Cotation du 21/09/2018 à 22h54 Dow Jones Industrial +0,32% 26 743,50
  • DJIND - US2605661048

Clôture de Wall Street : coup de blues après les nouvelles menaces de Trump

Clôture de Wall Street : coup de blues après les nouvelles menaces de Trump
Clôture de Wall Street : coup de blues après les nouvelles menaces de Trump
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a fini en net recul lundi, l'indice Dow Jones approchant même de la zone de correction des -10% par rapport à ses plus hauts. Les craintes d'une guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine commencent à peser sur les esprits, d'autant que chaque jour apporte son nouveau lot de nouvelles annonces protectionnistes. Ainsi, Donald Trump menace désormais de limiter les investissements chinois dans le secteur des technologies aux Etats-Unis, a révélé la presse américaine. Le Nasdaq a réagi par une chute de plus de 2%.

Le Dow Jones proche de la zone de correction, le Nasdaq plonge de 2%

L'indice Dow Jones a abandonné lundi jusqu'à 2% en séance avant de finir en baisse de 1,33% à 24.252 points. Il a cédé 9% depuis son dernier record historique, qui remonte au 26 janvier dernier, en sachant qu'une perte de 10% signalerait l'entrée en territoire de correction pour le principal indice boursier américain.

L'indice large S&P 500 a cédé lundi 1,37% à 2.717 pts, tandis que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a plongé de 2,09% à 7.532 pts, après les dernières menaces de Donald Trump sur le secteur. La semaine dernière, les trois indices avaient déjà reculé sur 5 séances : -2% pour le Dow Jones, -0,9% pour le S&P 500 et -0,5% pour le Nasdaq. En Europe, les tensions commerciales ont aussi entraîné une chute des indices, l'Euro Stoxx 50 perdant 2,1% et le Footsie 100 abandonnant 2,2%.

Sur le marché des changes, le dollar a reculé lundi pour la 3ème séance consécutive. L'indice du dollar, qui reflète son évolution face à un panier de 6 devises, a reculé de 0,19% à 94,24 points. L'euro a progressé de 0,4% à 1,1705$. Sur les marchés obligataires, les taux d'intérêts se sont détendus, le rendement du T-Bond américain à 10 ans reculant lundi de 2 points de base à 2,88%.

Le pétrole, qui avait vivement rebondi vendredi après un accord de l'Opep sur une hausse modérée de sa production, est reparti en baisse ce lundi. Le baril de brut léger américain (WTI) a cédé 0,73%, à 68,08$ (après un bond de 4,64% vendredi) pour le contrat à terme d'août, tandis que le Brent a perdu -1,09% à 74,73$ (après +3,42% vendredi) pour le contrat à terme d'août.

La guerre commerciale se focalise sur les technologiques

Réunis à Vienne en Autriche, les membres de l'Opep se sont accordés vendredi pour relever leur production d'un million de barils par jour, mais dans les faits, la hausse devrait se limiter à 600.000 barils par jour, plusieurs pays ayant du mal à relever leurs volumes rapidement, tandis que d'autres producteurs ne seront pas autorisés à prendre part à cet accord.

Les marchés craignaient que la hausse atteigne jusqu'à 1,5 million de barils par jour, ce qui avait pesé ces dernières semaines sur les cours du brut. Toutefois, l'interprétation exacte de cet accord prête à confusion, selon des analystes du secteur. Par ailleurs, la guerre commerciale, qui pourrait entraîner une baisse de la demande mondiale de brut, a aussi pesé sur les cours.

Sur le plan commercial, la presse américaine a révélé que la Maison Blanche se préparait à interdire à de nombreuses entreprises chinoises d'investir dans les technologies aux Etats-Unis. Selon le 'Wall Street Journal', les firmes dont plus de 25% du capital serait détenu par des intérêts chinois ne pourraient pas acquérir d'entreprises américaines aux technologies "industriellement significatives".

Les véhicules électriques, la robotique et l'aérospatiale seraient particulièrement visés, des investissements chinois dans ces secteurs étant considérés comme des "menaces pour la sécurité du pays". Le Département US au commerce et le Conseil de sécurité nationale proposeraient par ailleurs des contrôles accrus des exportations, afin d'empêcher de telles technologies d'être livrées en Chine...

Des annonces officielles attendues pour vendredi

Selon l'agence 'Bloomberg', le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin devrait dévoiler dès vendredi une loi à caractère urgent concernant les investissements étrangers aux Etats-Unis, en particulier les investissements de la Chine.

Certains hauts fonctionnaires américains craignent cependant que le fait de déclarer ainsi l'état d'urgence économique ne fasse chuter les cours de la Bourse ou ne nuise aux sociétés américaines implantées en Chine. Les investisseurs semblent avoir suivi le même raisonnement puisque de nombreuses valeurs "technos" américaine très implantés en Chine ont connu une journée noire lundi : -3,4% pour Intel, -2,4% pour Caterpillar, -2,3% pour Boeing, -2% pour Microsoft ou encore -1,5% pour Apple.

La semaine dernière, Donald Trump avait rappelons-le demandé à l'United States Trade Representative d'identifier 200 Mds$ de biens chinois susceptibles de faire l'objet de taxes additionnelles de 10%. Le président américain avait également menacé de taxer à 10% les importation d'automobiles européennes aux Etats-Unis.

