Cotation du 13/09/2019 à 22h56 Dow Jones Industrial +0,14% 27 219,52
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Clôture de Wall Street : Apple, la Chine et Trump galvanisent la cote

Clôture de Wall Street : Apple, la Chine et Trump galvanisent la cote
Clôture de Wall Street : Apple, la Chine et Trump galvanisent la cote
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après un début de semaine en ordre dispersé, Wall Street a repris le chemin de la hausse mercredi, sous l'effet d'un rebond des valeurs technologiques, à commencer par Apple (+3,18%), qui a franchi les 1.000 milliards de dollars de capitalisation boursière. Par ailleurs, les attentes de baisses de taux se renforcent vis-à-vis de la Fed, une nouvelle fois attaquée par Donald Trump, qui a exigé des taux ramenés à zéro, voire négatifs... Le pétrole a baissé pour la 2è séance consécutive, le limogeage de John Bolton comme conseiller à la sécurité nationale préfigurant selon les marchés une position plus conciliante des Etats-Unis envers l'Iran.

A la clôture, la clôture, l'indice Dow Jones a gagné 0,85% à 27.137 points, notamment grâce à Apple, qui a annoncé mardi soir des prix jugés très compétitifs par rapport à la concurrence, tant pour son nouvel iPhone 11 que pour ses services de vidéo en streaming. L'indice large S&P 500 a progressé de 0,72% à 3.000 pts et le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologies et biotechnologiques, a bondi de 1,06% à 8.169 pts.

Pékin fait des concessions sur certains droits de douane

La Chine a aussi contribué à détendre l'atmosphère sur les marchés mondiaux en annonçant mercredi qu'elle exonérerait un certain nombre de produits américains des nouveaux droits de douane majorés. Pékin a ainsi publié une liste couvrent seize catégories de produits allant des pesticides aux lubrifiants en passant par certains produits pharmaceutiques.

Ces exemptions seront valables à partir du 17 septembre pour une durée d'un an. Ce geste conciliant de Pékin relance l'espoir d'un possible accord commercial lors de la prochaine rencontre à haut niveau prévue début octobre à Washington.

Des attentes (trop ?) fortes vis-à-vis de la BCE

Sur le marché des changes, l'indice du dollar, qui mesure les fluctuations du billet vert face à un panier de six devises de référence, a rebondi mercredi de 0,3% à 98,64 points, tandis que l'euro a lâché 0,28% à 1,1012$ à la veille d'une réunion très attendue de la BCE. La livre sterling a cédé 0,23% à 1,2322$ : le Premier ministre britannique Boris Johnson a confirmé qu'il ne demanderait pas de nouveau report du Brexit, malgré la promulgation d'une loi le contraignant à demander un délai jusqu'au 31 janvier 2020 si aucun accord n'est trouvé d'ici au 31 octobre

Certains analystes craignent que les marchés ne soient trop optimistes vis-à-vis de la banque banque centrale européenne. S'il paraît acquis que la BCE abaissera jeudi son taux de dépôt, qui pourrait passer de -0,4% à -0,5%, assorti d'un système de paliers pour ne pas trop pénaliser les banques, la question de la reprise du programme de rachat d'actifs ("QE") est plus incertaine. Ce sujet ne fait pas l'unanimité au sein des membres du conseil de la BCE, l'Allemagne y étant notamment opposée. En cas d'absence d'annonce sur cette question du "QE", les marchés pourraient réagir négativement, selon les experts.

Donald Trump se déchaîne contre les "crétins" de la Fed

Aux Etats-Unis, où la Fed se réunira la semaine prochaine, les 17 et 18 septembre, Donald Trump a lancé mercredi une nouvelle offensive pour forcer la banque centrale à baisser fortement ses taux directeurs.

"La Réserve Fédérale devrait ramener nos taux d'intérêt à ZÉRO ou moins, et nous devrions ensuite commencer à refinancer notre dette", a ainsi tweeté le président américain. Soulignant une nouvelle fois la faiblesse de l'inflation, il a fustigé "la naïveté de Jay Powell et de la Réserve Fédérale qui ne nous permet pas de faire ce que d'autres pays font déjà. L'opportunité d'une vie que nous ratons à cause de 'crétins'", a-t-il conclu...

Pour l'instant, les marchés financiers ont intégré deux ou trois baisses de taux des "fed funds" d'ici à la fin de l'année, ce qui le ramènerait entre 1,25% et 1,50% (contre 2% à 2,25% actuellement). L'outil Fedwatch du CME Group indique mercredi soir une probabilité de 88,8% pour une baisse d'un quart de point, ce qui ferait revenir le taux des "fed funds" entre 1,75% et 2%.

Vendredi dernier, le président de la Fed, Jerome Powell, avait indiqué que la banque centrale ne prévoyait pas de récession aux Etats-Unis, mais que l'économie américaine faisait face à des risques baissiers "significatifs". Il a assuré que la Fed continuera à agir de manière appropriée pour soutenir la croissance de l'économie américaine, et a répété que les banquiers centraux ne tenaient aucun compte de la politique pour déterminer la politique monétaire.

Le pétrole rechute, détente envisagée entre Washington et Téhéran

Sur les marchés obligataires, le rendement du T-Bond à 10 ans est resté presque stable mercredi à 1,74% (+1 points de base). Il reste cependant proche de son plus bas niveau depuis la mi-2016, après son plongeon de l'été, lié aux craintes d'une récession provoquée par la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. En Europe, le Bund allemand à 10 ans a cédé 1 point de base à -0,57%, proche de son plus bas historique. Le taux italien à 10 ans s'est détendu de 5 pdb à 0,97% après le feu vert du Sénat au nouveau gouvernement de Giuseppe Conte, formé d'une coalition entre Parti démocrate et le Mouvement 5 étoiles.

