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Clôture de Wall Street : coup de bambou, la croissance flanche

Clôture de Wall Street : coup de bambou, la croissance flanche
Clôture de Wall Street : coup de bambou, la croissance flanche
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a cédé au pessimisme, vendredi, après la publication d'une salve de chiffres décevants pour l'activité économique en Chine, mais aussi en Europe et aux Etats-Unis. Le Dow Jones et le S&P 500 sont retombés en zone de correction, avec une perte supérieure à 10% par rapport à leurs derniers sommets. Les investisseurs craignent désormais un ralentissement plus fort que prévu de la croissance mondiale. La querelle commerciale entre les Etats-Unis et la Chine semble avoir déjà fait des dégâts, alors que les deux plus grandes puissances économiques tentent de trouver un accord avant la fin mars pour rééquilibrer leurs échanges. Le dollar a progressé vendredi, faisant office de valeur refuge, de même que les obligations d'Etat, tandis que le pétrole a rechuté de plus de 2%.

A la clôture, l'indice Dow Jones a perdu 2,02% à 24.100 points, tandis que l'indice large S&P 500 a fini en baisse de 1,91% à 2.599 pts, et que l'indice Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a reculé de 2,26% à 6.910 pts. En Europe, l'Euro Stoxx 50 a cédé 0,63%, tandis qu'à Paris, le CAC 40 a cédé 0,88%. Plus tôt, le Nikkei avait perdu plus de 2% à Tokyo, et le CSI 300 avait cédé 1,6% à Shanghai.

Dow Jones, S&P 500 et Nasdaq en zone de correction boursière

Les trois indices américains ont désormais enchaîné deux semaines baissières. Après des pertes de l'ordre de 4,5% la semaine précédente, ils affichent sur les 5 dernières séances des reculs respectif de 1,2% pour le DJIA, 1,3% pour le S&P 500 et de 0,8% pour le Nasdaq. Ils sont aussi à nouveau tous trois en terrain de correction boursière, qui se définit par une perte supérieure à 10% par rapport aux derniers sommets: -10,1% pour le Dow Jones, 11,3% pour le S&P 500 et -14,8% pour le Nasdaq.

Sur le marché des changes, l'euro cédait vendredi soir 0,5% à 1,1305$ et la livre sterling reculait de 0,5% à 1,2576$, tandis que l'indice du dollar (qui mesure son évolution face à 6 devises de référence) progressait de 0,43% à 97,47 points et que le yen avançait de 0,2% à 113,37 yens/$. Le dollar et le yen ont fait figure de valeurs refuge, alors que la santé des économies chinoise, européenne et américaine commencent à montrer des signes d'essoufflement

S'ils ont vendu les actions, les investisseurs ont acheté des obligations, jugées moins risquées, faisant reculer les taux, qui évoluent à l'inverse des cours. Le rendement de l'obligation d'Etat (T-Bond) à 10 ans a cédé 3 points de base à 2,89%. Un mois plus tôt, il avait culminé à 3,25%, mais depuis, la Réserve fédérale a signalé un changement de perspective sur sa politique monétaire. Le président de la Fed Jerome Powell, juge désormais les taux directeurs "juste en dessous" d'un niveau "neutre" alors qu'en octobre il estimait ce seuil encore très éloigné. La Fed se réunira mardi et mercredi prochain, et les marchés s'attendent à un nouveau tour de vis d'un quart de point, avant une pause en 2019.

Les indicateurs économiques virent au rouge dans le monde

La journée a donc été marquée par une série de statistiques décevantes pour la croissance mondiale. En Chine, la production industrielle et les ventes de détail sont ressorties bien plus faibles que prévu en novembre, témoignant notamment de l'effet négatif des taxes imposées par Donald Trump aux produits chinois.

Les ventes au détail ont progressé en Chine de 8,1% en novembre en rythme annuel, mais les économises attendaient +8,8% et il s'agit de leur plus faible croissance depuis plus de 15 ans! Quant à la production industrielle, elle a augmenté de 5,4% en glissement annuel, comme en octobre, mais le consensus s'attendait à +5,9%.

Aux Etats-Unis, la déception est venue de l'indice PMI "flash" composite de décembre et de la production industrielle en novembre, tous deux en dessous des attentes. En revanche, la consommation intérieure (qui représente les deux-tiers du PIB aux Etats-Unis) continue de bien se porter outre-Atlantique. Les ventes de détail ont ainsi cru de 0,2% en novembre sur un mois, contre un consensus de place logé à +0,1% et un gain révisé en hausse à +1,1% pour le mois antérieur (contre +0,8% auparavant estimé).