Dans ce climat de tensions internationales, la publication de plusieurs indicateurs macro-économiques aux Etats-Unis est passé un peu inaperçue ce lundi. L'indice d'activité nationale de la Fed de Chicago est ressorti négatif en mai à -0,15, contre un consensus de +0,37 et un niveau de +0,42 en avril. Par ailleurs, les ventes de logements neufs ont été plus nombreuses que prévu en mai à 689.000, contre 665.000 de consensus de place et 646.000 en avril. Enfin, l'indice d'activité manufacturière régionale de la Fed de Dallas est ressorti meilleur que prévu en juin à 36,5 (indice d'activité générale), contre 27 de consensus de place et 26,8 en mai.

VALEURS A SUIVRE

Outre les valeurs technologiques, le secteur de l'énergie était aussi en berne lundi sur fond de rechute des cours du pétrole : -2% pour ExxonMobil, -2% pour Chevron, -3,4% pour Transocean, -3,2% pour Devon Energy, -2,1% pour Halliburton et -5,5% pour Marathon Oil.

Harley Davidson (-6%) a plongé après avoir dévoilé les effets négatifs sur ses ventes des taxes de 25% imposées par l'Union européenne à ses motos depuis le 22 juin. La fabricant de motos a annoncé qu'il comptait délocaliser une partie de sa production vers des sites internationaux afin d'éviter de payer ces nouvelles taxes.
Harley Davidson a précisé que les prélèvements douaniers de l'UE allaient en moyenne ajouter 2.200$ au coût de ses motos. Les taxes vont en effet passer de 6% à 31%. Pour l'instant, le groupe affirme qu'il ne modifiera donc pas ses prix de vente ou ses prix de gros en Europe. Le groupe juge en effet que de telles hausses des prix auraient des conséquences adverses immédiates et durables sur son activité dans la région...

Harley Davidson estime que les nouveaux prélèvements de l'UE devraient lui coûter entre 30 et 45 millions de dollars sur le reste de l'année 2018. Sur une base annuelle, le coût irait de 90 à 100 millions de dollars, d'où son intention de délocaliser la production destinée à l'Europe. Une telle décision entraînera des pertes d'emplois aux Etats-Unis, ce qui aboutit donc à l'effet inverse que souhaite obtenir Donald Trump avec la politique protectionniste, qui est censée soutenir les créations d'emplois aux Etats-Unis.

General Electric (-2,3%), le colosse industriel et financier américain, a annoncé la signature d'un accord en vue de céder son activité de moteurs industriels au fond d'investissement américain Advent, pour 3,2 Mds. Le conglomérat industriel américain, qui vient de sortir de l'indice historique Dow Jones à Wall Street, récupérera ainsi du cash dans un contexte de marché plutôt difficile.

Xerox (-3,6%) pourrait ne pas renouveler son partenariat technologique avec Fuji Xerox, coentreprise détenue à 75% par Fujifilm. Ainsi, Xerox, en conflit avec Fujifilm depuis l'échec du rapprochement, commencerait à s'approvisionner auprès de nouveaux fournisseurs afin de réduire sa dépendance vis-à-vis du Japonais, explique l'agence Reuters. Fujifilm avait ouvert la semaine dernière une action contre le fabricant américain de photocopieurs, lui réclamant plus d'un milliard de dollars de dommages après l'échec de leur fusion de 6 milliards de dollars. Selon cette plainte déposée auprès d'un tribunal de Manhattan, le Japonais accuse l'Américain d'avoir cédé à la pression des activistes Carl Icahn et Darwin Deason.

AT&T (stable), l'opérateur télécom américain qui vient juste de finaliser l'acquisition du géant des médias Time Warner pour 85 milliards de dollars, a par ailleurs annoncé ce lundi le rachat de la plateforme publicitaire en ligne AppNexus Inc. AT&T n'a pas dévoilé le montant de l'opération AppNexus, que le 'Wall Street Journal' avait auparavant évalué à 1,6 milliard de dollars. Citant ses sources, le WSJ avait en effet fait état, la semaine dernière, de négociations entre AT&T et sa proie potentielle.

Le titre de Carnival (-11%), le géant de la croisière, a subi son plus grand plongeon depuis deux ans, après la publication de ses comptes du second trimestre fiscal. Le bénéfice net de la firme de Miami est ressorti à 561 M$ soit 78 cents par titre, alors que le bpa ajusté s'est élevé à 68 cents. Le consensus de bpa ajusté était de 60 cents. Les revenus ont totalisé 4,4 Mds$, contre 4,3 Mds$ de consensus.

Malgré ces chiffres supérieurs aux attentes, les marchés ont été déçus des prévisions du groupe pour le trimestre et l'année en cours : la guidance trimestrielle va ainsi de 2,25 à 2,29$ de bpa, ce qui ressort très inférieur aux attentes de marché. Sur l'année, le groupe table sur un bpa allant de 4,15 à 4,25$ contre une fourchette de 4,20$ et 4,40$ attendue... Par sympathie, les titres d'autres organisateurs de croisières ont souffert lundi à Wall Street : -6,1% pour Norwegian Cruise Line et -5,5% pour Royal Caribbean Cruises.

©2018,

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com