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Clôture de Wall Street : correction avec le retour des doutes sur l'après-Covid

Clôture de Wall Street : correction avec le retour des doutes sur l'après-Covid
Clôture de Wall Street : correction avec le retour des doutes sur l'après-Covid
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après une séance hésitante, la Bourse américaine a reculé mardi en clôture, assaillie de doutes sur le rythme de retour de la croissance face à la crise du Covid-19. La forte hausse de lundi, dans l'espoir de la mise au point d'un vaccin contre le coronavirus, a été suivie de commentaires plus prudents mardi sur ce candidat-vaccin du laboratoire Moderna. Le pétrole WTI a fait du yo-yo, tandis que Donald Trump a repris ses critiques contre la Chine et l'Organisation mondiale de la santé.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 1,59% à 24.206 points (après un bond de 3,85% lundi), tandis que l'indice large S&P 500 a perdu 1,05% à 2.922 pts (+3,15% lundi), et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a lâché 0,54% à 9.185 pts (après +2,44% lundi).

Du côté des valeurs, Moderna a corrigé de 10,4% (après +20% lundi). Selon le site spécialisé dans la santé, 'STAT', les résultats encourageants du candidat-vaccin contre le Covid-19 doivent être pris avec précaution et il est encore trop tôt pour crier victoire, en attendant les phases 2 et 3 de l'essai clinique. Par ailleurs, Walmart (-2,1%) a reculé malgré des résultats trimestriels meilleurs que prévu, et Home Depot a perdu 2,9% après une déception sur ses comptes.

Plus tôt dans la journée, les marchés européens ont fait l'objet de prises de bénéfices: l'EuroStoxx 50 a cédé 0,3% et le CAC 40 a rendu 0,89% à Paris, après des gains supérieurs à 5% la veille. La réaction positive des marchés européens à un projet franco-allemand de plan de relance européen de 500 milliards d"euros a donc été de courte durée. En Asie, la hausse s'est poursuivie avec des progressions de 1,49% pour le Nikkei et de 0,8% pour le Shanghai composite.

La Fed prête à utiliser tous ses outils contre la crise

Les investisseurs ont suivi avec intérêt la dernière intervention du président de la Fed Jerome Powell, qui a été auditionné par la Commission bancaire du Sénat, en même temps que le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin. Jerome Powell a confirmé des propos déjà tenus ces derniers jours, à savoir que la banque centrale américaine anticipait un début de reprise économique progressive à partir du 2e semestre 2020.

La crise actuelle, même si elle fera s'envoler le chômage et sera la "pire récession depuis la Seconde Guerre mondiale", devrait être moins grave que la Grande Dépression des années 1930, selon le patron de la Fed. Il a répété que l'institution est prête à utiliser tout l'éventail de ses outils pour soutenir l'économie. La Fed maintiendra ses taux proches de zéro tant que l'économie n'aura pas retrouvé la santé, a assuré Powell, qui n'a pas évoqué la possibilité de taux négatifs. Il a clairement repoussé cette idée à plusieurs reprises, malgré les pressions de Donald Trump.

Steven Mnuchin plaide pour la réouverture de l'économie

De son côté, Steven Mnuchin a expliqué au Sénat que les dommages de la pandémie sur l'économie américaine pourraient être "durables" si le confinement se prolonge. Les sénateurs ont multiplié les questions sur les dangers d'un retour prématuré au travail des salariés, notamment ceux qui sont les moins bien payés et protégés.

"Comme je l'ai déjà dit, nous sommes conscients des problèmes de santé et nous voulons (rouvrir le pays) de manière équilibrée et sans danger", a assuré Steven Mnuchin. Mais, a-t-il prévenu, "il existe un risque de dommages durables" sur la première économie du monde si les mesures de confinement restent en vigueur trop longtemps.

