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Clôture de Wall Street : au rebond avec les "technos" et Jerome Powell

Clôture de Wall Street : au rebond avec les "technos" et Jerome Powell
Clôture de Wall Street : au rebond avec les 'technos' et Jerome Powell
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après des hésitations en début de séance, la Bourse de New York s'est orientée à la hausse mardi soir, profitant d'un rebond technique des valeurs technologiques, après la brève chute du Nasdaq en zone de correction lundi. Les investisseurs ont été soulagés par l'audition de Jerome Powell au Sénat, le président de la Fed ayant assuré que l'institution était en capacité de juguler l'inflation, en relevant ses taux directeurs et en réduisant son bilan cette année.

A la clôture, le Dow Jones a regagné 0,51% à 36.252 points, tandis que l'indice large S&P 500 a repris 0,92% à 4.713 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a rebondi de 1,41% à 15.153 pts. Huit des 11 indices sectoriels du S&P 500 ont fini en hausse, à commencer par ceux de l'énergie (+3,4%) grâce à un rebond des cours du pétrole, et des technologiques (+1,2%).

Lundi, le Nasdaq avait plongé d'environ 2,7% en séance, cédant ainsi 10,3% par rapport à son record en séance du 19 décembre, avant de rebondir rapidement sur ce seuil, qui marquait techniquement l'entrée en phase de correction. De nombreux algorithmes boursiers étaient programmés pour acheter une baisse de 10% de l'indice, dont 40% des valeurs ont déjà chuté de plus de 50% par rapport à leurs sommets de 2021.

Powell convaincant sur le chapitre de l'inflation

La séance est donc marquée par l'audition de Jerome Powell devant le Sénat, dans le cadre de sa nomination par Joe Biden à un second mandat de 4 ans à la tête de la banque centrale américaine. Lael Brainard, nommée vice-présidente, sera pour sa part auditionnée jeudi.

Face aux sénateurs (qui doivent approuver ces nominations), Jerome Powell a confirmé que la Fed s'apprêtait à entamer la normalisation de sa politique monétaire. L'économie américaine, désormais en phase de reprise solide, n'a "plus besoin et ne veut plus" des politiques ultra-accommodantes justifiées par la crise sanitaire du coronavirus.

Il a estimé que l'inflation plus durable que prévu faisait peser "une menace grave" sur la reprise du marché américain de l'emploi, justifiant des hausses des taux directeurs. Il a ajouté que la Fed relèverait ses taux plus agressivement si nécessaire, tout en évoquant un "long chemin" vers la normalisation de sa politique monétaire. "Si nous devons relever les taux d'avantage sur la durée, nous le ferons", a-t-il indiqué. Retrouver une stabilité des prix est "en haut de la liste des priorités" de la Réserve fédérale, a-t-il martelé.

Il a aussi estimé qu'"à un moment donné" de l'année 2022, la Fed pourrait commencer à réduire son bilan (lourd de 8.770 Mds$ d'obligations acquises) en cessant de racheter les obligations arrivant à échéance. Une position qui semble un peu moins tranchée que certains membres de la Fed, qui veulent commencer à réduire le bilan rapidement, dès le début de la remontée des taux directeurs, sans doute en mars prochain.

Quatre hausses de taux déjà digérées par les marchés ?

Les marchés, qui s'étaient effrayés la semaine dernière des dernières Minutes de la Fed et de déclarations de plusieurs membres de la Fed, ont été un peu soulagés de constater que Powell n'a pas fait dans la surenchère, tout en se montrant convaincant sur la capacité de la Fed à empêcher l'inflation de s'enraciner. Les marchés, qui tablent désormais sur quatre hausses de taux d'ici à la fin 2022, n'ont pas trouvé de cause supplémentaire d'inquiétude dans les propos de Powell, ce qui a incité nombre d'entre eux à partir à la chasse aux bonnes affaires après la récente correction.

Plusieurs grandes banques, dont JP Morgan Chase et UBS estiment que les marchés pourront digérer sans trop d'encombres des hausses de taux à condition que la reprise économique se poursuive cette année. Marko Kolanovic, qui dirige la stratégie mondiale de JP Morgan, a ainsi estimé qu'il est temps "d'acheter le creux" de la vague boursière. D'autres économistes sont cependant plus prudents, estimant que les perturbations causées par le variant Omicron du coronavirus et la transition énergétique sont de nature à entraîner un ralentissement économique accompagné d'une inflation persistante...