La BCE ne prévoit qu'une croissance de 1,5% pour 2021 en zone euro

Dans la zone euro, l'activité économique est tombée au plus bas depuis 4 ans, selon l'indice IHS Markit PMI flash composite, publié vendredi, à 51,3 en décembre après 52,7 en novembre.
L'indice a notamment été plombé par sa composante française, qui est tombée sous le seuil de 50 (c'est-à-dire en zone de contraction), sous l'effet des perturbations liées au mouvement des "Gilets jaunes". A 49,3 en décembre, l'indice désaisonnalisé flash composite IHS Markit de l'activité globale en France a plongé par rapport aux 54,2 observés en novembre.

Ces chiffres interviennent au lendemain de déclarations du président de la BCE, Mario Draghi, qui s'est montré plus pessimiste que précédemment concernant la croissance dans la zone euro. Celle-ci a été revue en baisse pour 2018 et 2019, à respectivement 1,9% et 1,7%, et devrait rester modeste en 2020 (hausse de 1,7% du PIB attendu) et en 2021 (seulement +1,5%).

Face à la dégradation des perspectives de demande mondiale, notamment en Chine, les cours du pétrole ont rechuté lourdement vendredi après un rebond de plus de 2% la veille. Le contrat janvier sur le brut léger américain (WTI) a perdu 2,62% à 51,20$ le baril, tandis que le Brent à échéance février, a baissé de ,90% à 60,28$.

VALEURS A SUIVRE

Le titre Johnson & Johnson a plongé de 10% après des révélations faites par l'agence 'Reuters', selon lesquelles le géant des produits d'entretien et d'hygiène savait que ses talcs pour bébés contenaient de l'amiante. L'enquête de 'Reuters' établit que le groupe connaissait cette présence d'amiante, qui est soupçonnée d'avoir causé des cancers chez des milliers de ses clients.

Au total, le groupe fait l'objet de poursuites judiciaires par 11.700 clients, dont des milliers de femmes atteintes de cancer des ovaires, selon cette enquête. Les analystes estiment que ce scandale pourrait durablement porter atteinte à la réputation de Johnson & Johnson, et coûter au groupe des milliards de dollars en pénalités légales.

Apple (-3,2%) va mettre à jour ses iPhones, réagissant suite à l'ordonnance provisoire d'un tribunal chinois interdisant l'importation et la commercialisation en Chine de plusieurs iPhones, du fait de la violation de deux brevets de Qualcomm. Les évolutions logicielles auront lieu au début de la semaine prochaine, précise Reuters. Le groupe de Cupertino évoque à ce sujet une réponse à "un éventuel problème concernant la conformité" de ses commandes. "En début de semaine prochaine, nous fournirons une mise à jour logicielle pour les utilisateurs d'iPhones en Chine, qui corrigera les fonctionnalités mineures des deux brevets mis en cause dans le dossier", indique Apple, cité par l'agence Reuters. "Sur la base des modèles d'iPhones que nous proposons aujourd'hui en Chine, nous pensons être en conformité", a tout de même insisté Apple.

Adobe Systems (-7,3%) a présenté ses comptes du quatrième trimestre fiscal. Les bénéfices sont de 678,2 M$ (1,37$ par action), contre 501,5 M$ (1$ par action) un an avant. Le bpa ajusté ressort à 1,87$. Les revenus s'élèvent à 2,46 Mds$, contre 2,01 Mds$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1,88$, pour des revenus de 2,4 Mds$. Sur le T1 fiscal, le groupe vise un bpa de 1,60$, pour des revenus de 2,54 Mds$.

Costco Wholesale (-8,6%) a annoncé ses comptes du premier trimestre fiscal. Les profits sont de 767 M$ (1,73$ par action), contre 640 M$ (1,45$ par action) un an avant. Les revenus s'élèvent à 35,1 Mds$, contre 31,8 Mds$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1,61$, pour des revenus de 37,6 Mds$.

Belmond (+40%!) et LVMH (-1,5%) ont conclu un accord selon lequel LVMH va acquérir la chaîne d'hôtels de luxe dans le cadre d'une opération valorisant cette dernière sur la base d'une valeur d'entreprise de 3,2 milliards de dollars. LVMH acquerra Belmond pour un prix de 25$ en numéraire par action Class A. La transaction fait ressortir une valeur des fonds propres de 2,6 milliards de dollars et une valeur d'entreprise de 3,2 milliards de dollars.

Merck & Co (-2,5%) a annoncé un accord pour le rachat de la société Antelliq auprès de fonds conseillés par BC Partners. Le prix de l'opération s'élève à 2,1 milliards d'euros en numéraire. Le deal devrait être finalisé au second trimestre 2019. Antelliq sera alors une filiale à 100% de la division "santé animale" de Merck. Ce dernier assumera par ailleurs la dette de la société de 1,15 milliard d'euros qu'il compte rembourser peu de temps après la clôture de l'acquisition. Antelliq est un leader des solutions numériques d'identification, de traçabilité et de surveillance des animaux.

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