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Clôture de Wall Street : au rebond grâce à la Fed et Donald Trump

Clôture de Wall Street : au rebond grâce à la Fed et Donald Trump
Clôture de Wall Street : au rebond grâce à la Fed et Donald Trump
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après avoir chuté de près de 13% lundi, l'indice Dow Jones a regagné mardi plus de 5% à la clôture de Wall Street. La Fed comme la Maison Blanche ont annoncé mardi de nouvelles mesures de soutien à l'économie, alors que des économistes projettent désormais une récession aux Etats-Unis et dans d'autres pays, compte-tenu de la paralysie de l'économie provoquée par les mesures prises pour lutter contre l'épidémie de coronavirus Covid-19.

A la clôture, l'indice Dow Jones a regagné 5,20% à 21.237 points après avoir subi lundi sa pire séance (-12,9%) depuis le krach de 1987. L'indice large S&P 500 a repris 6% à 2.529 pts après une chute de 12% lundi, et le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a rebondi de 6,23% à 7.334 pts après s'être effondré de 12,3% lundi.

Depuis leurs pics historiques de février, les trois indices américains abandonnent encore plus de 20% : le Dow Jones a lâché 28%, tandis que le S&P 500 et le Nasdaq ont flanché de près de 25%.

L'indice Vix de la volatilité, aussi appelé "l'indice de la peur", s'est légèrement calmé mardi soir, revenant à 74,8 points (-9,5%) après avoir flambé lundi de 43,6% à 83 points. Il reste proche des sommets atteints à la fin 2008, dans le sillage de la faillite de la banque Lehman Brothers, qui avait entraîné la débâcle boursière et entraîné une récession.

Mobilisation de la Banque centrale et du gouvernement face au Covid-19

L'administration Trump a annoncé mardi un certain nombre de mesures de soutien de l'économie et des ménages, le président américain s'engageant à aider les salariés qui seront frappés par le chômage technique et des licenciements en raison du Covid-19. Parmi les options considérées, figure le versement direct de 1.000$ à presque tous les Américains d'âge adulte.

Selon la presse américaine, Washington prévoit de présenter au Congrès un plan de soutien massif de 850 milliards de dollars, notamment destiné aux secteurs les plus touchés par l'épidémie, comme les compagnies aériennes, qui pourraient bénéficier d'environ 50 Mds$. Par ailleurs, au niveau international, une réunion par téléphone des ministres des Finances du groupe des 7 (G7) est prévue en fin de journée.

De son côté, la Réserve fédérale américaine (Fed) a annoncé mardi de nouvelles mesures. Elle va renouer avec les procédures exceptionnelles utilisées lors de la crise financière de 2008 en octroyant des facilités de crédits aux entreprises.

La Fed va ainsi réintroduire ses rachats de titres de créance à court terme des entreprises émettrices (Commercial Paper Funding Facility, CPFF), un dispositif utilisé pour la première fois lors de la crise financière de 2008. "En assurant le bon fonctionnement de ce marché, en particulier en période de tension, la Réserve fédérale fournit des facilités de crédits qui soutiendront les familles, les entreprises et les emplois dans l'ensemble de l'économie", a déclaré l'institut d'émission dans un communiqué.

Vif rebond du dollar et des taux, le pétrole s'enfonce encore

Sur le marché des changes, le dollar bondit, profitant des annonces de la Fed et de l'administration Trump. L'indice du dollar, qui reflète son évolution face à 6 devises de référence (euro, livre sterling, franc suisse, dollar canadien, yen et couronne suédoise) a gagné 1,48% à 99,52 points, tandis que l'euro a perdu 1,55% face au billet vert à 1,1008$.

Les obligations d'Etat ont fait l'objet de prises de bénéfices, faisant brusquement remonter les taux d'intérêts, qui évoluent en sens inverse des cours. Le rendement du T-Bond a 10 ans a ainsi regagné 37 points de base à 1,09%, remontant au dessus de 1%, après être tombé brièvement sous 0,5%, un plus bas historique, le 9 mars dernier. Ce taux était encore logé autour de 1,9% fin 2019 avant la crise du coronavirus...

Le pétrole n'est pas parvenu à se redresser, après avoir glissé lundi sous le seuil des 30$ le baril. Le cours du baril de brut léger américain (WTI) a cédé mardi 6,1% à 26,95$ (après -9,6% lundi) pour le contrat à terme d'avril coté sur le Nymex, tombant au plus bas depuis février 2016. Le Brent de mer du Nord a lâché 4,4% à 28,73$ (après -11% lundi) pour le contrat à terme de mai, au plus bas depuis janvier 2016.

Les deux variétés de pétrole ont désormais abandonné près de 60% depuis le début de l'année, plombés par la guerre des prix déclenchée par l'Arabie Saoudite et la Russie, qui ont mis fin le 6 mars dernier à leur accord de réduction de la production. Cette stratégie, qui intervient au moment où la demande mondiale se rétracte face à la crise du coronavirus, a eu un effet dévastateur sur les cours du brut et sur les cours de Bourse des valeurs pétrolières.

L'économie américaine commence à flancher

L'or en revanche, a repris des couleurs après avoir été copieusement vendu ces derniers jours par des investisseurs en quête de liquidité. L'once d'or a regagné mardi 2,6% à 1.525,80 après avoir subi une chute de 11% sur les 6 séances précédentes (contrat à terme d'avril sur le Comex).

