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Clôture de Wall Street: climat partagé entre l'emploi et Powell

Clôture de Wall Street: climat partagé entre l'emploi et Powell
Clôture de Wall Street: climat partagé entre l'emploi et Powell
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse américaine a fini en ordre dispersé à l'issue d'une séance hésitante. Les chiffres de l'emploi en août sont ressortis inférieurs aux attentes aux Etats-Unis, ce qui a jeté un froid. Le président de la Fed, Jerome Powell, qui s'exprimait lors d'un débat en Suisse, a de son côté laissé entendre que la banque centrale américaine se tenait prête à assouplir encore sa politique monétaire. Il a aussi estimé que l'économie américaine ne risquait pas de tomber en récession.

A la clôture, l'indice Dow Jones a progressé de 0,26% à 26.797 points, tandis que l'indice large S&P 500 a avancé de 0,09% à 2.978 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologies et biotechnologiques, a pour sa part terminé en recul de 0,17% à 8.103 pts.

Sur la semaine, les trois indices américains se sont respectivement appréciés de 1,5%, 1,7% et 1,8%, soutenus notamment par la perspective d'une reprise des négociations commerciales, début octobre à Washington, entre les Etats-Unis et la Chine.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar, qui mesure les fluctuations du billet vert face à un panier de six devises de référence, a fini stable vendredi à 98,42 points, tandis que l'euro a cédé 0,05% à 1,1028$. La livre sterling fait l'objet de prises de bénéfices (-0,31% à 1,2296$) après avoir bondi de plus de 1,5% en deux séances suite aux votes du parlement britannique contre un Brexit sans accord.

Le pétrole a fini la semaine en hausse. Le contrat à terme d'octobre sur le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) a terminé à 56,52$ le baril (+0,39%), en hausse de 2,6% par rapport à vendredi dernier. Le Brent a pour sa part grimpé vendredi de 0,97% à 61,54$, signant une hausse de 1,8% sur la semaine. En revanche, l'or a reculé vendredi de 0,76% à 1.513,90$ l'once (contrat à terme de décembre sur le Comex) et a cédé 1% sur la semaine, après son récent "rally".

Seulement 130.000 créations de postes aux Etats-Unis en août

Les marchés s'efforcent d'analyser le rapport mensuel sur l'emploi aux Etats-Unis, qui est ressorti décevant pour août. Les créations de postes non-agricoles ont ainsi plafonné à 130.000, contre un consensus de 163.000. A noter que les créations d'emploi ont aussi été revues en baisse pour juillet à 159.000 contre 164.000 initialement annoncées.

Malgré cela, le taux de chômage est resté stable à 3,7%, en ligne avec le consensus, tandis que le salaire horaire moyen est resté dynamique en août, avec une hausse de 3,2% en glissement annuel, contre +3,1% de consensus. Le taux de participation à la force de travail a lui aussi légèrement augmenté à 63,2% en août contre 62,9% de consensus.

Powell laisse la porte ouverte à des baisses de taux

Ces chiffres ont été commentés de façon assez positive par Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale, qui participait ce vendredi à un débat à Zurich. Il a estimé que ces données témoignent d'un marché de l'emploi et d'une économie américaine en bonne santé, jouissant d'une croissance modérée.

Il a précisé que la Fed ne prévoyait pas de récession. Toutefois, il a souligné que l'économie fait face à des risques baissiers "significatifs", affirmant que la Fed allait surveiller tous les facteurs de risque. Il s'est en particulier dit inquiet d'une inflation qui deviendrait trop faible, ce qui a été interprété comme un signe que la Fed continuera de baisser ses taux directeurs afin de stimuler l'inflation. "Notre obligation est d'utiliser nos outils pour soutenir l'économie et c'est ce que nous continuerons à faire", a ajouté M. Powell.

Le patron de la banque centrale américaine, régulièrement critiqué par Donald Trump, a aussi affirmé qu'il ne regrettait pas d'avoir été nommé à son poste et a répété que les décision de la Fed ne sont pas prises sur des bases politiciennes.

