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Clôture de Wall Street : attentisme avant les annonces de Joe Biden

Clôture de Wall Street : attentisme avant les annonces de Joe Biden
Clôture de Wall Street : attentisme avant les annonces de Joe Biden
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a fini en légère baisse, jeudi, quelques heures avant l'annonce par le président-élu Joe Biden d'un vaste plan de soutien de l'économie américaine face à la crise du coronavirus. Les médias évoquent un montant de 2.000 milliards de dollars, qui s'ajouteraient au plan de 900 Mds$ adopté fin décembre. De son côté, le président de la Fed, Jerome Powell, a assuré que la banque centrale américaine n'est pas près de réduire son soutien aux marchés. Sur le marché de l'emploi US, les inscriptions au chômage se sont envolées la semaine dernière, frôlant le million sur fond de résurgence de l'épidémie de Covid-19.

A la clôture, l'indice Dow Jones a cédé 0,22% à 30.991 points, tandis que l'indice large S&P 500 a baissé de 0,38% à 3.795 pts, et que l'indice Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a fléchi de 0,12% à 13.112 pts. Les trois indices évoluent cependant à moins de 1% de leurs records historiques du 8 janvier.

Un plan de "milliers de milliards de dollars"

Joe Biden, qui doit s'exprimer à partir de 19h15 heure de Washington (01h15 vendredi matin en France) devrait annoncer un plan de relance de 2.000 milliards de dollars, selon la chaîne américaine 'CNN'. Ce montant très élevé est cependant en-deçà des rumeurs précédentes, qui évoquaient jusqu'à 3.000 Mds$ d'aide. Joe Biden avait évoqué la semaine dernière un soutien se chiffrant en "milliers de milliards de dollars" sans plus de précisions.

Selon l'équipe de transition de Biden, le plan comprendra des mesures de financement de la distribution des vaccins contre le Covid-19, des indemnités de chômage, des aides aux Etats et aux municipalités, ainsi qu'une aide directe aux Américains. Un chèque supplémentaire de 1.400$ par personne adulte est ainsi évoqué, qui se cumulerait avec celui de 600$ inclus dans le plan de 900 Mds$ adopté avant Noël.

Le Congrès occupé par le projet de destitution de Trump

La future administration Biden, qui prendra officiellement ses fonctions le 20 janvier, entend demander au Congrès (dont les deux chambres sont désormais contrôlées par les Démocrates) de voter ce "package" en priorité. L'équipe de transition de Joe Biden a notamment demandé au Sénat de s'assurer que le processus de destitution de Donald Trump ne retarde pas l'examen du plan de stimulus budgétaire.

Mercredi soir, la Chambre de représentants a adopté le texte destituant le président sortant pour avoir incité ses partisans à causer les émeutes au Capitole le 6 janvier dernier. Le texte doit encore être approuvé au Sénat, où la majorité des deux-tiers est requise, ce qui pourrait être difficile, même si plusieurs sénateurs républicains ont indiqué qu'il voteraient en faveur de l'"impeachment" de Donald Trump.

Pour Jerome Powell, ce n'est pas le moment de parler de "tapering"

Sur le marché américain de la dette souveraine, les taux longs sont remontés jeudi dans l'attente du plan Biden, synonyme de hausse de la dette publique et de remontée de l'inflation. Le rendement du T-Bond à 10 ans a gagné jeudi 3 points de base à 1,11%, après atteint mardi en séance jusqu'à 1,18%, au plus haut depuis mars 2020. Ce taux, qui a commencé l'année à 0,9% s'est enflammé dans la perspective du nouveau plan de stimulus fiscal de l'administration Biden, qui pourrait stimuler l'inflation, et amener la Fed à réduire ses achats de titres ("tapering").

Jeudi toutefois, le président de la Fed Jerome Powell s'est voulu rassurant sur ce dernier point, assurant que la banque centrale américaine préviendrait "très en avance"les marchés lorsqu'elle déciderait de réduire ses achats d'obligations d'Etat et de titres adossées à des prêts hypothécaires (MBS). La question du "tapering" n'est actuellement pas d'actualité, a affirmé M. Powell, ajoutant que la Fed attendra d'avoir des "preuves claires" de progrès en matière d'emploi et d'objectifs d'inflation avant de réduire son soutien.

