Cotation du 25/11/2020 à 23h33 Dow Jones Industrial -0,58% 29 872,47
  • DJIND - US2605661048

Clôture de Wall Street : 4e hausse, en attendant le prochain président

Clôture de Wall Street : 4e hausse, en attendant le prochain président
Clôture de Wall Street : 4e hausse, en attendant le prochain président
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a signé jeudi sa 4e séance de hausse d'affilée, alors que le décompte des voix se poursuit aux Etats-Unis pour départager Joe Biden et Donald Trump dans la bataille pour la Maison Blanche. Joe Biden est en avance selon les résultats partiels, mais Donald Trump a d'ores et déjà engagé de nombreuses procédures de contestation judiciaire. Dans ce contexte particulier, la Fed a maintenu jeudi soir le statu quo sur sa politique monétaire, tout en se montrant prête à agir davantage si nécessaire, pour contrer les dégâts économiques de la crise sanitaire.

A la clôture, l'indice Dow Jones a grimpé de 1,95% à 28.390 points (après un gain de 5% de lundi à mercredi), tandis que l'indice large S&P 500 a bondi de 1,95% à 3.510 pts (après +5,2% sur 3 séances), et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a gagné 2,59% à 11.890 pts (après +6,7% sur 3 séances). Plus tôt, en Europe, l'EuroStoxx 50 avait gagné 1,72% et le CAC 40 avait fini en hausse de 1,24%.

En 4 séances, Wall Street a plus que comblé ses pertes de la semaine dernière, lorsque le DJIA avait chuté de 6,5%, le S&P 500 de 5,6% et le Nasdaq de 5,5%. Quel que soit le nom du prochain président américain, les marchés saluent la perspective d'un Congrès divisé à Washington, avec un Sénat qui resterait contrôlé par les Républicains, minimisant les risques de réformes anti-marché en cas de victoire de Joe Biden.

La totalité des 11 indices sectoriels du S&P 500 ont progressé jeudi, à commencer par les matériaux de base (+4%), les technologiques (+3,1%), les financières (+2,4%) et les industrielles (+2,3%).

Pas de "vague bleue" au Congrès, bonne nouvelle pour la Bourse

Le dollar a accéléré son recul face aux principales devises mondiales, victime de l'appétit du risque qui pousse les investisseurs vers les marchés d'actions. Le billet vert avait à l'inverse progressé dans les semaines précédant l'élection aux Etats-Unis, faisant office de valeur refuge. L'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises) a cédé 0,87% à 92,59 points, proche de ses plus bas niveaux depuis deux ans, tandis que l'euro pointe à 1,1827$ (+0,90%).

Au-delà de l'élection présidentielle, les marchés saluent le résultat attendu des législatives, qui n'ont pas donné lieu à une "vague bleue" démocrate prévue par certains sondeurs et redoutée par les investisseurs. Le Congrès devrait ainsi rester divisé entre les Démocrates, qui garderaient le contrôle de la Chambre des représentants, et les Républicains qui maintiendraient leur majorité au Sénat.

Une telle situation est considérée comme favorable aux marchés financiers, car elle diminue le risque de hausses d'impôts et de changements réglementaires majeurs prévus par Joe Biden, et qui affecteraient en priorité les valeurs technologiques et les valeurs de la santé.

L'issue de la présidentielle suspendue à quelques Etats pivot

Jeudi soir, le décompte des bulletins de l'élection présidentielle donnait une avance à Joe Biden, qui recueille jusqu'ici 243 voix du collège électoral contre 214 à Donald Trump, selon les dernières projections de l'institut Edison Research. D'autres projections faites par 'CNN' donnent 253 voix à Biden, en l'estimant vainqueur dans le Wisconsin, ou 99% des bulletins ont été comptés.

Rappelons que pour remporter l'élection, il faut obtenir au moins 270 voix de grands électeurs, cette barre constituant la majorité du collège électoral, qui élira officiellement le 46e président des Etats-Unis le 14 décembre prochain.

Le résultat final dépendra de quelques Etats pivot, où les bulletins sont encore en train d'être dépouillés, dont la Pennsylvanie (20 voix), la Géorgie (16 voix), la Caroline du Nord (15 voix), le Nevada (6 voix), l'Arizona (11 voix) et l'Alaska (3 voix). Les deux candidats sont pour l'instant au coude à coude dans ces Etats, où le décompte pourrait prendre encore des heures, voire plusieurs jours pour certains.

Donald Trump, qui dénonce depuis des semaines l'intégrité du scrutin en raison du nombre élevé de votes par correspondance, a une nouvelle fois dénoncé jeudi des fraudes, sans en apporter la preuve.
Il a multiplié les recours en justice et a réclamé un nouveau décompte des voix dans au moins un Etat, le Wisconsin (qui apporte 10 voix de grands électeurs).