Dans une note publiée lundi, la banque d'affaires Goldman Sachs dit s'attendre à quatre hausses de taux cette année de la part de la Fed, en mars, juin septembre et en décembre. La banque centrale américaine devrait aussi commencer à réduire son bilan à partir de juillet, voire plus tôt, estime GS.

L'audition de Jerome Powell intervient à la veille de la publication des chiffres de l'inflation en décembre aux Etats-Unis. L'indice des prix à la consommation (CPI) est attendu en nouvelle accélération à 7% sur un an, après 6,8% en novembre selon le consensus des économistes compilé par Reuters. En Europe, les données préliminaires de l'institut Eurostat ont fait état vendredi d'une inflation de 5% en décembre dans la zone euro, contre 4,8% attendus par les marchés, et après 4,9% en novembre.

Les profits du S&P 500 attendus en hausse de plus de 20% au 4e trimestre

La semaine qui s'ouvre est celle du coup d'envoi des résultats d'entreprises du 4e trimestre, à commencer par les grandes valeurs bancaires. JP Morgan Chase, Citigroup et Wells Fargo seront au rendez-vous, suivies de Bank of America et Goldman Sachs le 18 janvier, puis Morgan Stanley le 19 janvier.

Pour l'ensemble du S&P 500, les analystes sondés par FactSet s'attendent à une nouvelle hausse, de plus de 20% sur un an, des bénéfices au 4e trimestre. Les investisseurs seront notamment attentifs aux prévisions des directions pour 2022, dans un contexte d'inflation plus élevée... La capacité des sociétés à transférer les hausses de coûts sur leurs prix de vente ("pricing power") sera étudiée de très près par les analystes.

Le pétrole et l'or repartent de l'avant, le dollar consolide

Les cours du pétrole sont repartis de l'avant mardi, après deux séances de prises de bénéfices. Le baril de brut léger américain WTI a gagné 3,8% à 81,22$ (contrat à terme de février sur le Nymex), tandis que le Brent de Mer du nord rebondissait de 3,5% à 83,68$ (contrat de mars). Les cours du brut ont retrouvé leur plus haut niveau depuis 2 mois, les investisseurs pariant sur une nouvelle baisse des stocks de brut aux Etats-Unis la semaine dernière (les chiffres seront publiés mercredi) et estimant que le variant Omicron perturbera peu l'économie mondiale en 2022, compte-tenu de sa moindre gravité (malgré une très forte contagiosité).

Sur les marchés obligataires, le rendement du T-Bond à 10 ans s'est un peu détendu mardi à 1,75% (-3 points de base), après avoir atteint la veille son plus haut depuis décembre 2019. Le 31 décembre 2021, le "10 ans" américain était logé à 1,5%, et un an plus tôt, il était tombé à 0,9%. En Europe, le taux du Bund allemand à 10 ans a encore grappillé 1 pb à -0,03% mardi, au plus haut depuis avril 2019.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar est reparti en baisse mardi, cédant 0,4% à 95,60 pts face à un panier de devises de référence. L'euro regagnait 0,4% à 1,1368$.

L'or a nettement rebondi de 1,1%, terminant au dessus de 1.800$, à 1.818,50$ l'once sur le Comex (contrat de février). Le bitcoin, qui avait chuté lundi brièvement sous 40.000$, est reparti en hausse, autour de 42.727$ en soirée, en progression de 2,4% sur 24h, selon le site Coindesk.

VALEURS A SUIVRE

American Eagle Outfitters (+2,6%). Le groupe table sur une croissance plus faible que prévu sur le trimestre des fêtes. En revanche, il relève ses objectifs financiers 2023, avec un bénéfice opérationnel attendu à 800 millions de dollars. Le profit opérationnel 2021 est anticipé quant à lui à 600 millions de dollars, pour 5,8 milliards de revenus et 13,5% de marge.

Abercrombie & Fitch (+7,8%) prévoit des revenus du quatrième trimestre en expansion de 4 à 6%. Les problèmes de supply chain et le variant Omicron affectent la croissance à court terme, mais le détaillant en vêtements résiste bien. Le groupe signale une reprise après la saison des fêtes.

