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Clôture de Wall Street : coup de blues avec la hausse des taux

Clôture de Wall Street : coup de blues avec la hausse des taux
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — L'optimisme du début de semaine a rapidement fait long feu mardi à Wall Street. Le retour des tensions sur les marchés de taux, accompagnées d'anticipations inflationnistes plus élevées, a relancé les craintes d'une désaffection des marchés d'actions. Le rendement de l'emprunt d'Etat américain (T-Bond) à 10 ans à bondi à 3,07%, au plus haut depuis la fin 2013 ! Le pétrole a poursuivi son ascension sur fond de tensions au Moyen-Orient, tandis que le dollar a lui aussi repris de la hauteur face aux principales devises mondiales. Parmi les entreprises, les actions de Tesla (-2,6%) et Home Depot (-1,6%) ont bu la tasse.

Après avoir cédé près de 1% en séance, les indices ont réduit un peu leurs pertes à la clôture. L'indice Dow Jones a reculé de 0,78% à 24.706 points, tandis que l'indice large S&P 500 a cédé 0,68% à 2.711 pts, et que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a fléchi de 0,81% à 7.351 pts.

Mardi soir, l'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de six devises de référence (euro, yen, franc suisse, livre sterling, dollar canadien et couronne suédoise) grimpait de 0,7% à 93,24 points. De son côté, l'euro chutait de 0,75% à 1,1840$, malgré les propos de François Villeroy de Galhau, lundi, évoquant la normalisation de la politique monétaire de la BCE, qui avaient soutenu temporairement l'euro.

Les taux américains à 10 ans montent à 3,07%

Lundi, une étude de la Réserve fédérale de New York a souligné que les anticipations d'inflation ont accéléré en avril. La prévision médiane des consommateurs américains s'est ainsi élevée à 2,98% en avril sur un an, contre 2,75% le mois précédent, notamment en raison de la hausse des cours du pétrole. La prévision à trois ans a elle aussi augmenté, à 2,97% contre 2,91% en mars. Mardi soir, le cours du pétrole léger américain WTI a gagné 0,49% à 71,31$ e baril, au plus haut depuis plus de trois ans et demi.

Du côté des taux, la tension observée lundi en Europe, s'est étendue mardi aux Etats-Unis après la publication de ventes de détail dynamiques en avril et en mars. Le rendement de l'emprunt d'Etat américain (T-Bond) à 10 ans a bondi de 8 points de base pour s'installer à 3,07%, au plus haut depuis décembre 2013 ! Pour rappel, ce rendement à 10 ans évoluait autour de 2,4% en début d'année.

En Europe, le rendement du Bund allemand à 10 ans, référence de la zone euro, a atteint 0,64% mardi soir, contre 0,61% lundi soir et 0,56% vendredi dernier. Lundi, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau (également membre du conseil des gouverneurs de la BCE) avait mis le feu aux poudres en donnant quelques précisions sur le calendrier de la BCE. Il a évoqué une fin des achats d'actifs ("QE") en septembre ou en décembre 2018, puis une première remontée des taux "quelques trimestres" plus tard, en 2019 donc. Il s'agit des commentaires les plus précis faits jusqu'ici par un responsable de la BCE sur les intentions de l'institution en matière de politique monétaire...

Combien de tours de vis de la Fed en 2018 ?

Par ailleurs, ces derniers jours, plusieurs membres de la Fed ont confirmé leur intention de continuer à relever graduellement les taux directeurs aux Etats-Unis. Après 3 tours de vis en 2017 et une hausse en mars 2018, la Fed a désormais porté son taux des "fed funds" dans une fourchette de 1,5% à 1,75%. Dans ses projections économiques, la banque centrale envisage encore deux tours de vis cette année (dont le prochain sans doute en juin). Mais de nombreux économistes n'excluent pas un 3ème resserrement cette année, en cas de croissance et/ou d'inflation supérieures aux attentes. En mars, l'indicateur privilégié d'inflation de la Fed, l'indice "core" des prix à la consommation (PCE), est ainsi quasiment remonté à son objectif de 2% en rythme annuel.

Mardi, la publication des ventes de détail a conforté les marchés dans cette logique de remontée des taux d'intérêts. Ces ventes ont progressé solidement, de 0,3% en avril par rapport à mars, en ligne avec le consensus. Mais surtout, les ventes de mars ont été revues en hausse : elles ont grimpé de 0,8% sur un mois (contre +0,6% précédemment estimé).
Par ailleurs, l'indice manufacturier Empire State de la Fed de New York est ressorti extrêmement solide en mai, à +20,1 contre 15,5 de consensus de place. En outre, l'indice du marché immobilier américain est ressorti à 70 contre 69 de consensus.

VALEURS A SUIVRE

Home Depot (-1,6%) a publié ses comptes trimestriels à Wall Street. Le groupe a raté le consensus en matière de croissance des ventes à comparable. cette croissance est ainsi ressortie à 4,2%, contre 5,4% de consensus. Le bénéfice net trimestriel a toutefois progressé à 2,4 Mds$ soit 2,08$ par titre, contre 2 Mds$ et 1,67$ par action un an avant. Le consensus était de 2,05$ de bpa. Les revenus consolidés se sont appréciés de 4,4% à 24,95 Mds$, contre 25,2 Mds$ de consensus.

Tesla (-2,6%) a encore perdu près de 3% après une révision à la baisse de l'objectif de cours par Morgan Stanley. L'analyste Adam Jonas a abaissé cet objectif de à 291$ par action contre 376$. Le titre reste aussi sous pression, après l'annonce d'une réorganisation en profondeur de la gouvernance du constructeur californien, suite au départ de plusieurs directeurs.
Pourtant, selon les informations de 'CNBC', la production du Model 3 grand public de Tesla montre des signes de nette accélération. Le groupe californien devrait "assez probablement" produire plus de 500 Model 3 par jour cette semaine, ce qui représenterait une croissance de... 75% en comparaison du mois passé. Rappelons qu'Elon Musk s'est engagé à atteindre des 5.000 unités par semaine d'ici au mois de juin.

Agilent Technologies (-9,7%) dévoilait hier soir, pour son second trimestre fiscal 2018, un bénéfice conforme aux attentes (205 M$ et 63 cents par titre, ou 65 cents hors éléments). Le concepteur californien d'équipements scientifiques révélait par ailleurs un chiffre d'affaires de 1,21 Md$. Agilent table désormais, pour le trimestre d'août, sur un bpa allant de 61 à 63 cents et des revenus logés entre 1,19 et 1,21 Md$. Le bpa de l'exercice est estimé entre 2,63 et 2,67$, pour des ventes allant de 4,85 à 4,87 Mds$.

Symantec (+4,3%), qui plongeait vendredi à Wall Street à l'annonce d'une enquête interne, se stabilise ce mardi suite aux dernières précisions du groupe et à des prévisions solides pour l'exercice 2020. Le groupe n'attend pas d'impact significatif de l'enquête sur les résultats passés. Symantec avait auparavant mentionné de possibles révisions financières. Le groupe, connu pour son antivirus Norton, précise que la marge opérationnelle devrait ressortir voisine de 35% ('milieu de trentaine') en 2020, avec la croissance des unités entreprise et consommateur. En outre, la croissance organique des revenus devrait ressortir entre 5% et 9% sur l'exercice considéré... Le Comité d'audit a engagé un conseil indépendant et d'autres conseillers pour l'assister dans l'investigation.

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