La Fed maintient sa politique ultra-accommodante

En attendant l'issue de l'élection présidentielle, les marchés ont suivi jeudi les annonces de la Réserve fédérale, qui n'a pas annoncé à ce stade de mesures d'assouplissement supplémentaires face à la crise du Covid-19. Comme attendu par les économistes, la banque centrale n'a modifié ni ses taux d'intérêts directeurs (qui restent proches de zéro), ni ses programmes de rachat d'actifs (plus de 120 Mds$ par mois) mis en place depuis le printemps pour lutter contre les effets de la crise du coronavirus.

La Fed a répété qu'elle se tenait prête à renforcer son soutien à l'économie si nécessaire, en "utilisant toute la gamme de ses outils pour soutenir l'économie américaine en ces temps difficiles". Son président, Jerome Powell, a déclaré lors da sa conférence de presse que la reprise de l'économie américaine avait ralenti à l'automne, après avoir profité dans un premier temps du soutien de la politique budgétaire et de la réouverture d'une partie des entreprises.

"Le rebond global des dépenses des ménages résulte en partie des aides financières et de l'augmentation des indemnités chômage, qui ont apporté un soutien essentiel à de nombreux individus et familles", a-t-il ajouté en ajoutant que la récente résurgence des cas de Covid-19 était "particulièrement préoccupante". "Une reprise économique complète est improbable tant que les gens n'auront pas confiance dans la possibilité de reprendre en sécurité un large éventail d'activités", a poursuivi Jerome Powell.

Le marché de l'emploi US donne des signes de faiblesse

Si la reprise économique se poursuit de façon assez solide aux Etats-Unis cet automne, la résurgence de l'épidémie de coronavirus et la fin des mesures de soutien budgétaire mises en place depuis mars pourraient entraîner un essoufflement, d'autant que l'adoption d'un nouveau plan de soutien n'a jusqu'ici pas été possible faute d'accord bipartisan au Congrès américain...

Les investisseurs attendent avec impatience les chiffres de l'emploi aux Etats-Unis en octobre, qui seront publiés vendredi. Le consensus table sur 600.000 créations de postes non-agricoles et sur un taux de chômage de 7,7%. En attendant le rapport officiel, l'enquête ADP sur le secteur privé a été décevante, en faisant état mercredi de 365.000 créations de postes dans le privé le mois dernier, alors que le consensus était logé à 650.000.

Les inscriptions hebdomadaires au chômage, publiées jeudi, ont baissé moins que prévu, ressortant à 751.000, en retrait de seulement 7.000 par rapport à la semaine antérieure, alors que le consensus était positionné à 735.000 inscriptions. La moyenne à quatre semaines s'établit à 787.000, en repli de 4.000, mais elle reste très supérieure à ce qu'elle était avant la crise du coronavirus.

Le dernier rapport de Challenger, publié jeudi, a fait état de 80.666 annonces de licenciements de la part des entreprises américaines en octobre, en nette baisse par rapport à septembre (118.804 suppressions d'emplois). Enfin, la productivité non-agricole a grimpé de 4,9% au 3e trimestre (consensus au rythme de +5%), après une progression de 10,1% sur le trimestre antérieur. Les coûts unitaires du travail ont décliné de 8,9% au 3e trimestre.

VALEURS A SUIVRE

Expedia (+4,6%) a battu le consensus sur le trimestre clos avec la reprise des dépenses de voyages. Les revenus ont chuté de 58% en glissement annuel à 1,5 milliard de dollars, mais le voyagiste en ligne de Seattle fait mieux que le consensus, qui se situait à 1,39 milliard de dollars. Les réservations brutes ont corrigé de 68% à 8,6 milliards de dollars. Le groupe, qui avait retiré sa guidance annuelle en mars du fait de la pandémie, a dégagé sur le trimestre un Ebitda ajusté de 304 millions de dollars, en retrait de 67%, pour un déficit par action de 22 cents sur une base ajustée. Le consensus était de 84 cents de perte par action.

Aphria (+9,8%) annonce l'acquisition du brasseur artisanal SweetWater Brewing pour 300 millions de dollars, étendant son activité américaine afin de devenir le premier producteur de cannabis à entrer sur le marché des boissons alcoolisées.

Qualcomm (+12,7%) table sur des revenus supérieurs aux attentes, avec la croissance des ventes de smartphones compatibles 5G qui pourraient atteindre plus d'un demi-milliard d'unités l'année prochaine. Le concepteur de puces devrait donc flamber ce jour à Wall Street. Hier soir, après la clôture, Qualcomm a annoncé pour le trimestre de septembre des revenus de 6,5 Mds$ en croissance de 35%, pour un bénéfice ajusté par action en vive hausse de 86% à 1,45$. Sur le trimestre de décembre, le groupe envisage des revenus allant de 7,8 à 8,6 milliards de dollars, pour un bpa ajusté allant de 1,95 à 2,15$. Le consensus était de 7,14 milliards de revenus et 1,69$ de bpa. La guidance implique une progression de 62% des ventes et un doublement du bénéfice.

