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Clôture de Wall Street : -4,3% pour le Nasdaq, le S&P 500 sous 4.000 pts

Clôture de Wall Street : -4,3% pour le Nasdaq, le S&P 500 sous 4.000 pts
Clôture de Wall Street : -4,3% pour le Nasdaq, le S&P 500 sous 4.000 pts
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les pertes se sont accrues dans la dernière heure de cotation, lundi à Wall Street, l'indice S&P 500 terminant sous le seuil des 4.000 points pour la première fois depuis le 31 mars 2021, et le Nasdaq abandonnant 4,3%. Les investisseurs ont cédé au pessimisme face aux signes de ralentissement de la croissance chinoise et à la perspective de politiques monétaires plus restrictives de la part des banques centrales.

A la clôture, le Dow Jones a ainsi flanché de 1,99% à 32.245 points, tandis que l'indice large S&P 500 a plongé de 3,2% à 3.991 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a abandonné 4,29% à 11.623 pts. La semaine dernière, le S&P 500 et le Nasdaq avaient signé leur 5e baisse hebdomadaire consécutive pour la première fois depuis environ 10 ans. Depuis le début de l'année, les trois indices perdent respectivement 11,2% pour le DJIA, 16,2% pour le S&P 500 et 25,7% pour le Nasdaq, plombés par les craintes de stagflation et de taux plus élevés.

Le dollar et les obligations ont fait office de valeurs refuge lundi, tandis que l'or a perdu 1,3%. Le pétrole a rechuté d'environ 6%, et le bitcoin a sombré vers les 30.500$ (-12% sur 24h) selon le site CoinDesk.

Les marchés n'ont pas été rassurés par les propos de la secrétaire au Trésor américaine Janet Yellen, qui a jugé que le système financier américain est en bon ordre de marche, tout en estimant que les turbulences de marché pourraient se poursuivre. "Il est possible que la volatilité et les disparités dans la croissance mondiale se poursuivent, alors que les pays continuent d'affronter les conséquences de la pandémie" de coronavirus, a-t-elle dit dans le texte de son audition prévue mardi devant la commission bancaire du Sénat.

L'invasion de l'Ukraine par la Russie "a encore accru les incertitudes économiques", a-t-elle poursuivi. "Le système financier américain a continué de fonctionner d'une manière ordonnée bien que les valorisation de certains actifs restent élevées par rapport à leur niveau historique".

Le commerce extérieur chinois au ralenti

Les investisseurs ont aussi réagi aux informations évoquant une prolongation des mesures de confinement sanitaire en Chine, au moment où les chiffres du commerce extérieur chinois ont montré des signes de net tassement. Les exportations chinoises n'ont augmenté que de 3,9% en avril sur un an, leur rythme le plus lent depuis juin 2020, et les importations ont stagné, témoignant du manque d'appétit des consommateurs chinois confrontés à des confinements liés à la vague Omicron du Covid-19.

La Chine étant le premier importateur mondial de pétrole, les cours du pétrole ont plongé suite à ces informations, d'autant que l'Arabie saoudite a fait savoir qu'elle avait abaissé le prix de vente de son brut vendu à l'Asie et à l'Europe en juin, en raison d'une demande plus modérée.

Le baril de brut léger américain WTI (contrat à terme de juin) a perdu lundi soir 6,1% à 103,09$ sur le Nymex, tandis que le Brent de la mer du Nord chutait de 5,7% à 105,94$ pour le contrat de juillet.

Les taux US au plus haut depuis fin 2018, avant de retomber...

L'or a reculé de 1,3% lundi à 1.858,60$ l'once pour le contrat à terme de juin sur le Comex. Du côté des cryptos, le bitcoin cédait 12% sur 24h, autour de 30.500$ sur Coindesk, victime de l'aversion générale au risque.

Sur les marchés obligataires, les rendements ont atteint en matinée des pics depuis novembre 2018, avant de rechuter, des investisseurs en quête de bonnes affaires se replaçant sur les obligations afin de bénéficier des taux plus élevés. En fin de soirée, le rendement du T-Bond à 10 ans cédait ainsi 10 points de base (centièmes de point) à 3,03%, après avoir grimpé à 3,20% en début de journée. Le taux du T-Bond à 2 ans perdait 11 pb à 2,58%, après un pic à 2,75% un peu plus tôt.

