Cotation du 12/11/2018 à 22h58 Dow Jones Industrial -2,32% 25 387,18
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Clôture de Wall Street : attentisme sur fond de négociations commerciales

Clôture de Wall Street : attentisme sur fond de négociations commerciales
Clôture de Wall Street : attentisme sur fond de négociations commerciales
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La prudence est restée de mise vendredi à la Bourse de New York sur fond de négociations commerciales compliquées entre les Etats-Unis et la Chine, à l'occasion d'une visite de deux jours d'une délégation chinoise de haut rang à Washington. Le dollar a continué de progresser, pesant sur les cours des valeurs exportatrices, tandis que les taux d'intérêts se sont détendus après avoir atteint un plus haut depuis 7 ans, à 3,13% pour le T-Bond à 10 ans... Le pétrole a marqué une pause dans son ascension.

A la clôture, l'indice Dow Jones a fini stable à 24.715 points, tandis que l'indice large S&P 500 a cédé 0,26% à 2.713 pts, et le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, a reculé de 0,38% à 7.354 pts.

Sur l'ensemble de la semaine, les trois indices ont reculé respectivement de 0,4% (DJIA), 0,5% (S&P 500) et 0,6% (Nasdaq composite).

Le dollar a gagné 1,2% sur la semaine, le T-Bond à 10 ans a atteint 3,13%

Sur le marché des changes, le dollar a poursuivi sa progression. L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de six devises de référence (euro, yen, franc suisse, livre sterling, dollar canadien et couronne suédoise) a gagné vendredi 0,22% à 93,67 points, et s'adjuge ainsi 1,2% sur la semaine. Le billet vert est revenu au plus haut depuis la mi-décembre 2017.

De son côté, l'euro a cédé 0,22% à 1,1769$, et a abandonné 1,6% sur la semaine, dans l'attente de la formation d'un gouvernement italien par deux partis populistes, M5S et La Ligue. Leur programme prévoit la fin des mesures d'austérité, mais pas une sortie de l'euro, ce qui a un peu rassuré les marchés en fin de semaine.

Le billet vert a en outre continué de profiter du différentiel de taux d'intérêts en faveur des Etats-Unis, où le rendement des emprunts d'Etat (T-Bonds) à 10 ans a atteint 3,13% vendredi en séance, avant de se replier nettement et de finir à 3,06%, contre 3,11% jeudi soir, et 2,97% vendredi dernier.

Le taux à 10 ans , qui s'établissait autour de 2,4% en début d'année, est désormais remonté au plus haut depuis 7 ans, et offre un rendement élevé qui menace de peser sur l'attractivité des marchés d'actions.

Une nouvelle semaine faste pour le pétrole, les 100$ en vue ?

Or, les anticipations de hausses des taux par la Réserve fédérale se sont accrues ces derniers jours. Selon l'outil FedWatch du CME Group, la probabilité de voir le taux des "fed funds" logé entre 2,25% et 2,50% le 19 décembre (contre 1,50%-1,75% actuellement), à l'issue de la dernière réunion monétaire de l'année, est désormais de 42%. Cette hypothèse signifie que la Fed pourrait encore relever ses taux par trois fois cette année (en plus de la hausse déjà réalisée en mars).

Le pétrole a marqué le pas vendredi, mais il a encore connu une semaine haussière sur fond de retour des sanctions américaines contre l'Iran et de plongeon de la production du Venezuela.

Le baril de brut léger américain WTI a cédé vendredi 0,29% à 71,28$ pour le contrat à terme de juin sur le Nyse, tandis que le Brent reculait de 1% à 78,51$, après avoir franchi les 80$ jeudi. Le WTI a gagné 1% sur la semaine et le Brent a pris 1,9%. Face à un marché mondial désormais plus tendu, certains spécialistes du secteur, dont le patron de Total et les analystes de Bank of America-Merrill Lynch, n'excluent plus une remontée des cours du Brent jusqu'à 100$.

Commerce : des avancées, mais pas d'accord entre la Chine et les Etats-Unis

Les négociations commerciales entamées jeudi à Washington entre les émissaires chinois et les responsables américains se sont poursuivies vendredi, entourées de rumeurs contradictoires. Jeudi, Donald Trump avait indiqué d'emblée à la presse qu'il "doutait" qu'il puisse y avoir un accord avec Pékin. Le président américain avait ajouté que selon lui, "la Chine a été trop gâtée, l'Union européenne a été trop gâtée"...

Vendredi soir, les derniers échos étaient cependant prudemment optimistes du côté américain. Larry Kudlow, conseiller économique de la Maison Blanche, a indiqué que les négociations "se passent bien (...) Ils répondent à plusieurs de nos exigences", tout en soulignant qu'aucun accord n'avait été conclu à ce stade. M. Kudlow a confirmé que Pékin a proposé, comme le souhaitait Washington, de réduire de plus de 200 milliards de dollars son excédent commercial avec les Etats-Unis. Des informations contradictoires avaient circulé à ce sujet pendant la journée.