L'inflation accélère en décembre, l'emploi souffre encore

Sur le front de l'inflation, l'indice des prix à la consommation, publié mercredi, a progressé de 0,4% en décembre sur un mois, après +0,2% en novembre. Sur un an, les prix ont augmenté de 1,4% en glissement annuel, ce qui reste très inférieur à l'objectif de 2% de la Réserve fédérale américaine.

Les prix à l'importation en décembre, publiés jeudi, ont augmenté de 0,9% sur un mois, après +0,1% en novembre, et reculent encore de 0,3% en glissement annuel. Les prix à l'export ont, de leur côté, progressé de 1,1% sur un mois et avancent de 0,2% sur un an.

Quant au marché de l'emploi, il reste très affecté par la nouvelle vague de Covid-19, qui a entraîné en décembre 140.000 suppression d'emplois, la première baisse après 5 mois de redressement. Les chiffres hebdomadaires, publié ce jeudi, ont confirmé ces difficultés : les inscriptions au chômage sont reparties en forte hausse pour la semaine close au 9 janvier, à près d'un million (965.000), en hausse de 181.000 par rapport à la la semaine antérieure. Les demandes sont ainsi remontées au plus haut depuis le mois d'août et sont nettement plus élevées qu'attendu, puisque le consensus était positionné à 789.000.

Près de 2 millions de morts du Covid-19 dans le monde

Sur le front sanitaire, la campagne de vaccination contre le coronavirus se poursuit en Europe et aux Etats-Unis, une course contre la montre alors que le nombre de cas continue de grimper, notamment sous l'effet de la diffusion des nouveaux variants du virus. Jeudi, la France a annoncé un couvre-feu à 18h sur tout son territoire et des contrôles accrus aux frontières, tandis que la Chine a fait état de son premier mort du Covid-19 depuis le mois d'avril...

Le nombre de décès du coronavirus dépasse désormais 1,98 million dans le monde, dont plus de 386.000 aux Etats-Unis, le pays le plus endeuillé par la pandémie. Mardi a été la journée la plus meurtrière aux Etats-Unis avec 4.400 décès du Covid-19, puis 3.922 morts mercredi, selon les données compilées par le 'New York Times'.

Depuis le début de la campagne de vaccination, plus de 10,3 millions d'Américains ont reçu la première injection de vaccin, et 29,3 millions de doses ont été mises sur le marché, des chiffres impressionnants, mais qui sont inférieurs aux prévisions initiales des autorités américaines.

Le pétrole au plus haut depuis février 2020

Les marchés pétroliers sont repartis en hausse, après leur pause mercredi, dans l'anticipation du plan de relance américain. Le brut léger américain WTI a gagné jeudi 1,3% à 53,57$ le baril (contrat à terme de février sur le Nymex), au plus haut depuis le 20 février dernier avant la crise du Covid-19. Le Brent de la Mer du Nord d'échéance mars a pris 0,6% à 56,42$.

Victime de la hausse des taux, qui le rend moins attractif vis-à-vis des obligations, l'or a légèrement reculé jeudi, cédant 0,2% à 1.851,40$ pour le contrat à terme de février sur le Comex. Le Bitcoin est remonté, bondissant de plus de 13% en 24h, pour s'installer autour de 39.700$ jeudi soir.

L'indice du dollar a cédé 0,17% à 90,20 points, tandis que l'euro est resté quasi-stable à 1,2161$. Le billet vert a rebondi de plus de 1% depuis son plus bas du 6 janvier en séance, profitant des anticipations de taux et d'inflation plus élevés à l'avenir, à la faveur de la reprise économique attendue.

VALEURS A SUIVRE

La saison des publications financières trimestrielles a débuté dans le calme à Wall Street ce jeudi, avec les annonces de Delta Air Lines et BlackRock. La journée de vendredi sera marquée par les annonces bancaires, avec JP Morgan Chase, Citigroup, Wells Fargo et PNC Financial Services.

BlackRock (-4,6%) a fléchi malgré la publication de trimestriels supérieurs aux attentes. Le groupe aux 8.700 milliards de dollars d'actifs sous gestion a annoncé pour son quatrième trimestre un bénéfice net de 1,55 milliard de dollars et 10,02$ par titre, contre 1,3 milliard un an auparavant. Le CEO évoque une demande record des clients pour des stratégies d'investissement actives et alternatives. Le bénéfice ajusté par action a représenté 10,18$, contre 8,34$ un an avant et 9,14$ de consensus. Les revenus se sont améliorés de 13% à 4,48 milliards. Les entrées de capitaux ont totalisé 127 milliards.