Sur le marché des devises, l'indice du dollar est monté à un nouveau plus haut depuis 20 ans à 104,19 pts face à un panier de devises de référence, avant de revenir à 103,71 points (+0,05%) en soirée. L'euro a fini la journée en légère hausse de 0,09% à 1,0560$ sur les marchés interbancaires à New York.

En attendant l'inflation en avril...

Les investisseurs restent focalisés sur les futures hausses de taux directeurs des banques centrales, après des gestes haussiers la semaine dernière de la part de la Réserve fédérale américaine, de la Banque d'Angleterre et de la banque centrale australienne. Face à une forte inflation, encore accentuée par la guerre en Ukraine, les marchés anticipent la poursuite d'un durcissement de politique monétaire, notamment aux Etats-Unis, où les marchés à terme tablent sur un nouveau tour de vis de 50 points de base en juin, suivi d'au moins une autre hausse de 50 pb en juillet, voire en septembre, selon l'outil FedWatch de CME Group.

Les chiffres de l'inflation en avril seront publiés mercredi aux Etats-Unis, en Chine, en Allemagne et en France. La semaine dernière, la Fed a relevé le taux des "fed funds" de 50 pb, pour le porter à 0,75%-1%, ajoutant qu'elle allait commencer à réduire son bilan à partir du 1er juin, et qu'elle poursuivrait son cycle de hausse de taux dans les prochains mois. Son président Jerome Powell a cependant estimé qu'une hausse très forte, de 75 pb, n'était pas l'hypothèse privilégiée par le comité de politique monétaire.

Lundi, le président de la Fed d'Atlanta, Raphael Bostic, a estimé que la Fed pourrait relever ses taux de 50 pb lors de chacune des deux ou trois prochaines réunions, avant d'en mesurer les effets sur l'inflation et l'économie, et de décider si de nouveaux tours de vis seront nécessaires.

Aux Etats-Unis, le consensus table sur un léger ralentissement de la hausse des prix à 8,1% en avril sur un an après 8,5% en mars, la plus forte hausse depuis 1981. Le rythme de progression de l'IPC 'core', qui exclut les éléments les plus volatils, devrait également ralentir à 6% sur un an après 6,5% en mars. "Une modération de l'indice CPI serait légèrement réconfortante mais une accélération relancerait sans aucun doute les attentes d'une hausse de taux de 75 points de base de la Fed", affirment les analystes d'ANZ Bank.

VALEURS A SUIVRE

* BioNTech a pris 3%, soutenu par des comptes trimestriels supérieurs aux attentes des analystes. La société de biotechnologie allemande cotée aux États-Unis a fait état au premier trimestre d'un bénéfice net plus que triplé à 3,7 milliards, soit 14,24 euros par action, contre 1,13 MdE et 4,39 euros par titre un an plus tôt. Ses revenus ont été multipliés par 3 à 6,38 milliards d'euros, principalement grâce à la demande pour son vaccin contre le Covid-19 développé avec Pfizer. Des données nettement supérieures aux attentes des analystes.

La firme a néanmoins réaffirmé sa prévision d'une baisse des ventes de vaccins en année pleine. Elle table ainsi sur des revenus tirés de son vaccin compris entre 13 et 17 milliards d'euros en 2022, contre 19 MdsE l'an dernier. La société allemande a précisé lundi qu'elle s'attend à obtenir les données d'essai sur son vaccin traitant le variant dominant Omicron dans les semaines à venir.

* Southwest Gas Holdings (+3,1%) a conclu vendredi un accord avec Carl Icahn après des mois de bataille qui se soldent par le remplacement du directeur général du groupe et l'octroi de quatre sièges au conseil d'administration à l'investisseur milliardaire.

* Palantir a plongé de 21,3%, plombé par une publication décevante. L'entreprise de logiciels a dévoilé des comptes trimestriels inférieurs aux attentes des analystes et sa guidance de revenus pour le trimestre en cours est ressortie en deçà du consensus. La firme basée à Denver anticipe ainsi une marge opérationnelle ajustée de 20% sur les trois mois clos fin juin, contre 31% un an plus tôt, pour des revenus de 470 millions de dollars, ce qui impliquerait une croissance annuelle de seulement 25%, contre +49% un an auparavant. Palantir a enregistré un chiffre d'affaires de 446,4 M$ au premier trimestre, contre 341,2 M$ sur l'exercice précédent et 443,4 M$ de consensus, grâce à la solidité de ses activités commerciales aux États-Unis. Hors éléments exceptionnels, le bpa s'est établi à 2 cents par action, contre 5 cents attendus par le marché. Le flux de trésorerie opérationnel a atteint 35 M$, représentant une marge de 8%.