De son côté, Donald Trump a fait savoir mardi qu'il allait rencontrer les responsables républicains du Sénat dans la soirée au sujet d'un possible nouveau plan de soutien à l'économie. Cette rencontre n'était pas prévue à l'agenda du président américain. Elle intervient alors que la chambre des représentants dominée par les démocrates a approuvé le 15 mai un nouveau plan d'aide de 3.000 milliards de dollars, que le Sénat (à majorité républicaine) ne souhaite pas adopter. La Maison Blanche souhaite de son côté attendre de mesurer les effets des mesures budgétaires déjà prises, qui frôlent déjà les 3.000 Mds$.

Donald Trump menace l'OMS et la Chine

Les marchés ont aussi surveillé avec nervosité l'évolution des tensions entre les Etats-Unis et la Chine, qui se sont concentrées en ce début de semaine sur les questions sanitaires et en particulier le rôle et le financement de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Les deux puissances se sont affrontées verbalement à l'occasion de l'Assemblée générale de l'OMS.

Donald Trump, qui accuse Pékin d'avoir menti sur les origines du coronavirus, a accusé l'OMS d'être une "marionnette de la Chine" et a menacé de geler indéfiniment le financement américain de l'Organisation si elle ne s'engageait pas à des "améliorations notables" dans un délai de 30 jours.

Par ailleurs, sur le plan boursier, le Nasdaq s'apprêterait selon la presse à dévoiler de nouvelles règles pour les introductions en Bourse aux Etats-Unis, qui rendraient plus difficile pour les entreprises chinoises de se faire coter sur le Nasdaq.

Le pétrole en ordre dispersé, l'or reste recherché

Les marchés pétroliers ont zigzagué mardi. Sur le Nymex, le baril de brut léger américain WTI pour livraison juin a oscillé entre le rouge et le vert, avant de gagner 2,1% à 32,50$, pour son dernier jour de cotation. Le contrat de juillet, qui prend la relève en tant que contrat le plus négocié, a gagné 1% à 31,96$ le baril, poursuivant le "rally" qui a permis au WTI de revenir au plus haut depuis plus de 6 semaines. Le baril de Brent de la mer du Nord d'échéance juillet a en revanche légèrement reculé de 0,5% à 34,65$.

L'or est reparti en hausse, le contrat à terme de juin coté sur le Comex regagnant 0,7% à 1.745,60$ l'once, après avoir reculé de 1,3% lundi. Malgré une forte volatilité ces dernières semaines, le métal jaune progresse d'environ 14% depuis le début de l'année.

Sur le marché obligataire américain, les cours sont repartis en hausse en fin de séance, faisant chuter les taux (qui évoluent en sens inverse). Le rendement du T-Bond à 10 ans a cédé 4 point de base à 0,69%. Sur le marché des changes, le billet vert a poursuivi son repli, l'indice du dollar reculant de 0,1% à 99,58 points face à un panier de devises de référence (après -0,8% lundi). L'euro a gagné encore 0,11% à 1,0924$, après une hausse proche de 1% lundi, suite à l'annonce d'un projet de plan de soutien européen de 500 milliards d'euros par Emmanuel Macron et Angela Merkel.

Le marché immobilier tente de résister aux Etats-Unis

Sur le front macro-économique aux Etats-Unis, les mises en chantier de logements ont été moins nombreuses que prévu en avril, à 0,891 million, contre un consensus de place de 0,968 million et après 1,21 million en mars. Les permis de construire sont en revanche ressortis supérieurs aux attentes, au nombre de 1,074 million en avril, contre 1,033 million de consensus.

Lundi, l'indice du marché immobilier américain de la National Association of Home Builders (NAHB) était ressorti supérieur aux attentes à 37 en mai, contre un consensus de place de 33 et après 30 en avril. Cet indicateur reste à très bas niveau, mais il a nettement dépassé les attentes du consensus et traduit une moindre décélération du marché.

