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Clôture de Wall Street : coup de blues face aux risques sur la croissance

Clôture de Wall Street : coup de blues face aux risques sur la croissance
Clôture de Wall Street : coup de blues face aux risques sur la croissance
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après ses plus hauts de 6 mois inscrits ces derniers jours, Wall Street a piqué du nez mardi, les investisseurs retombant dans la crainte d'un ralentissement de l'économie mondiale. Le FMI a ainsi révisé mardi en baisse ses prévisions de croissance, tandis que Donald Trump a menacé d'imposer des droits de douane sur 11 milliards de dollars de produits européens, en représailles contre les subventions à l'aéronautique dont Boeing accuse Airbus. Par ailleurs, les négociations commerciales avec la Chine bloquent encore sur certains dossiers, selon la Maison Blanche, qui a fait savoir que les autorités américaines ne sont "pas encore satisfaites". Enfin, le dossier du Brexit pèse aussi sur la tendance, à la veille d'un sommet européen extraordinaire à Bruxelles sur un éventuel nouveau report.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 0,72% à 26.150 points, tandis que l'indice large S&P 500 a reculé de 0,61% à 2.878 pts et que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a lâché 0,56% à 7.909 pts. Un peu plus tôt, l'Euro Stoxx 50 a terminé en recul de 0,6% et le CAC 40 a cédé 0,65%, notamment sous le poids d'Airbus (-1,86%). A Wall Street, l'action de Boeing, qui a chuté de 10% depuis le crash du B-737 MAX d'Ethiopian Airlines, a encore perdu 1,46% mardi en clôture.

Réunion de la BCE et sommet européen sur le Brexit prévus mercredi

Sur le marché des changes, l'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de devises de référence, a fini la journée stable à 97,01 points (-0,04%), tandis que l'euro a grappillé 0,04% à 1,1265$ avant la réunion de la BCE prévue mercredi. Si aucun changement n'est prévu sur les taux directeurs, les investisseurs espèrent que Mario Draghi, le président de la BCE donnera des précisions sur son projet de prêts à taux très bas aux banques européennes (TLTRO).

La livre sterling s'est stabilisée à 1,3056$ (-0,04%) dans l'espoir d'un nouveau report du Brexit. Theresa May rencontrait ce mardi Angela Merkel et Emmanuel Macron pour demander un nouveau report du divorce jusqu'au 30 juin. Un sommet européen extraordinaire se tiendra ce mercredi pour trancher sur la question. En cas de refus d'un nouveau report, le Royaume-Uni devra sortir de l'UE sans accord dès ce vendredi 12 avril... Des sources à l'Elysée indiquaient mardi soir que Paris pourrait accepter un nouveau report, sous conditions.

La croissance mondiale revue en baisse par le FMI, l'Europe plus touchée que les Etats-Unis

Sur les marchés obligataires américains, le rendement de l'emprunt d'Etat américain de référence, le T-Bond à 10 ans, est retombé de 3 points de base à 2,50%, après les nouvelles prévisions du FMI sur la croissance mondiale. Le fonds monétaire international n'attend ainsi plus que 3,3% de croissance cette année dans le monde, contre 3,5% en janvier, 3,7% en octobre 2018 et 3,9% au printemps 2018 ! Le PIB mondial devrait ensuite rebondir en 2020 pour retrouver son rythme de 3,6% (prévision inchangée) selon l'institution, qui cite cependant de nombreux dangers et parle de "moment délicat" pour l'économie mondiale.

Les Etats-Unis verraient leur croissance ralentir à 2,3% cette année, soit 0,2 point de moins que prévu en janvier, après 2,9% en 2018. La consommation restera solide mais l'investissement des entreprises sera moins dynamique.

La zone euro devrait croître de seulement 1,3% cette année (1,6% prévu en janvier), après 1,8% l'an dernier, plombée par l'Allemagne (+0,8% contre 1,3% prévu en janvier) et l'Italie (+0,1% contre +0,6 en janvier). Aucune dégradation supplémentaire n'est en revanche attendue en Chine, dont le PIB devrait croître de 6,3% cette année (contre +6,2% prévus en janvier), après une hausse de 6,6% en 2018.

Hélicoptères, huile d'olive... Trump veut taxer 11 Mds$ de produits européens

Les craintes sur la croissance ont été renforcées par celle d'un nouveau front de guerre commerciale que vient d'ouvrir Donald Trump contre l'Union européenne. La Commission européenne a annoncé mardi avoir commencé à préparer des représailles concernant les subventions accordées à Boeing, au lendemain des menaces de taxes brandies par Donald Trump.

Une réponse à Washington, qui a publié lundi soir une liste de produits européens pouvant faire l'objet de droits de douane en raison de subventions accordée par l'Union européenne à Airbus. L'offensive américaine intervient alors que les négociations commerciales devaient commencer entre Washington et Bruxelles.