* Rivian a chuté de plus de 20,8%. Ford, quatrième actionnaire du fabricant de véhicules électriques, aurait cédé huit millions après que la période de blocage post-IPO eut expiré dimanche. Selon les sources de 'CNBC', le constructeur automobile américain détenait environ 12% de la société créée en 2019, soit un peu moins de 102 millions d'actions après avoir pris une participation avant l'introduction en bourse de Rivian l'année dernière. Rivian, dont la capitalisation boursière a brièvement franchi la barre des 100 Mds$ l'an passé, ne pèse 'plus' que 25 Mds$ à Wall Street. Le groupe basé dans le Michigan a toutes les peines du monde à accroître sa production en raison des pressions au niveau de la chaîne d'approvisionnement.

* Uber Technologies (-11,6%) va réduire ses embauches et ses dépenses dans le marketing et les subventions, affirme 'CNBC', en citant une lettre du directeur général du groupe à ses salariés. Dara Khosrowshahi explique que le changement de stratégie d'Uber est une réponse nécessaire au "changement sismique" du sentiment des investisseurs. "Les dépenses de marketing et d'incitation les moins efficaces seront supprimées. Nous traiterons l'embauche comme un privilège et nous déterminerons délibérément quand et où nous ajoutons des effectifs. Nous serons encore plus intransigeants sur les coûts à tous les niveaux", souligne le dirigeant. La société se concentrera désormais sur la rentabilité sur la base des flux de trésorerie disponibles, plutôt que sur l'Ebitda ajusté, selon le rapport. Le patron d'Uber précise par ailleurs dans cette lettre que les activités de livraison de nourriture et de fret d'Uber doivent se développer plus rapidement.

* Twitter a reculé de 3,6%. Elon Musk voit les choses en grand. Le milliardaire, qui a dernièrement conclu un accord pour racheter l'oiseau bleu pour 44 milliards de dollars, souhaite multiplier par cinq le chiffre d'affaires annuel du réseau social à 26,4 milliards de dollars d'ici 2028, a rapporté vendredi le 'New York Times'. Selon une présentation faite aux investisseurs évoquée par le NYT, la publicité devrait représenter 45% des revenus totaux du groupe à cet horizon, soit environ 12 milliards de dollars, contre environ 90% en 2020, tandis que les abonnements devraient rapporter 10 Mds$ supplémentaires.

Quant aux flux de trésorerie, ils devraient grimper à 3,2 Mds$ en 2025 puis à 9,4 Mds$ en 2028. E.Musk compte augmenter le revenu moyen par utilisateur à 30,22 dollars en 2028 contre 24,83 dollars en 2021. Pour parvenir à ses fins, Twitter devrait compter plus de 11.000 employés d'ici 2025, contre environ 7.500 actuellement. Le milliardaire a promis de 'revitaliser' l'entreprise et d'augmenter le nombre d'utilisateurs, en luttant contre les spambots et en réduisant la quantité de modération pour faciliter la "liberté d'expression".

Par ailleurs, on a appris vendredi soir qu'Elon Musk et Twitter sont visés par une plainte déposée par un fonds de pension de Floride, qui cherche à empêcher le milliardaire de boucler rapidement le rachat du réseau social. Dans cette plainte déposée devant un tribunal du Delaware, le fonds de pension de la police de la ville d'Orlando estime qu'en vertu de la réglementation du Delaware, Elon Musk ne peut pas boucler le rachat de Twitter avant 2025 au moins à moins que des actionnaires représentant les deux-tiers des actions Twitter non détenues par le patron de Tesla n'approuvent l'opération. Elon Musk est un "actionnaire intéressé" après avoir acquis une participation de plus de 9% au capital de Twitter, ce qui exige un délai, peut-on lire dans la plainte.

* Apple (-3,3%) et Tesla (-9%) ont encaissé dans le sillage du sous-traitant taïwanais Quanta Services (-6,5%), dont les activités en Chine sont affectées par la résurgence de l'épidémie de COVID-19.

* Lockheed Martin (-2,4%) prévoit de pratiquement doubler la production de missiles Javelin, une arme antichar utilisée par les forces ukrainiennes contre la Russie depuis l'invasion du pays, a déclaré dimanche le directeur général du groupe, James Taiclet.

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