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Clôture de Wall Street : attentisme face aux incertitudes

Clôture de Wall Street : attentisme face aux incertitudes
Clôture de Wall Street : attentisme face aux incertitudes
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Pour la deuxième séance consécutive, la Bourse de New York a fini jeudi sur une note hésitante, les investisseurs s'interrogeant sur la politique monétaire de la Fed, et sur l'issue des négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. La nouvelle baisse de taux annoncée mercredi par la Fed est jugée positivement, même si la banque centrale reste prudente concernant la suite de l'année. Par ailleurs, les marchés espèrent des avancées positives lors des réunions commerciales prévues jeudi et vendredi à Washington à un niveau intermédiaire. Les marchés ont aussi digéré l'annonce d'une nette révision à la baisse des prévisions de croissance mondiale de l'OCDE, qui ne table plus que sur 2,9% cette année, contre 3,2% précédemment.

Les indices américains ont passé l'essentiel de la séance en légère hausse, avant de flancher en fin de parcours. A la clôture, l'indice Dow Jones a reculé de 0,19% à à 27.094 points, tandis que l'indice large S&P 500 a fini à l'équilibre à 3.006 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologies et biotechnologiques, a grappillé 0,07% à 8.182 pts. Plus tôt en Europe, l'EuroStoxx 50 a fini en hausse de 0,7% et le CAC 40 a progressé de 0,68%, approchant de ses plus haut annuels.

Sur le marchés des changes, l'indice du dollar a cédé du terrain jeudi (-0,22% à 98,35 point) au lendemain de la baisse des taux de la Fed, tandis que l'euro a grimpé de 0,13% à 1,1044$ face au billet vert. Le rendement de l'emprunt d'Etat américain (T-Bond) à 10 ans a peu évolué, cédant 1 point de base à 1,78% suite aux annonces de la Fed.

Les cours du pétrole se sont stabilisés jeudi après 3 séances très volatiles. Certains experts émettent des doutes sur la capacité de l'Arabie saoudite à rétablir sa production aussi vite que prévu après les attaques contre ses installations le week-end dernier. Le brut léger américain WTI a fini stable (+0,03%) à 58,13$ le baril (contrat à terme d'octobre) sur le Nymex (après +14,7% lundi, puis -8% en 48 heures). Le Brent a repris 1,26% à 64,40$, après une hausse de 14,07% lundi et un recul de 8% sur les deux jours suivants.

Mardi, les autorités saoudiennes avaient assuré que la production du royaume serait de retour à la normale avant la fin du mois, écartant la crainte d'un choc pétrolier.

"Léger assouplissement" dans les négociations commerciales

Jeudi, l'attention des marchés s'est à nouveau focalisée sur les négociations commerciales entre Washington et Pékin. Elle reprennent ce jeudi et vendredi au niveau intermédiaire, en vue de poser les bases des discussions au plus haut niveau qui interviendront début octobre à Washington entre les délégations américaine et chinoise.

Une délégation d'une trentaine de responsables chinois, menée par le vice-ministre des Finances Liao Min, doit relancer les négociations jeudi dans les bureaux de l'USTR (U.S. Trade Representative) près de la Maison Blanche. C'est Jeffrey Gerrish de l'USTR qui devrait, selon 'Reuters', mener l'équipe américaine... Les discussions devraient se concentrer sur la question des produits agricoles, afin que la Chine augmente significativement ses achats de soja et d'autres matières premières agricoles venues des Etats-Unis.

Les investisseurs se montrent prudemment optimistes et ont apprécié une déclaration du conseiller économique de la Maison Blanche, Larry Kudlow, qui a déclaré jeudi à la chaîne 'Fox Business' qu'il voyait "un léger assouplissement" dans le climat des discussions.

La Fed divisée, mais prête à agir "si nécessaire"

En matière de politique monétaire, les investisseurs sont restés un peu sur leur faim après la réunion de la Fed de mercredi. La banque centrale a comme prévu ramené le taux des "fed funds" à 1,75%-2% (-0,25 point), la deuxième baisse en autant de mois, face aux risques de ralentissement de la croissance. Toutefois, l'économie américaine continue de bien résister, tant sur le plan de l'emploi que de la consommation, ce qui n'a pas incité la banque centrale à signaler une volonté de réduire ses taux de manière drastique, malgré les pressions très fortes de Donald Trump...

La Fed, dont les membres sont assez divisés sur la marche à suivre, s'est contentée de répéter son engagement à "agir de façon appropriée pour soutenir la croissance" américaine. Son président, Jerome Powell, a tout de même rassuré les marchés en assurant que la Fed se préparait à "être agressive s'il s'avère que c'est nécessaire".