Tesla (+0,6%) aurait écoulé 70 847 véhicules produits en Chine en décembre, rythme mensuel le plus élevé depuis l'ouverture de son usine à Shanghai en 2019, selon l'Association chinoise des voitures particulières (CPCA).

Apple (+1,7%). Le régulateur télécom sud-coréen indique qu'Apple lui a soumis un projet permettant d'autoriser des paiements tiers sur l'App Store, conformément à une nouvelle loi qui interdit aux grandes plateformes d'imposer leurs systèmes de paiement.

Boeing (+3,2%) a vu ses livraisons (340 en 2021) et surtout ses commandes nettes (535) rebondir en 2021, après deux années de disette liées à la pandémie et aux déboires de son avion vedette, le 737 MAX. Le groupe n'a pas encore retrouvé les niveaux d'avant ces crises, et reste loin derrière son rival européen Airbus (+0,4%), qui a livré 611 avions l'an dernier, contre un objectif de 600.

Illumina (+17%) a flambé. Le spécialiste américain des sciences de la vie a dévoilé quatre partenariats dans la santé. Le groupe table sur des revenus annuels supérieurs aux attentes de marché, avec la forte demande en produits de séquençage génétique.

Twitter (+1,7%), le réseau social média américain, a pris une participation minoritaire dans la startup de publicité digitale Aleph Group.

Rivian (+2,6%). Le directeur des opérations du fabricant américain de véhicules électriques, Rod Copes, aurait quitté le constructeur à la fin du mois dernier, alors que la compagnie faisait monter en puissance sa production. Une porte-parole du groupe a indiqué au Wall Street Journal que ce départ était prévu depuis des mois. Le groupe aurait d'ailleurs produit plus de 1 000 véhicules avant la fin de l'année 2021.

Merck & Co (-0,8%) précise que son traitement par voie orale contre le covid devrait être efficace contre le variant Omicron et d'autres souches.

Intel (+1,27%), qui avait interdit le mois dernier à ses fournisseurs de s'approvisionner dans le Xinjiang, a supprimé dans sa lettre annuelle aux partenaires toute mention de la région chinoise où Pékin est accusée de mener une politique de répression contre la minorité musulmane des Ouïghours. Par ailleurs, Intel a choisi David Zinsner, actuel directeur financier de Micron (+0,3%), en tant que nouveau directeur financier. Il prendra ses fonctions le 17 janvier.

Vir Biotechnology (+4%). Les USA ont accepté d'acquérir 600 000 doses de plus de son traitement par anticorps contre le covid produit avec le britannique GlaxoSmithKline.

Big Lots (-1,4%). Le bénéfice par action du quatrième trimestre est anticipé entre 1,80 et 1,95$, inférieur au consensus de Wall Street. Le groupe observe un ralentissement du trafic et des ventes depuis le début du mois de janvier, avec Omicron et les conditions météo.

CVS Health (+0,9%) rehausse sa guidance de bénéfice opérationnel ajusté 2021 avec les ventes de détail et la demande en vaccins Covid-19 et en tests. La chaîne pharmaceutique américaine a ainsi relevé ses estimations annuelles de profits.

KKR & Co (+3,4%) solliciterait le fonds souverain d'Arabie saoudite pour soutenir son offre sur Telecom Italia, indique Bloomberg. Citant des personnes connaissant le sujet, l'article rapporte que KKR a approché le fonds d'investissement public saoudien pour évaluer son intérêt à fournir des capitaux pour l'offre, bien que le fonds jouerait un rôle passif dans tout accord. Les sources ajoutent que KKR a également engagé des pourparlers avec d'autres fonds souverains et investisseurs en infrastructures pour soutenir son offre d'acquisition de Telecom Italia. Par ailleurs, le président de TI va réunir le 21 janvier le conseil d'administration du groupe pour nommer un nouvel administrateur délégué, selon une source de Reuters.

Enfin, Qonto, spécialiste de la gestion financière des entreprises, a procédé à une levée de fonds dans laquelle intervient KKR, qui porte sa valorisation à 4,4 milliards d'euros.

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