Le représentant américain au commerce, Robert Lighthizer, a publié une liste de 11 Mds$ de produits européens potentiellement visés par des taxes d'importation, dont des hélicoptères, avions et pièces aéronautiques, mais aussi des steaks d'espadon, les filets de saumon, des fromages, des fruits, de l'huile d'olive, des vins ou encore des vêtements, des produits laitiers ou des motos...

Les cours du pétrole consolident sur des sommets de cinq mois

Les cours du pétrole soufflent un peu ce mardi après avoir touché hier leurs meilleurs niveaux en cinq mois sur fond de reprise des combats en Libye - qui font craindre pour l'approvisionnement en brut. Le contrat à terme de mai sur le brut léger américain WTI a cédé 0,65% à 63,98$ le baril sur le Nymex, tandis que le Brent de même échéance reculait de 0,69% à 70,61$ au moment de la clôture du Nymex.

Depuis lundi soir, les marchés sont perturbés par des informations selon lesquelles la Russie serait favorable à une remontée de la production en juin en raison de l'amélioration des conditions de marché et de la diminution des stocks. Mardi, le ministre de l'Energie russe Alexandre Novak s'est toutefois contenté de déclarer que Moscou n'avait pas encore décidé s'il serait nécessaire ou non de prolonger l'accord d'encadrement de la production conclu avec l'Opep.

A noter par ailleurs que Goldman Sachs a rehaussé ses prévisions de cours cette année, afin de prendre en compte la baisse de la production des pays de l'Opep et de leurs alliés ainsi que les sanctions américaines contre l'Iran et le Venezuela. Les analystes de la banque d'affaires ont relevé leur prévision de cours moyen pour le WTI à 59,50$ le baril contre 55,50$ cette année.

VALEURS A SUIVRE

Les marchés sont dans l'attente du coup d'envoi des résultats des sociétés américaines pour le 1er trimestre, qui pourrait tempérer l'optimisme des marchés dans les semaines à venir. En effet, pour la première fois depuis le 2ème trimestre 2016, les bénéfices du S&P 500 pourraient ressortir en recul par rapport au même trimestre de l'année précédente, selon les analystes financiers. Le coup d'envoi des comptes du T1 sera donné cette semaine par Delta Air Lines (demain mercredi) et les banques JP Morgan Chase et Wells Fargo, vendredi.

Boeing (-1,46%) n'a pas profité de l'offensive commerciale de Donald Trump, qui prend ainsi la défense du groupe aéronautique dans son long combat avec Airbus devant l'OMC, au sujet des subventions jugées illégales. Le titre reste affecté par l'interdiction de vol du B-737 MAX, qui pourrait se prolonger pendant des mois. Lundi, Bank of America Merrill Lynch a été le premier grand courtier à abaisser (à "neutre" contre "acheter") sa recommandations sur Boeing, en estimant que l'activité du groupe pourrait être perturbée pendant 6 à 9 mois, et non 3 à 6 mois comme précédemment anticipé, par les déboires du B-737 MAX.

Mardi, Boeing a en outre indiqué avoir livré 149 appareils au premier trimestre contre 184 il y a un an. Un nombre inférieur à son concurrent Airbus, qui a de son côté annoncé il y a quelques jours avoir livré 162 appareils sur la période.

Wynn Resorts (-3,8%), géant américain des casinos basé à Las Vegas, entend acquérir l'Australien Crown Resorts pour 10 milliards de dollars australiens. Crown a confirmé cette proposition de Wynn en cash et actions, à un prix de 14,75 dollars par titre. Le deal présenterait une prime de 26% environ sur les cours de clôture de lundi.

Levi Strauss (+2,6%), qui vient de réussir son retour à Wall Street après une trentaine d'années d'absence, publiera après bourse ce soir ses derniers résultats financiers trimestriels. Le groupe est présent dans plus d'une centaine de pays et commercialise ses produits dans plus de 50.000 points de vente sous les marques Levi's, Denizen et Dockers...

Walt Disney (+1,67%) a gagné du terrain. De source de marché, la firme Cowen & Co vient de relever sa recommandation sur le dossier de 'performance en ligne' à 'surperformance', tout en ajustant son objectif de cours de 102 à 131$.

Facebook (+1,5%) a profité pour sa part d'un conseil favorable de la firme Morgan Stanley, qui vient de revoir son objectif de cours de 190 à 195$. Le broker juge en particulier que l'activité d'Instagram, propriété du réseau social de Menlo Park, pourrait contribuer à hauteur de quatre milliards de dollars à la croissance des revenus publicitaire en Amérique du Nord d'ici 2021.

American Airlines (-1,6%). La compagnie aérienne de Fort Worth a réduit son anticipation de revenu unitaire par passager pour le premier trimestre, du fait notamment de l'immobilisation des Boeing 737 MAX et de la fermeture gouvernementale partielle ('shutdown') intervenue durant le mois de janvier.

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