Les marchés anticipent massivement une nouvelle baisse des taux directeurs de la Fed à l'issue de sa prochaine réunion des 17 et 18 septembre, après celle d'un quart de point du mois de juillet, qui était la première depuis plus de 10 ans. L'outil Fedwatch du CME Group indique vendredi soir une probabilité de 91,2% pour une baisse d'un quart de point, ce qui ferait revenir le taux des "fed funds" entre 1,75% et 2%.

Sur le marché obligataire, le rendement du T-Bond à 10 ans était presque stable vendredi soir à 1,55% (-1 point de base) après avoir rebondi vivement de 10 points de base la veille. Il reste à son plus bas niveau depuis la mi-2016.

Des gestes forts attendus de la BCE la semaine prochaine

En Europe, la publication vendredi d'une nette baisse de la production industrielle en Allemagne a renforcé les attentes d'annonces de mesures de soutien de la part de la Banque centrale européenne, qui se réunira jeudi prochain, le 12 septembre. Alors que le PIB allemand a reculé de 0,1% au 2è trimestre, faisant craindre une entrée en récession au 3è trimestre, la production industrielle a reculé de 0,6% en juillet, ce qui porte sa chute 4,2% sur un an. Les commandes automobiles ont même plongé de 25% par rapport à juillet 2018.

Face à cette situation, les marchés attendent de la BCE qu'elle adopte une batterie de mesures de stimulation monétaire, incluant un baisse des taux directeurs, l'introduction d'un système de paliers pour la taxation des réserves excédentaires des banques, ainsi qu'un engagement renforcé à maintenir ses taux très bas pendant un période prolongée. Certains espèrent même l'annonce d'une reprise du programme de rachat d'actifs ("QE"), mais cette question ne fait pas l'unanimité a sein des membres du conseil de la BCE.

En attendant les annonces de la BCE et de la Fed, la Banque populaire de Chine (BPC) a décidé vendredi d'une nouvelle réduction du taux de réserves obligatoires des banques, la troisième depuis le début de l'année. En réduisant ce taux de réserves obligatoires (liquidités que les banques doivent obligatoirement garder en réserve), la BPC espère stimuler la distribution de crédit et soutenir ainsi l'économie chinoise en phase de ralentissement.

VALEURS A SUIVRE

Alibaba (-1,2%) a scellé une alliance avec son compatriote chinois NetEase en se portant acquéreur pour 2 milliards de dollars de sa division spécialisée dans la vente de produits de luxe importés et en rachetant une participation dans son service de musique en streaming. L'unité Koala propose en ligne des produits de Gucci, Shisheido ou Burberry...

Alphabet (-0,48%) et Facebook (-1,8%) restent surveillées ce jour. Certains États américains ouvrent en effet des enquêtes antitrust sur les géants du Web, croit savoir le bien renseigné Wall Street Journal ce vendredi. Le procureur général du Texas entendrait lancer des investigations sur l'impact de Google dans la publicité digitale. Des procureurs généraux de plusieurs Etats américains se sont par ailleurs ligués afin de lancer une enquête commune concernant Facebook, accusé d'entraver la concurrence, a confirmé ce jour l'Attorney general new-yorkais.

Lululemon Athletica (+7,8%), la référence des vêtements de yoga, a dopé hier soir ses prévisions financières annuelles, en marge d'une publication trimestrielle par ailleurs supérieure aux attentes de marché. Les brokers saluent la nouvelle ce jour à Wall Street, où le groupe canadien est coté.

General Motors (+0,13%). Les ouvriers syndiqués sud-coréens vont faire grève trois jours durant la semaine prochaine, affichant leurs revendications salariales. Les employés craignent par ailleurs la fermeture d'une usine, ont indiqué des délégués syndicaux vendredi, cités par Reuters. C'est la première action de ce style depuis que le constructeur a acquis des usines en Corée du Sud il y a 17 ans.

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