Sur le plan macro-économique, l'OCDE a réduit nettement jeudi sa prévision de croissance du PIB mondial, de 3,2% à 2,9% pour 2019. Et pour 2020, l'institution basée à Paris anticipe désormais 3% au lieu de 3,4%, soit les taux de croissance annuels les plus bas enregistrés depuis la crise financière de 2008.

Dans la zone euro, la croissance est désormais anticipée à 1,1% en 2019 (contre 1,2%) puis à 1% l'an prochain (contre 1,4%). Les prévisions concernant les Etats-Unis sont également fortement réduites avec un PIB maintenant attendu en hausse de 2,4% cette année (contre 2,8%) et de 2% en 2020 (contre 2,3%). A noter que ces prévisions pour les Etat-Unis restent supérieures aux dernières projections médianes de la Fed, qui s'attend pour cette année à une croissance de seulement 2,2% outre-Atlantique, suivi de +2% en 2020.

L'économie américaine continue de résister

Les indicateurs macro-économiques du jour aux Etats-Unis n'ont pas remis en cause le scénario d'une croissance modérée. Les inscriptions hebdomadaires au chômage sont ressorties à 208.000 contre une consensus de 215.000 et après 206.000 pour la semaine antérieure.
L'indice des indicateurs avancés du Conference Board est resté stable en août, en ligne avec les attentes de marché, après une progression de +0,4% en juillet.

Pas de trop mauvaise surprise non plus du côté de l'activité, avec un indice manufacturier de la Fed de Philadelphie un peu supérieur aux attentes en septembre. L'indice est ressorti à 12, contre 11 de consensus de marché et 16,8 un mois avant. Il traduit tout de même un ralentissement de l'expansion, mais ressort légèrement supérieur aux attentes.

Par ailleurs, les reventes de logements existants ont atteint 5,49 millions d'unités en août, mieux que le consensus de 5,38 millions et après 5,42 millions en juillet. Sur un an, les reventes de logements progressent de 2,6% par rapport à août 2018.

Enfin, le déficit de la balance des comptes courants s'est réduite au 2è trimestre, à 128,2 milliards de dollars, contre 125,8 Mds$, mais après 136,2 Mds$ au 1er trimestre (lecture révisée à la hausse).

VALEURS A SUIVRE

Darden Restaurants (-5%). La chaîne américaine de restauration basée à Orlando, connue pour son enseigne Olive Garden, publié jeudi des résultats financiers peu reluisants. Pour le premier trimestre fiscal, le groupe a pourtant dépassé les attentes en matière de profit, mais ses revenus ont en revanche déçu. Un programme de rachat d'actions de 500 millions de dollars a été déclaré. Le bénéfice net s'est établi à 171 millions de dollars soit 1,37$ par titre, contre 166 millions et 1,32$ par action un an plus tôt. Le bénéfice des opérations poursuivies a représenté 1,38$ par titre, contre 1,34$ un an plus tôt et 1,36$ de consensus. Les ventes totales se sont appréciées de 3,5% à 2,13 milliards, contre 2,14 Mds$ de consensus. Olive Garden et LongHorn Steakhouse ne sont pas à blâmer, leurs ventes ayant dépassé les attentes.

Darden maintient ses prévisions pour l'exercice 2020, tablant sur une croissance à comparable de 1-2% et une progression totale de 5,3-6,3% de l'activité.

Microsoft (+1,8%) récompense ses actionnaires, et fait plutôt dans la démesure, à l'image toutefois d'une capitalisation colossale de plus de 1.080 milliards de dollars. Ainsi, le leader mondial des logiciels a annoncé son intention de racheter jusqu'à 40 milliards de dollars de ses propres actions dans le cadre d'un nouveau programme. Microsoft renforce dans le même temps son dividende trimestriel de 5 cents, à 51 cents par titre désormais. L'autorisation de rachat d'actions du groupe ne présente pas de date d'échéance, et pourrait être clôturée à tout moment pour le géant de Redmond. Le précédent plan se chiffrait également à 40 milliards de dollars, et avait été dévoilé en septembre 2016. Le dividende trimestriel déclaré est en progression de 11%.

Durant le quatrième trimestre de l'exercice fiscal 2019, le groupe avait 'rendu' 7,7 milliards de dollars à ses heureux actionnaires par dividendes et achats d'actions.

U.S. Steel (-11%). Le groupe sidérurgique table sur une perte plus importante que prévu pour le troisième trimestre. La direction envisage maintenant une perte trimestrielle par action de 35 cents, alors que le consensus de Wall Street était de -10 cents. Le trimestre comprend des charges de 53 millions de dollars liées à un incendie sur l'une des usines du groupe et à des frais de restructurations. Le groupe évoque par ailleurs une demande défaillante.

Target (+0,8%), le détaillant discount américain, a gagné du terrain, le groupe ayant annoncé un nouveau programme de rachats d'actions pour un montant total de cinq milliards de dollars.

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