Sur le plan macroéconomique, les indicateurs américains commencent à refléter la ralentissement de l'économie lié aux perturbations créées par la propagation du coronavirus Covid-19. Les ventes au détail, publiées mardi, ont ainsi subi un recul surprise de 0,5% en février, après une hausse de 0,6% en janvier. Le consensus tablait sur une hausse de 0,2%. Les ventes au détail 'core' (hors alimentation et énergie) reculent de 0,4% contre +0,6% en janvier et +0,2% attendu. Vendredi dernier, l'indice préliminaire du sentiment des consommateurs, mesuré par l'Université du Michigan, avait déjà donné l'alerte en tombant à seulement 95,9 en mars, contre 98 de consensus et après 101 en février.

En revanche, la production industrielle a rebondi de 0,6% en février sur un mois (mieux que le consensus, qui était logé à +0,4%), après -0,5% en janvier. Les économistes s'attendent cependant à une forte chute en mars compte tenu des mesures mises en place pour lutter contre la pandémie de Covid-19. Ainsi, l'indice manufacturier Empire State de la Fed de New York (publié lundi) a créé un choc en s'effondrant à -21,5 en mars, au plus bas depuis la crise financière de 2009.

Vers une récession aux Etats-Unis et en Chine ?

De nombreux économistes estiment que les Etats-Unis vont connaître une forte contraction du PIB au 2e trimestre, voire une récession si la contraction s'étend sur 2 trimestres. Dans une note publiée le week-end dernier, la banque d'affaires américaine Goldman Sachs estime que le PIB de la première économie mondiale pourrait se contracter de 5% au deuxième trimestre, après une croissance nulle au premier trimestre.

Les économistes de la banque américaine ont par conséquent ramené leur prévision de croissance sur l'ensemble de 2020 à 0,4% contre 1,2% estimé précédemment pour les Etats-Unis. "L'incertitude qui entoure tous ces chiffres est bien plus grande que la normale", souligne GS. "Les consommateurs et les entreprises continueront à réduire leurs dépenses de voyage, de divertissement et de restauration, tandis que les perturbations de la chaîne d'approvisionnement et le resserrement des conditions financières freineront davantage la croissance", relèvent les économistes de GS.

Lundi, Donald Trump avait lui aussi jugé "peut-être possible" une récession aux Etats-Unis, tout en prévoyant un "énorme rebond" de l'économie après l'épidémie, qui pourrait s'achever selon lui en juillet ou août prochain ....

Par ailleurs, concernant la Chine, d'où est partie l'épidémie en décembre 2019, Goldman Sachs a revu ses prévisions à la baisse mardi. La banque d'affaires estime désormais que le PIB de la deuxième économie mondiale pourrait se contracter de 9% au premier trimestre !

VALEURS A SUIVRE

* Boeing a vécu une séance folle, avec une chute de 19% en début de séance, suivie d'une remontée jusqu'à -4,2% en clôture... Lundi, le titre de l'avionneur américain s'était effondré de 23%, au plus bas depuis 2014. Emporté par la nouvelle chute généralisée des marchés, le géant de l'aéronautique a vu sa capitalisation fondre de 60% depuis le début de l'année. L'entreprise souffre depuis de longs mois de l'immobilisation du 737 MAX à la suite de deux accidents mortels, de la date encore inconnue de retour dans les airs de l'appareil, ou encore d'une vague d'annulations de commandes. Une série de vents contraire auxquels est venue s'ajouter la pandémie de coronavirus et son énorme impact sur un secteur qui est sur le point de traverser la plus grave crise de son histoire.

Dans ce contexte, Boeing a demandé aux responsables de la Maison Blanche et du Congrès une aide d'urgence à court terme pour lui-même, ses fournisseurs et les compagnies aériennes afin d'éviter une vague de licenciements massifs. Dans un communiqué, Boeing a confirmé que "des discussions positives et continues se poursuivent avec le gouvernement et les leaders de l'industrie" - y compris au sein de l'administration Trump et du Congrès. "L'accès à court terme aux liquidités publiques et privées sera l'un des moyens les plus importants pour les compagnies aériennes, les aéroports, les fournisseurs et les fabricants de faire la transition vers la reprise... Nous apprécions la façon dont l'administration et le Congrès s'engagent avec tous les éléments de l'industrie aéronautique en cette période difficile".

* Regeneron Pharmaceuticals (+11,5%). Le groupe pharmaceutique a annoncé avoir identifié des centaines d'anticorps susceptibles de contribuer au traitement des patients contaminés par le coronavirus. La biotech, partenaire du laboratoire pharmaceutique français Sanofi compte sélectionner les deux anticorps les plus prometteurs afin de développer un traitement combiné dont il prévoit de lancer la fabrication à grande échelle d'ici mi-avril. Regeneron avait annoncé le mois dernier un partenariat avec le Département de la Santé des Etats-Unis dans le but de développer un traitement contre le nouveau coronavirus, en précisant concentrer ses recherches sur les anticorps monoclonaux.

* Pfizer (+6,5%) a signé un accord avec l'allemand BioNTech pour développer conjointement un vaccin potentiel contre le coronavirus, ont annoncé les deux entreprises. Les termes financiers de l'accord et les détails relatifs au développement, à la fabrication et à la potentielle commercialisation d'un vaccin seront finalisés dans les prochaines semaines.

* Amazon (+7%) va recruter 100.000 employés pour ses entrepôts et ses livraisons aux Etats-Unis afin de faire face à un bond des commandes en ligne, alors que de nombreux consommateurs se sont tournés vers internet depuis le début de l'épidémie de coronavirus.

* Delta Air Lines (-11,3%), United Airlines (-13,5%) sont encore malmenées, tandis qu'American Airlines a fini en baisse de 2,1%. Les compagnies aériennes américaines cherchent à obtenir un plan de sauvetage gouvernemental de plus de 50 milliards de dollars, alors que la Maison blanche prépare dans l'urgence un ensemble de mesures budgétaires face à la forte chute de la demande dans le secteur due au coronavirus.

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