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Clôture de Wall Street : au rebond, en attendant les comptes des "Gafa"

Clôture de Wall Street : au rebond, en attendant les comptes des "Gafa"
Clôture de Wall Street : au rebond, en attendant les comptes des 'Gafa'
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après trois séances difficiles, qui l'ont fait rechuter à son niveau de la fin juillet, la Bourse de New York s'est offert un rebond technique jeudi, soutenue par les valeurs technologiques et par la publication d'une croissance économique plus vigoureuse que prévu au 3e trimestre aux Etats-Unis. Les investisseurs restent toutefois prudents face à l'aggravation de la crise du Covid-19, notamment en Europe. Le pétrole continue de dégringoler, tandis que l'euro chute après que la BCE a signalé son intention d'accroître son soutien lors d'une prochaine réunion.

A la clôture, l'indice Dow Jones a repris 0,52% à 26.659 points, tandis que l'indice large S&P 500 a grimpé de 1,19% à 3.310 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a regagné 1,64% à 11.185 pts.

Du côté des valeurs, les investisseurs se sont replacés sur les technologiques, qui avaient fait l'objet de dégagements ces derniers jours. Les indices sectoriels S&P de l'énergie (+3,2%), des technologiques (+1,9%) et des services de communication (+2,8%) ont mené la hausse, juste avant la publication des derniers comptes trimestriels des Gafa : Apple (+3,7%), Alphabet (+3%, maison mère de Google), Amazon (+1,5%), Facebook (+4,9%) et Twitter (+8%) publient tous leurs comptes jeudi après la clôture.

Sur le Nymex, le baril de brut WTI a encore chuté de 3,3% à 36,17$, portant sa chute à plus de 12% depuis le 20 octobre, tandis que l'once d'or a cédé 0,6% à 1.868,00$. L'indice du dollar poursuit son ascension (+0,7%) tandis que l'euro perd 0,7% dans le sillage des annonces de la BCE.

A seulement cinq jours de l'élection présidentielle aux Etats-Unis, les derniers indicateurs économiques aux Etats-Unis ont mis un peu de baume au coeur des marchés, qui craignent un essoufflement de la reprise, en l'absence d'adoption d'un nouveau plan de soutien budgétaire à l'économie américaine, face à la crise du coronavirus.

Donald Trump se réjouit du rebond de l'économie

Ainsi, l'économie américaine a rebondi plus fort que prévu au 3eme trimestre, après un plongeon au 2e lié aux mesures de restriction prises pour faire face à la pandémie. Le PIB du troisième trimestre a progressé de 33,1% en rythme annuel, alors que le consensus était de +30,9%. Au second trimestre, le PIB s'était effondré de 31,4% en rythme annuel. Au 3e trimestre, les dépenses personnelles de consommation se sont envolées de 40,7%, contre 38,9% de consensus et après une chute de 33,2% au second trimestre.

Dans un tweet, Donald Trump a salué ces chiffres, en s'en attribuant le mérite : "Les chiffres du PIB viennent d'être annoncés. Le plus Grand et le Meilleur de l'histoire de notre pays, et même de très loin. L'année prochaine sera FANTASTIQUE !!! Cependant, Sleepy Joe Biden et sa proposition d'augmentation record des taxes, tueraient tout. Je suis tellement content que ces grands chiffres du PIB soient sortis avant le 3 novembre", s'est félicité le président républicain.

Par ailleurs, les inscriptions hebdomadaires au chômage ont continué de diminuer la semaine dernière aux Etats-Unis, tout en restant à un niveau très élevé. Pour la semaine close au 24 octobre, les inscriptions au chômage ont atteint 751.000, en retrait de 40.000 par rapport à la lecture révisée de la semaine antérieure. Elles ressortent moins fortes qu'attendu, puisque le consensus était positionné à 775.000.

Seule ombre au tableau : les promesses de ventes de logements ont chuté de façon inattendue (-2,2%) en septembre par rapport à août. Le consensus de place tablait au contraire sur une hausse de 3,5% et après un gain de 8,8% en août.