Alibaba (-2,6%), le géant chinois du e-commerce, qui a récemment souffert du report de l'IPO d'Ant Group, a annoncé ce jour pour le trimestre clos un bénéfice supérieur aux attentes. Les revenus sont ressortis en vive croissance de 30% en glissement annuel sur le second trimestre fiscal, avec la consommation chinoise, à 22,84 milliards de dollars, en ligne avec le consensus de marché. Le bénéfice net trimestriel a représenté 28,8 milliards de yuans, 10,48 yuans par ADS, contre 72,54 milliards un an avant. Sur une base ajustée, le bpa est ressorti à 17,97 yuans par titre, contre un consensus FactSet de 13,82 yuans. Alibaba revendique 757 millions d'utilisateurs actifs annuels.

General Motors (+5,3%). Le bénéfice ajusté trimestriel par action du constructeur automobile de Detroit est ressorti à 2,83$, contre 1,45$ de consensus. Les revenus ont totalisé 35,5 milliards de dollars, contre 35 milliards de consensus de marché. GM a délivré un bénéfice de 4 milliards de dollars sur la période et un Ebit ajusté de 5,3 milliards de dollars. Le bpa dilué hors ajustement s'est élevé à 2,78$. La marge ajustée d'Ebit est ressortie à 14,9%. La liquidité automobile en fin de période s'établit à 37,8 milliards de dollars. Le cash flow opérationnel automobile a atteint 9,9 Mds$.

Bristol-Myers Squibb (-2,5%) a annoncé un bénéfice du troisième trimestre meilleur que prévu, les revenus de la plupart de ses médicaments les plus populaires ayant dépassé les prévisions avec la reprise des soins médicaux reportés durant la pandémie. Le groupe se permet ainsi de doper ses prévisions 2020. Pour le troisième trimestre, le laboratoire a annoncé un bpa ajusté de 1,63$ en croissance de 39%, contre 1,49$ de consensus. Les revenus se sont envolés de 75% à 10,54 milliards de dollars, avec l'impact de l'acquisition de 74 milliards de dollars de Celgene l'an dernier. Pour l'exercice fiscal, le groupe table maintenant sur un bpa allant de 6,25$ à 6,35$ en base ajustée, et des revenus logés entre 41,5 et 42 milliards de dollars.

Regeneron (+0,28%) a battu le consensus de bénéfice sur son troisième trimestre, alors que l'assouplissement des mesures de confinement a notamment stimulé la demande pour son traitement oculaire Eylea. Sur la période trimestrielle écoulée, le laboratoire a réalisé un bénéfice de 961 millions de dollars et 8,36$ par titre, conter 762 millions un an avant. Le consensus était de 6,97$ de bpa. Les revenus ont grimpé de 32% en glissement annuel à 2,29 milliards de dollars, contre 2,1 milliards de consensus.

Merck & Co (-0,2%) a annoncé l'acquisition programmée de VelosBio pour 2,75 milliards de dollars, qui renforcera ainsi son portefeuille de traitements du cancer.

Teva Pharmaceutical (-6,5%), le génériqueur israélien, a légèrement abaissé son objectif de chiffre d'affaires annuel. La perte trimestrielle est ressortie à 4,3 milliards de dollars et 3,97$ par titre, contre un déficit de 307 millions un an avant. Sur une base ajustée, le groupe a annoncé un bpa de 58 cents conforme au consensus. Les revenus sont ressortis à 3,9 milliards, contre 4,1 milliards un an avant et 4 milliards de consensus.

Cigna (+1,7%), l'assureur-santé américain, a publié un bénéfice trimestriel meilleur qu'attendu et renforcé dans la foulée ses prévisions de revenus annuels grâce au succès de sa branche réorganisée de services de santé. Ainsi, le profit trimestriel et les revenus ont battu le consensus, alors que la guidance annuelle est ressortie en ligne avec les attentes déjà optimistes des opérateurs. Le bénéfice net trimestriel se situe à 1,39 milliard de dollars soit 3,78$ par titre.

Canada Goose (+0,36%) a dégagé des revenus supérieurs aux attentes à la faveur de l'augmentation des ventes en ligne et de la forte demande pour ses parkas de luxe en Chine. Sur le second trimestre fiscal, le groupe a annoncé un bénéfice net de 12,5 millions de dollars canadiens, soit 9 cents par action, contre 58 millions un an auparavant, sur la même période. Le bpa ajusté a été de 10 cents sur le trimestre clos.

©2020,

Nombre de caractères autorisés : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !