négociations avec Washington.

"Faute de sincérité, il est inutile de venir négocier sans avoir rien à dire", a ainsi prévenu Taoran Notes, un compte du réseau social WeChat géré par l'Economic Daily, dans un message qui a été repris par le Quotidien du Peuple, l'organe du comité central du Parti communiste chinois.

"Les Américains disent qu'ils veulent négocier et continuent en même temps à jouer à des petits jeux, affectant l'atmosphère des pourparlers", poursuit ce message. "On ne peut voir aucun signe de volonté sincère de négocier de la part des Etats-Unis. Au contraire, les méthodes de pression extrême se multiplient", poursuit-il.

La visite en Chine de Steven Mnuchin en suspens ?

Mercredi, le secrétaire au Trésor américain, Steven Mnuchin, avait pourtant confirmé qu'il se rendrait bientôt à Pékin pour y poursuivre les négociations, après l'échec du vendredi 10 mai, qui a entraîné un relèvement des droits de douane par les Etats-Unis sur 200 milliards de dollars d'importations chinoises, une mesure suivie par des représailles douanières chinoises sur 60 Mds$ de biens américains importés en Chine.

Jeudi, le ministère chinois du Commerce a toutefois déclaré qu'il ne disposait d'aucune information concernant un projet de visite d'une délégation américaine. Le même jour, Pékin a fait connaître son exaspération après la décision mercredi de l'administration Trump d'exclure le géant chinois des télécommunications Huawei Technologies du marché américain des télécoms...

Donald Trump laisse un répit de 6 mois à l'automobile européenne et japonaise

Alors que les relations avec la Chine se détériorent, Donald Trump a confirmé vendredi qu'il accorderait un délai de 6 mois supplémentaires avant de taxer les automobiles importées aux Etats-Unis, notamment en provenance d'Europe.

Les taxes, pouvant atteindre 25% sur les voitures et les pièces détachées, devaient entrer en vigueur le samedi 18 mai, mais le président américain a décidé de laisser plus de temps aux négociations en cours avec l'Union européenne et le Japon. Le locataire de la Maison Blanche a demandé au représentant au Commerce Robert Lighthizer de mener les discussions et d'en tirer un bilan dans six mois. La Commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a "pris acte" de cette décision, ajoutant que l'UE était prête à négocier avec Washington "un accord commercial limité incluant les voitures".

Par ailleurs, Washington a annoncé vendredi que les Etats-Unis, le Canada et le Mexique sont parvenus à un accord pour supprimer les droits de douanes sur l'acier et l'aluminium, instaurés il y a un an environ. En vertu de cet accord, les surtaxes américaines de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium seront levées d'ici à 48 heures.

En échange, le Canada et le Mexique s'engagent à adopter des mesures pour empêcher l'acier chinois de pénétrer le marché américain via leur pays.

Le moral des consommateurs américains reste bien orienté

Le retour des craintes de guerre commerciale de grande ampleur entre les Etats-Unis et la Chine a remisé au second plan les statistiques du jour aux Etats-Unis, qui ont montré un regain de confiance de la part des consommateurs américains.

L'indice préliminaire du sentiment des consommateurs est ainsi ressorti à 102,4 en mai, nettement supérieur à un consensus qui se situait à 97,5. L'indicateur était logé à 97,2 en avril. Au niveau actuel, il a retrouvé son plus haut niveau depuis... 15 ans ! Un bémol cependant : l'enquête a été menée principalement avant l'annonce de Washington d'augmenter les tarifs douaniers sur 200 milliards de dollars d'importations de biens chinois...

Par ailleurs, l'indice des indicateurs avancés du Conference Board a augmenté de 0,2% en avril en comparaison du mois de mars, contre un consensus de place de +0,3%, et après un gain révisé à +0,3% en mars.

VALEURS A SUIVRE

Pinterest a décroché de 13,5%, suite à des publications financières trimestrielles diversement appréciées, assorties de prévisions décevantes. Pour sa première publication depuis l'introduction en bourse du mois dernier, le média social de partage de photos a dévoilé une perte nette de 41 millions de dollars, contre 53 millions un an avant. Hors éléments, la perte par action s'est élevée à 32 cents, alors que le consensus relevé par 'Bloomberg' était de -10 cents. Les revenus totaux se sont envolés quant à eux de 54% à 202 millions de dollars, alors que le consensus était de 201 M$. Le groupe revendique 291 millions d'utilisateurs actifs mensuels sur le premier trimestre, ce qui dépasse les attentes, pour un ARPU en croissance de 26% à 73 cents.

Le groupe table désormais sur des revenus allant de 1,055 à 1,08 milliard de dollars pour l'exercice, contre 1,09 Md$ de consensus. La perte avant intérêt, taxes, dépréciations et amortissements est estimée entre 45 et 70 M$ sur l'année. La sanction devrait donc être assez brutale ce jour, peut-être excessive, à l'image du 'pop' de l'introduction en bourse, le titre évoluant 60% plus haut depuis l'IPO.

Tesla (-7,6%) va couper encore dans ses coûts. Son directeur général Elon Musk a ainsi annoncé aux employés son intention de surveiller plus attentivement encore les dépenses dans le cadre d'un nouveau plan d'austérité. Le fabricant californien de véhicules électriques a levé plus tôt ce mois 2,7 milliards de dollars par émission d'actions et de dette, afin de soutenir sa production. Dans un courriel adressé hier aux salariés, que l'agence Reuters a pu consulter, Musk affirme que le produit de l'appel de fonds ne fournirait que dix mois au groupe pour parvenir à l'équilibre financier, en tenant compte d'un rythme constant de dépenses. "C'est la raison pour laquelle, à l'avenir, toute dépense quelle qu'elle soit dans le monde, notamment les pièces détachées, les salaires, les frais de déplacement, le loyer, littéralement tout paiement qui sort de notre compte bancaire doit être examiné", a indiqué le CEO de Tesla.