Le coronavirus menace la reprise économique en Europe

Sur le front de l'épidémie, le dernier bilan de l'Université Johns Hopkins fait état de plus de 44,6 millions de cas confirmés de Covid-19 dans le monde, dont 8,87 millions aux Etats-Unis, 8,04 millions en Inde et 5,47 millions au Brésil. Le virus a tué 1,18 million de personnes dans le monde, dont 227.774 aux Etats-Unis, le pays le plus touché.

En Europe, la France et l'Allemagne ont annoncé mercredi un durcissement des mesures de restriction face à la propagation très rapide du virus, ce qui devrait peser sur la croissance du quatrième trimestre mais aussi inciter la BCE à fournir plus de soutien.

La BCE prête à agir davantage, sans doute en décembre

Lors de sa réunion de jeudi, la BCE n'a pas modifié sa politique monétaire, mais a signalé son intention d'agir davantage dans les prochains mois. La présidente de la banque centrale européenne, Christine Lagarde, a affirmé que le Conseil de politique monétaire est déjà "au travail pour 'recalibrer' l'ensemble des instruments à sa disposition pour maintenir des conditions financières favorables et aider à la reprise".

"Nous utiliserons toute la flexibilité dont nous disposons... Nous l'avons déjà fait pour la première vague (de Covid-19), nous le ferons pour la seconde", a-t-elle ajouté. Autrement dit, la BCE pourrait éventuellement accroître la taille de ses programmes de rachat d'actifs mais également baisser ses taux.

Compte-tenu de la dégradation sanitaire qui menace d'un nouveau plongeon les économies de la zone euro, les observateurs tablent sur une nouvelle rallonge des programmes de la BCE en décembre.

L'euro, l'or et le pétrole en berne, le dollar en forme

Cette perspective d'assouplissement a entraîné un recul de l'euro, qui avait déjà perdu du terrain ces derniers jours face à un dollar servant valeur-refuge face aux dernières turbulences des marchés boursiers. L'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises) a ainsi gagné encore 0,55% à 93,92 points jeudi soir, tandis que l'euro a cédé 0,6% à 1,1675$, portant son recul à près de 2% en 4 séances.

Sur les marchés obligataires, le rendement de l'obligation allemande (Bund) à 10 ans a reculé jeudi d'un point de base à -0,64%, tandis qu'aux Etats-Unis, le taux du T-Bond à 10 ans a au contraire rebondi de 6 points de base à 0,83%. L'annonce d'un rebond plus vigoureux que prévu du PIB des Etats-Unis, éloigne la probabilité de nouvelles actions d'assouplissement de la Fed, entraînant un léger rebond des taux.

Les cours du pétrole ont continué de dégringoler jeudi face à la crainte d'une demande réduite par la recrudescence du Covid-19. Le contrat de décembre sur le baril de brut léger américain (WTI) a encore abandonné 3,3% à 36,17$ sur le Nymex, tandis que le contrat sur le Brent pour livraison en décembre a chuté de 3,8% à 37,65$. Les deux variétés de pétrole ont plongé de plus de 12% depuis le 20 octobre.

L'or a baissé jeudi pour la 2e séance, cédant 0,6% à 1.868,00$ pour le contrat à terme de décembre sur le Comex. Le métal jaune gagne encore environ 22% depuis le début de l'année, profitant des incertitudes économiques liées à la crise sanitaire. Ces derniers jours, l'or a souffert du rebond du dollar, qui renchérit les achats de métal jaune pour les acheteurs internationaux.

VALEURS A SUIVRE

Tiffany (+0,66%) et LVMH (+0,4%) ont conclu ce jour un accord modifiant certains termes du contrat de fusion conclu en novembre 2019. Aux termes de cet accord, le prix d'offre a été diminué et est désormais de 131,50 dollars par action et la certitude de réalisation de l'opération a été renforcée. Les autres principes contenus dans le Merger Agreement demeurent inchangés. Cet accord met un terme à l'ensemble des actions judiciaires opposant devant la Cour du Delaware LVMH et Tiffany.