En attendant l'issue des pourparlers, les autorités chinoises ont fait quelques concessions. D'une part, elles ont indiqué avoir repris leur revue de l'offre de l'Américain Qualcomm sur NXP Semiconductors... D'autre part, la Chine a mis un terme à une mesure antidumping qui touchait le sorgho américain. Les USA sont justement la principale source d'approvisionnement chinoise pour cette céréale. Cette décision est donc considérée comme un geste d'apaisement adressé aux Etats-Unis.

VALEURS A SUIVRE

Applied Materials (-8,2%) a dévoilé ses résultats du second trimestre fiscal. Les bénéfices sont de 1,13 Md$ (1,09$ par action), contre 824 M$ (0,76$ par action) un an avant. Le bpa ajusté ressort à 1,22$, contre 0,79$ sur la même période de l'exercice précédent. Les revenus s'élèvent à 4,57 Mds$, contre 3,55 Mds$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1,14$, pour des revenus de 4,45 Mds$. Sur le trimestre actuel, le groupe vise un bpa logé entre 1,13 et 1,21$, pour des revenus situés entre 4,33 et 4,53 Mds$.

PayPal (+2%) va prendre le contrôle d'iZettle pour un montant de 2,2 milliards de dollars. iZettle, firme suédoise de Stockholm active dans les technologies financières, devrait gérer 6 milliards de dollars de transactions cette année. PayPal, groupe de San Jose scindé d'eBay en 2015, va casser sa tirelire pour cette opération, alors que le Suédois n'envisageait auparavant qu'une valorisation proche d'un milliard de dollars pour son introduction sur Nasdaq Stockholm. La start-up scandinave est déjà présente dans 11 pays. Elle offre aux petites entreprises un 'mini-lecteur' de cartes de crédit. iZettle compte un demi-million de marchands sur sa plateforme et devrait réaliser cette année des revenus de 165 millions de dollars. L'intégration au sein de PayPal devrait lui permettre d'accélérer son expansion à l'international. Il s'agit de la plus importante acquisition de l'histoire de PayPal, qui s'active face à la concurrence de Square.

Nordstrom (-10,9%) a présenté ses résultats du premier trimestre. Les profits sont de 87 M$ (0,51$ par action), contre 63 M$ (0,37$ par action) un an avant. Les ventes s'élèvent à 3,47 Mds$, contre 3,28 Mds$ un an plus tôt. A magasins comparables, les ventes progressent de 0,6%. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,43$, pour des ventes de 3,46 Mds$, et une croissance "comparable" de 1,1%. Sur l'exercice, le groupe vise désormais un bpa compris entre 3,35 et 3,55$ (contre une précédente fourchette de 3,30/3,55$), pour des ventes allant de 15,2 à 15,4 Mds$.

Deere (+5,7%) a publié ses comptes du second trimestre fiscal. Les bénéfices sont de 1,21 Md$ (3,67$ par action), contre 808 M$ (2,50$ par action) un an avant. Le bpa ajusté ressort à 3,14$. Les ventes nettes s'affichent à 9,75 Mds$, contre 7,26 Mds$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 3,30$, pour des ventes de 9,8 Mds$. Le groupe vise une croissance de ses ventes de 35% sur le trimestre actuel et de 30% sur l'exercice, pour un résultat net annuel d'environ 2,3 Mds$.

Campbell Soup (-12,3%). La dirigeante du groupe, Denise Morrison, va quitter ses fonctions après 7 années en tant que CEO. Le groupe alimentaire américain a par ailleurs dévoilé une perte trimestrielle et l'initiation d'une revue stratégique. Morrison sera remplacée à titre intérimaire par Keith McLoughlin. Sur le trimestre fiscal clos fin avril 2018, le groupe a déploré une perte nette pdg de 393 M$ soit 1,31$ par titre, contre un bénéfice de 176 M$ et 58 cents par action un an avant. La perte reflète surtout une charge de 647 M$ liée à la division Campbell Fresh. Les revenus trimestriels ont totalisé 2,13 Mds$, contre 1,85 Md$ un an avant. Enfin, le groupe réduit ses prévisions financières.

Apple (-0,36%) a versé à l'Irlande une première tranche d'arriérés de 1,5 milliard d'euros. La somme a été versée sur un compte séquestre créé afin de recueillir les 13 milliards d'euros d'arriérés d'impôts dont les autorités européennes demandent le règlement. Rappelons qu'en août 2016, l'exécutif européen avait exigé d'Apple le paiement de ces 13 MdsE à l'Irlande, jugeant que les accords fiscaux entre Dublin et le groupe à la pomme constituaient une aide illégale...

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