Delta Air Lines (+2,5%) a bouclé l'année 2020 sur une perte nette de 12,4 milliards de dollars, son premier résultat négatif depuis 2009. Sur le quatrième trimestre, le partenaire d'Air France-KLM a essuyé un déficit de 755 M$ ou 1,19$ par action pour des revenus en chute de 65% à 3,97 Mds$. La perte ajustée par titre ressort à 2,53$ contre 2,51$ de consensus. La compagnie a brûlé en moyenne 12 M$ de cash par jour sur la période contre une prévision d'au moins 14 M$. Elle table encore sur 10 à 15 M$ sur le trimestre en cours mais espère arrêter l'hémorragie au printemps. Delta a enregistré 1 Md$ de charges liées au Covid-19 au cours des trois derniers mois de l'année, bien que le total des dépenses d'exploitation ajustées ait diminué de 4,6 milliards de dollars, soit 47%.

Delta, qui a réussi à éviter les licenciements secs, a toutefois souligné que près de 18.000 employés, soit 20% de ses effectifs, avaient décidé de quitter l'entreprise en 2020. La firme n'a pas l'intention de procéder à des licenciements lorsque le deuxième cycle d'aide gouvernementale aux compagnies aériennes prendra fin en mars. Elle prévoit en revanche de retirer près de 400 avions d'ici 2025 afin de simplifier sa flotte en la ramenant à neuf familles d'appareils.

Twitter (-3%). Le PDG du réseau social média, Jack Dorsey, a justifié hier mercredi sur Twitter le bannissement du compte du président américain Donald Trump après les violences du Capitole à Washington la semaine dernière. Selon lui, il s'agissait bien de la "bonne décision" du fait des risques de violences. Dorsey admet toutefois que cela constitue un dangereux précédent, et que le réseau social doit se remettre par ailleurs en question du point de vue de la modération.

Snap (-8,1%), la maison-mère de Snapchat, vient de fermer à titre définitif le compte de Trump. Ce compte avait été simplement suspendu la semaine dernière suite à l'assaut sur le Capitole.

Google (Alphabet à -0,8%) a enfin finalisé son acquisition de Fitbit pour 2 milliard de dollars, soit 7,35$ par titre. L'opération avait été initialement annoncée... en novembre 2019, mais avait été retardée par les obstacles des autorités de régulation, en particulier en Europe. Le régulateur européen a finalement donné son feu vert après l'obtention de garanties de Google relatives aux données privées.

Johnson & Johnson (+1,7%) se dit bien parti pour déployer au mois de mars son vaccin à dose unique, avec pour objectif le milliard de doses livrées dans l'année. Le groupe prévoit de disposer de données claires sur l'efficacité du vaccin en février. Des résultats intermédiaires d'une étude publiés par le 'New England Journal of Medicine' indiquent que 90% des participants ont développé une réponse immunitaire 29 jours après l'administration du vaccin et pendant au moins 71 jours.

Tesla Motors (-1,1%). L'autorité nationale américaine de sécurité routière, la NHTSA, a demandé au groupe d'Elon Musk de rappeler 158.000 véhicules Model S et X du fait de défauts d'écran tactile pouvant entraîner des risques pour la sécurité.

Nordstrom (+1,1%), chaîne américaine de grands magasins, a déploré pour la période des fêtes (novembre-décembre) une chute de ses revenus de 22%.

Alibaba (+3,2%) poursuit sa remontée. Selon l'agence Reuters, l'administration Trump a abandonné son projet d'ajouter le groupe, ainsi que le moteur de recherche Baidu et le géant Tencent, à sa liste noire des compagnies chinoises aux liens militaires supposés.

Cisco (-0,46%) a conclu un nouvel accord, majoré, pour le rachat d'Acacia Communications (+31,4%!). Le nouveau 'deal' affiche une valeur de 4,5 milliards de dollars. L'Américain déboursera ainsi 115$ par titre Acacia, mettant fin à des mois de suspense autour de cette acquisition. L'accord initial avait été approuvé par les USA, l'Allemagne et l'Autriche, mais la Chine n'avait pas validé l'opération.

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