Amgen (+0,6%), géant biotechnologique américain, a annoncé pour son troisième trimestre fiscal des résultats supérieurs aux attentes de marché avec la croissance des volumes. Les revenus trimestriels ont ainsi totalisé 6,42 milliards de dollars, en augmentation de 12% en glissement annuel, alors que le consensus se situait à 6,38 milliards. Le bénéfice net est ressorti à 2,02 milliards de dollars soit 3,43$ par titre, contre 1,97 milliard et 3,27$ par action un an plus tôt. Le consensus était de 2,9$ de bpa. Le bénéfice ajusté par action a lui aussi amplement dépassé les attentes, à 4,37$ contre 3,8$ de consensus. Robert Bradway, CEO, évoque des résultats solides dans un environnement difficile, ainsi qu'une progression du pipeline de nouveaux médicaments.

Gilead Sciences (-0,3%) a bénéficié sur le troisième trimestre fiscal des ventes de son traitement du coronavirus remdesivir. Néanmoins, dans un contexte complexe, le groupe revoit en baisse ses prévisions 2020 de revenus, avec un haut de fourchette ramené à 23,5 milliards de dollars, contre 24,1 milliards de consensus et 25 milliards pour le haut de la fourchette antérieure. Remdesivir est le seul traitement approuvé aux USA pour les patients hospitalisés pour le Covid-19, mais le groupe peine à évaluer ses perspectives de ventes. Sur le trimestre, le traitement a apporté 873 millions de dollars de chiffre d'affaires, alors que le consensus était de 960 millions. Les revenus totaux du trimestre clos ont été de 6,6 Mds$, contre 6,31 Mds$ de consensus. Le bénéfice ajusté par action a représenté 2,11$, largement supérieur aux attentes. Les ventes des traitements HIV du groupe ont augmenté de 8% à 4,55 Mds$.

Regeneron (-2%) a indiqué hier soir que son cocktail d'anticorps contre le Covid-19, un traitement expérimental administré à Donald Trump durant sa récente hospitalisation consécutive à sa contamination, avait fortement réduit les visites médicales des patients atteints d'une forme légère à modérée du virus.

Moderna (+8,4%) a révélé des résultats trimestriels supérieurs aux prévisions et un accord avec Takeda Pharmaceutical et le gouvernement japonais pour la livraison de 50 millions de doses de son candidat vaccin contre le covid.

Visa (+2,2%) est parvenu à dépasser les attentes de marché sur le quatrième trimestre fiscal, malgré l'impact majeur de la pandémie sur les dépenses de voyages. Le groupe a annoncé un bénéfice trimestriel ajusté par action de 1,12$, contre un consensus de marché de 1,09$ et un bpa de 1,47$ un an plus tôt, à la même période. Les revenus ont totalisé quant à eux 5,1 milliards de dollars, contre 5 milliards environ de consensus de place et 6,14 milliards de chiffre d'affaires sur la période correspondante de l'an dernier.

eBay (-7,4%), le géant des enchères en ligne, a dépassé les attentes de marché pour le troisième trimestre et rehaussé sa guidance annuelle. Le groupe a réalisé un bénéfice trimestriel ajusté par action de 85 cents, contre un consensus de 76 cents et un bpa de 67 cents un an plus tôt. Les revenus du groupe ont totalisé 2,61 milliards de dollars, ce qui dépasse de 5% le consensus, alors qu'ils étaient de 2,65 milliards sur la période comparable de l'an dernier. La guidance de revenus annuels va désormais de 10,04 à 10,11 milliards de dollars, soit une croissance organique hors effets de change de 19 à 20%, pour un bpa GAAP allant de 3$ à 3,06$ et un bénéfice ajusté par action allant de 3,34 à 3,4$ (3,04 à 3,16$ hors annonces classées).

Ford Motor (+2,6%), le constructeur automobile du Michigan, a dévoilé hier soir des résultats supérieurs aux attentes et envisage désormais un bénéfice avant imposition sur l'année - contre une perte auparavant anticipée. Le groupe, qui profite de la forte demande américaine en pickups et SUV, a annoncé un bénéfice de 2,4 milliards de dollars sur le trimestre, 60 cents par titre, contre 400 millions de dollars et 11 cents par action un an avant. Le bénéfice ajusté est même ressorti à 3,6 milliards de dollars, 65 cents par action, contre 19 cents de consensus. Le bénéfice annuel avant imposition est attendu entre 600 millions de dollars et 1,1 milliard de dollars.