Musk avait déjà demandé il y a un peu plus d'un an à sa direction financière d'étudier toutes les dépenses dans le monde afin de compresser les charges. Tesla avait par ailleurs réduit ses effectifs en juin 2018 (de 9%) et en janvier (de 7%), rappelle Reuters...

Amazon (-2%), géant américain du commerce en ligne, poursuit son expansion et entre au capital de Deliveroo, le livreur britannique de repas. Ce dernier a ainsi révélé cette prise de participation du groupe de Jeff Bezos à l'occasion d'un tour de table totalisant 575 millions de dollars. Amazon a même été le principal contributeur lors de ce 'round' de financement. Deliveroo dispose ainsi de nouveaux moyens pour faire face à une féroce concurrence, sur un marché convoité par ailleurs par Uber Eats ou Just Eat. Parmi les autres investisseurs ayant contribué au round de financement, on retrouve des actionnaires existants tels que Fidelity Management & Research Company, Greenoaks ou T. Rowe Price. Le Londonien Deliveroo travaille déjà avec 80.000 restaurants et points de vente dans 14 pays et emploie 60.000 livreurs.

Nvidia (-2,3%), spécialiste des puces graphiques, a publié un bénéfice meilleur que prévu pour le premier trimestre de son exercice fiscal et annoncé des prévisions également supérieures aux attentes pour le T2. De son côté, Applied Materials (+2,5%), qui produit des équipements pour l'industrie des semi-conducteurs a lui aussi dépassé les attentes pour le trimestre échu...

Dans un contexte de baisse du marché mondial des semi-conducteurs, les bénéfice et les ventes des deux groupes ont nettement reculé sur un an, mais un peu moins que prévu. Dans le détail, Nvidia a fait état d'un bénéfice net de 394 M$ pour son 1er trimestre (64 cents par action), en forte baisse par rapport au 1,24 Md$ affiché un an plus tôt. Malgré cela, le bénéfice net par action, ajusté des éléments exceptionnels est ressorti supérieur aux attentes, à 88 cents contre 58 cents de consensus. Les revenus sont tombés à 2,22 Mds$ contre 3,21 Mds$ un an plus tôt, mais ont légèrement dépassé les attentes.

Toutefois, lors de la conférence téléphonique suivant la publication, la directrice financière, Colette Kress, a jeté un froid en refusant de confirmer les prévisions annuelles faites précédemment... Elle a admis que le marché crucial des puces pour "data centers" ne s'améliorait pas encore, ajoutant que "la pause dans les investissements dans les data-centers devrait se poursuivre dans le monde au second semestre et la visibilité reste basse".

Applied Materials (+2,5%), qui publiait les comptes de son 2ème trimestre fiscal, clos le 28 avril, a fait état d'un bénéfice net en recul à 660 M$ (70 cents par action), contre 1,24 Md$ (1,19$ par action) un an plus tôt. Les analystes attendaient en moyenne un BPA de 66 cents. Le chiffre d'affaires a reculé de 22,7% à 3,54 Mds$, mais a dépassé le consensus IBES Refinitiv qui le donnait à 3,48 Mds$. Le groupe se montre encourageant pour le 3è trimestre, avec une prévision de ventes de l'ordre de 3,525 Mds$, à comparer à un consensus de 3,51 Mds$. Il table aussi sur un bpa de 67 à 75 cents, alors que l'estimation moyenne des analystes est de 69 cents.

Deere (-7,7%). Le géant américain des engins agricoles vient en effet de réduire ses prévisions annuelles, prudent dans un contexte de conflit commercial. Pour le second trimestre fiscal clos fin avril 2019, le groupe a annoncé un bénéfice par action de 3,52$ en augmentation de 12% en comparaison du niveau ajusté de l'an dernier, mais assez nettement inférieur au consensus. Les revenus ajustés trimestriels du groupe se sont élevés à 10,3 milliards de dollars, en progression de 5% en glissement annuel, contre 10,1 Mds$ de consensus. Le bénéfice net consolidé trimestriel a représenté 1,13 Md$, pour des revenus totaux de 11,3 Mds$.

Pour l'exercice 2019 dans son ensemble, le groupe envisage désormais un bénéfice net de 3,3 milliards de dollars, contre une guidance antérieure de 3,6 Mds$. La progression des ventes nettes d'équipements est attendue à +5%, contre 7% auparavant.

Boeing (+0,3%) a terminé la mise à jour logicielle de ses avions B-737 MAX, cloués au sol depuis la mi-mars après deux catastrophes aériennes. Le groupe a ajouté avoir également complété ses essais sur simulateur ainsi que des tests en vol du logiciel anti-décrochage MCAS, mis en cause dans les accidents de Lion Air en Indonésie et d'Ethiopian Airlines en Ethiopie. L'action Boeing a accru ses gains, jeudi, après ces informations, pour finir en hausse de 2,36% à 353,81$. Le titre perd cependant encore 16% depuis le crash d'Ethiopian Airlines, le 10 mars dernier, qui a entraîné l'interdiction de vol de la flotte de B-737 MAX.

Hewlett Packard Enterprise (+0,78%) va acquérir le concepteur de supercalculateurs Cray (+22,5%) pour un montant de 1,3 milliard de dollars. HPE offre 35$ par titre Cray, une prime de 17% sur la clôture de jeudi. La firme de Seattle Cray avait affiché pour le dernier exercice des revenus de 456 millions de dollars.

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