VALEURS A SUIVRE

Walmart (-2,1%) a chuté en clôture, après avoir gagné jusqu'à 3,4% en début de séance... Le colosse américain de la grande distribution a battu le consensus de profit sur le trimestre clos, et a affiché une incroyable croissance de 74% dans le commerce en ligne. Pour son premier trimestre fiscal, le groupe de l'Arkansas a dégagé un bénéfice net de 3,99 milliards de dollars soit 1,40$ par titre, contre 3,84 milliards un an plus tôt. Le bénéfice ajusté par action s'est élevé à 1,18$, contre un consensus FactSet de 1,12$. Les revenus ont totalisé 134,6 milliards de dollars, contre 123,9 milliards un an avant et 132,7 milliards de consensus. La croissance US à comparable a atteint 10%, avec l'alimentation, les biens de consommation et le bien-être. En outre, Walmart fermera Jet.com, du fait de la force confirmée de la marque Walmart.com.

Le détaillant a retiré sa guidance pour l'exercice fiscal 2021, du fait des incertitudes entourant la pandémie de coronavirus Covid-19.

Home Depot (-2,9%), le géant américain de la distribution de produits d'ameublement, a raté le consensus de profit au premier trimestre du fait des coûts liés à l'impact du coronavirus. Le groupe retire par ailleurs ses estimations 2020. Pour le trimestre clos début mai 2020, premier trimestre fiscal de la chaîne, le bénéfice net est ressorti à 2,25 milliards de dollars soit 2,08$ par titre, contre 2,51 milliards de dollars un an plus tôt. Le consensus FactSet était de 2,27$ de bénéfice par action. Les revenus trimestriels se sont toutefois appréciés de 7,1% en glissement annuel à 28,3 milliards de dollars, contre 27,6 milliards. Les ventes globales à comparable ont augmenté de 6,4% en glissement annuel, contre un consensus de 4,3%.

Kohl's (-7,6%), la chaîne américaine de grande distribution, a publié des comptes marqués par une forte croissance des ventes en ligne. Néanmoins, le groupe est ressorti déficitaire du fait de la crise actuelle. Pour le premier trimestre, la perte nette s'est élevée à 541 millions de dollars et 3,50$ par titre. La perte ajustée par action a représenté 3,2$, contre un consensus de place de -1,8$. Sur le trimestre clos début mai, le groupe de Menomonee Falls, Wisconsin, a donc souffert du fait des fermetures de magasins dues au Covid-19. Les ventes nettes ont chuté de 44% à 2,16 milliards de dollars, mais les revenus online se sont appréciés de 24% sur le trimestre et de plus de 60% en avril avec le confinement ! Le groupe a débuté le processus de "reconstruction" et rouvert récemment environ 50% de ses magasins américains.

Walt Disney (-2,1%). Kevin Mayer quitte le groupe. Le dirigeant, qui avait mené le lancement de la plateforme de streaming Disney+, va donc rejoindre TikTok, application hautement populaire de vidéo, possession du Chinois ByteDance Technology.

Facebook (+1,73%). Le marchés ont salué l'annonce du lancement d'une plateforme de vente en ligne réservée aux PME, baptisée "Facebook Shops". Le service sera disponible aux Etats-Unis, et sera ouvert aux entreprises de petite taille qui pourront créer gratuitement leur boutique en ligne via Facebook Shops. Ces boutiques virtuelles seront accessibles via Facebook et Instagram.

Tesla (+0,7%), le groupe californien d'Elon Musk, vedette du marché des véhicules électriques, a déploré en avril une chute de 64% de ses immatriculations en Chine en comparaison du mois antérieur. C'est du moins ce que montre l'évaluation faite par le cabinet spécialisé LMC Automotive.

Baidu (+2%), le moteur de recherche chinois, désormais coté à Wall Street, a publié hier soir pour le trimestre clos un recul moins prononcé que prévu de ses revenus. La guidance de chiffre d'affaires pour le second trimestre est également supérieure aux attentes de marché, avec la reprise de l'activité en Chine.

JP Morgan (-1,97%), le colosse bancaire américain, a accordé plus de 30 milliards de dollars de crédits à plus de 250.000 entreprises, dans le cadre du programme de soutien aux petites et moyennes entreprises américaines visant à soutenir l'économie face à l'impact du nouveau coronavirus.

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