Comcast (+2,6%) a dépassé les attentes sur son troisième trimestre fiscal. Le groupe a réalisé sur le trimestre clos en septembre un bénéfice ajusté par action de 65 cents, en retrait de 18% en glissement annuel, contre un consensus de 51 cents. Les revenus du groupe se sont érodés de 5% en glissement annuel à 25,5 milliards de dollars, alors que le consensus des analystes était de 24,7 milliards de dollars. Brian Roberts, CEO, salue "une exécution de haut niveau" malgré les difficultés actuelles et le contexte de pandémie.

Yum! Brands (-0,13%), le groupe américain de restauration rapide, a annoncé pour le troisième trimestre des profits et des revenus supérieurs aux attentes de marché. Le bénéfice net est ressorti ainsi à 283 millions de dollars soit 92 cents par titre, contre 255 millions de dollars et 81 cents par action un an plus tôt. Le bénéfice ajusté par action s'est établi à 1,01$, contre 80 cents de consensus. Le propriétaire de KFC a affiché 2% de baisse de son activité à comparable, mais les analystes s'attendaient à pire. Les revenus totaux ont augmenté de 8% à 1,45 milliard.

ConocoPhillips (+1,3%), l'un des géants pétroliers américains, a annoncé pour le troisième trimestre une perte ajustée par action de 31 cents, contre -32 cents de consensus. Le groupe est sur le point d'acquérir Concho Resources (+1,7%) pour 8,3 milliards de dollars. La production sur le trimestre a baissé de 4% à 1,2 million de barils d'équivalent pétrole par jour. La perte nette est ressortie à 0,5 milliard de dollars sur le trimestre, contre 3,1 milliards de profits un an avant.

ExxonMobil (+4,4%) maintient son dividende trimestriel à 87 cents par action. Le colosse pétrolier ne rehausse donc pas son coupon de l'année, une première depuis 1982.

Kraft Heinz (+2,8%), le groupe alimentaire américain, a annoncé pour le trimestre clos des profits supérieurs aux attentes. Le bénéfice net est ressorti à 597 millions de dollars soit 49 cents par titre, contre 899 millions de dollars un an plus tôt. Le bénéfice ajusté s'est établi à 70 cents, contre un consensus FactSet de 62 cents. Le groupe relève par ailleurs sa guidance.

Tapestry (+6,6%), le groupe de luxe américain, maison-mère de Coach et de Kate Spade, a annoncé pour le premier trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 58 cents, contre un consensus de 22 cents et un niveau de 40 cents un an avant.

Spotify (-3,3%) a récupéré plus d'abonnés qu'attendu au troisième trimestre, tendance qui devrait se poursuivre sur ce trimestre selon le groupe suédois de streaming musical. Néanmoins, le groupe a aussi fait état d'une perte plus lourde que prévu sur son troisième trimestre, malgré la demande en musique et podcasts. La perte nette est ressortie à 356 millions d'euros et 1,91 euro par titre, plus du triple de l'an dernier. Les revenus ont totalisé 1,9 MdE, contre 3 MdsE un an plus tôt et 2 MdsE de consensus.

Pinterest (+27% !) prévoit une croissance du chiffre d'affaires de 60% pour le trimestre en cours, ce qui ressort largement supérieur aux attentes, grâce au rebond des dépenses publicitaires des entreprises. Le titre flambe à Wall Street... Sur le troisième trimestre, le groupe a affiché une croissance de 58% de ses revenus à 443 millions de dollars, contre 383 millions de consensus. Le bénéfice ajusté par action est ressorti à 13 cents, contre 10 cents de consensus.

Textron (+6,1%), le constructeur des jets d'affaires Cessna, fait part d'un recul de près de moitié de son chiffre d'affaires trimestriel, plombé par les annulations de commandes et les reports de livraisons.

Carlyle Group (+1,6%) a annoncé une baisse moins importante que prévu de son bénéfice trimestriel.

DuPont de Nemours (+3,6%), le groupe américain de chimie, prévoit un bénéfice annuel supérieur aux attentes, avec le contrôle des dépenses et la reprise industrielle dans l'automobile. Les comptes du troisième trimestre sont également supérieurs aux attentes.

Marvell Technology (-3,3%), l'un des leaders des semi-conducteurs, a annoncé l'acquisition de son rival Inphi pour 10 milliards de dollars, afin de renforcer sa présence sur le segment des centres de données et le réseau 5G.

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