Le pétrole est resté sous pression mercredi, malgré l'annonce d'une nouvelle baisse des stocks hebdomadaires de brut aux Etats-Unis. Le cours du brut léger américain WTI a cédé 2,87% à 55,84$ le baril (contrat à terme d'octobre), tandis que le Brent a chuté de 2,52% à 60,81$ le baril.

Le brut a pâti du limogeage par Donald Trump de son conseiller à la Sécurité nationale John Bolton. Le départ de ce "faucon" a entraîné des rumeurs selon lesquelles Donald Trump pourrait alléger les sanctions contre l'Iran et entamer des négociations avec Téhéran. Selon l'agence 'Bloomberg', Trump préparerait même une rencontre avec le président iranien Rohani avant la fin septembre.

Autre facteur négatif pour le pétrole : l'Agence d'Information sur l'Energie américaine (EIA) et l'Opep ont toutes deux revu en baisse, respectivement mardi et mercredi, leurs prévisions de croissance de la demande mondiale de pétrole brut pour cette année et 2020.

L'or a stoppé sa chute mercredi, après 4 séances de baisse. Le métal jaune a ainsi repris 0,3% à 1.503,20$ l'once (contrat à terme de décembre sur le Comex), après avoir corrigé d'environ 3,5% ces derniers jours, et après avoir profité pendant l'été d'un effet de valeur-refuge.

VALEURS A SUIVRE

Apple a bondi de 3,18% à 223,59$, et sa capitalisation boursière a franchi le seuil symbolique des 1.000 milliards de dollars à la clôture, dans le sillage des annonces de produits et services faites mardi soir lors de la "keynote" du géant des smartphones, organisée à son siège de Cupertino, en Californie.

Le directeur général de la firme à la pomme, Tim Cook, a présenté la gamme d'iPhones 11, la dernière génération de smartphones d'Apple, dont les prix démarrent en dessous des attentes des analystes financiers. La firme à la pomme a aussi détaillé son nouveau service de vidéo en streaming AppleTV+. Il sera disponible à partir du 1er novembre, pour 4,99$ par mois, un prix défiant toute concurrence. De nombreux analystes financiers ont apprécié le nouveau positionnement prix d'Apple et ont relevé mercredi leurs objectifs de cours sur la valeur.

En revanche, le cours de Netflix (+0,1%), qui propose ses services de vidéo à 13$ par mois, a sous-performé le marché mercredi, après avoir déjà perdu plus de 2% mardi. Walt Disney (13$ par mois aussi) a gagné un petit 0,29% mercredi après une perte de 2,2% la veille et Amazon (9$ par mois pour le service Prime Video) n'a grappillé que 0,1% (après -0,6% mardi).

GameStop (-9,8%) a plongé après une grosse déception sur ses comptes du 2è trimestre et ses prévisions pour l'exercice en cours. Le distributeur américain de jeux vidéo et de matériel électronique, concurrencé par les jeux en ligne, a publié une perte nette de 415 millions de dollars pour son 2ème trimestre fiscal (4,15$ par action). Les ventes ont plafonné à 1,29 milliard de dollars, en baisse par rapport à la même période de 2018 (1,65 Md$) et inférieures au consensus de 1,34 Md$. Même hors éléments exceptionnels, Gamestop n'a pas atteint les objectifs attendus par le consensus, avec une perte nette ajustée de 32 cents par action, contre -10 cents un an plus tôt, et -18 cents pour le consensus Factset.

La suite de l'exercice ne se présente en outre pas sous de meilleurs auspices. GameStop dit ainsi s'attendre à un résultat net ajusté de 1,15$ à 1,30$ par action sur l'ensemble de l'exercice, alors que les analystes s'attendaient jusqu'ici à 1,61$ par action.

General Electric (+2,4%) entend lever jusqu'à 3 milliards de dollars en cédant des parts de sa filiale Baker Hughes (-7,5%), ce qui ramènerait la participation du conglomérat industriel et financier à moins de 50% de la firme parapétrolière de Houston. GE possédait un peu plus de 50% du capital de Baker Hughes à fin juin 2019. GE vient d'être attaqué par un lanceur d'alerte, Harry Markopolos, qui avait prévenu du scandale Madoff, et compare le groupe industriel à Enron ou Worldcom, deux des faillites frauduleuses les plus tristement célèbres aux USA. Markopolos a notamment accusé GE de ne pas comptabiliser de manière correcte Baker Hughes dans ses états financiers.

GE va vendre jusqu'à 120,75 millions de titres Baker Hughes de catégorie A via une offre secondaire, alors que 'Baker' va racheter à General Electric pour 250 millions de dollars de titres de catégorie B dans le cadre d'une transaction privée. Une fois l'opération finalisée, GE pourrait 'déconsolider' Baker Hughes, dont il détiendra moins de 50%.

Lexicon Pharmaceuticals (+27,9%) a flambé. Il faut dire que le Français Sanofi va verser 260 millions de dollars au groupe américain pour mettre un terme à leur partenariat dans le développement du médicament contre le diabète Zynquista. Le dédommagement est assez colossal, puisque l'Américain capitalisait moins de 183 millions de dollars à Wall Street avant cette nouvelle.

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