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Clôture de Wall Street : 3e séance baissière pour le DJIA et le S&P 500

Clôture de Wall Street : 3e séance baissière pour le DJIA et le S&P 500
Clôture de Wall Street : 3e séance baissière pour le DJIA et le S&P 500
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les marchés boursiers américains ont corrigé mercredi face aux craintes d'essoufflement de la reprise économique et d'un début de retrait du soutien massif des banques centrales d'ici à la fin de l'année. La Fed a souligné dans son Livre Beige publié dans la soirée que la croissance avait ralenti cet été aux Etats-Unis, alors que les prix et les salaires ont grimpé, sur fond de propagation du variant delta du coronavirus. Plusieurs grandes banques se montrent désormais prudentes sur l'évolution de Wall Street, signalant la forte valorisation des marchés d'actions et le risque de correction.

A la clôture, l'indice Dow Jones a reculé de 0,20% à 35.031 points, tandis que l'indice large S&P 500 a cédé 0,13% à 4.514 pts, ces deux indices enchaînant ainsi 3 séances de baisse. Le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a perdu 0,57% à 15.286 pts, mettant fin à une série de 4 records d'affilée.

Par secteurs, les technologiques (-0,4% pour le S&P sectoriel) et les services de communication (-0,4%) ont subi des prises de bénéfices, à commencer par Apple (-1% après son record de mardi) et Facebook (-1,2%). Le secteur de l'énergie a chuté de 1,3% malgré un rebond des cours du brut.

L'once d'or a continué sa glissade sous les 1.800$, lâchant encore 0,3% à 1.793,50$ (contra à terme de décembre), après une chute de 1,9% la veille. En revanche, le cours du pétrole brut léger américain WTI a rebondi de 1,4% à 69,30$ le baril (contrat d'octobre). L'indice du dollar est resté ferme, en hausse de 0,21% à 92,70 points face à un panier de devises, et le rendement du T-Bond à 10 ans s'est détendu de 3 points de base à 1,33%.

Le bitcoin cédait encore environ 2,5% en fin de soirée, après -10% la veille, revenant autour de 45.933$ sur la plateforme Bitfinex. Les cryptomonnaies sont très chahutées depuis mardi, lorsque le bitcoin est devenu une monnaie légale au Salvador, une première mondiale.

Sur le front macro-économique, le rapport JOLTS sur les ouvertures de postes aux Etats-Unis a fait état de 10,934 millions de postes ouverts en juillet, un nombre largement supérieures aux attentes, puisque le consensus de marché se situait à environ 10 millions. En outre, les ouvertures de postes du mois de juin ont été révisées en légère hausse à 10,185 millions, contre 10,073 millions.

Fléchissement de la croissance US cet été, mais tensions inflationnistes

La publication du Livre Beige de la Fed a confirmé que la croissance économique a ralenti aux Etats-Unis pour revenir à un rythme "modéré" début juillet et en août. Selon cette enquête qui compile les rapports des services des Fed des 12 principales régions américaines, la hausse des prix et des salaires s'est poursuivie ces dernières semaines, entraînant une inflation "stable à un niveau élevé"...

Tous les districts ont mentionné une hausse de l'emploi allant de "légère à forte" selon les régions. Les entreprises ont aussi été nombreuses à signaler "d'importantes pénuries de main d'oeuvre", et ce malgré une "forte" hausse des salaires, et notamment des bas salaires.

Ce rapport servira de base à la réunion de la banque centrale américaine dans deux semaines, les 21 et 22 septembre, au cours de laquelle les responsables débattront du calendrier de réduction des achats d'obligations de la Fed, actuellement de 120 milliards de dollars par mois.

Les dirigeants de la Fed débattent depuis des semaines du moment auquel il sera opportun de réduire ce programme d'achats d'actifs mis en place en mars 2020 pour lutter contre le Covid-19.

Suspense sur le calendrier et le rythme du "tapering"

Le président de la Fed, Jerome Powell a déclaré à la fin août qu'il était en accord avec la majorité de ses collègues sur le fait qu'une réduction des achats d'actifs pourrait être appropriée "cette année". "Le variant Delta pèse sur les dépenses des consommateurs et l'emploi, et le rythme de la croissance semble ralentir", a commenté pour sa part mercredi le président de la Fed de New York, John Williams. "Il conviendra peut-être de commencer à réduire le programme d'achat d'actifs cette année, mais il est clair que la pandémie est loin d'être terminée, à la fois en termes de conséquences sur la santé, et de conséquences sur l'économie", a-t-il ajouté prudemment.

De son côté, Robert Kaplan, président de la Fed de Dallas, a estimé qu'il serait approprié d'annoncer officiellement le "tapering" dès la réunion monétaire de septembre, en vue d'un début d'allègement du soutien monétaire en octobre ou peu après. Esther George, la dirigeante de la Fed de Kansas City, avait précédemment jugé que ce 'tapering' devrait intervenir "plutôt tôt que tard".

Enfin, le président de la Fed de Saint-Louis, James Bullard (membre non-votant de la Fed), a déclaré au Financial Times que la Fed devrait se hâter de mener son plan de réduction d'achats, malgré la déception vendredi dernier sur les créations d'emploi en août. Selon Bullard, le tapering "démarrera cette année et se terminera au cours du premier semestre de l'année prochaine".

En attendant la Fed, les marchés suivront de près dès ce jeudi 9 septembre la réunion de politique monétaire de la Banque centrale européenne... Là aussi, les investisseurs sont impatients de savoir si la BCE décidera ou non de ralentir ses achats d'actifs, alors que l'inflation a accéléré pendant l'été dans la zone euro pour atteindre 3%, la reprise économique s'accompagnant de pénuries de composants et de hausse des cours de l'énergie.

Selon le consensus du marché, la BCE pourrait réduire le niveau de ses achats mensuels d'obligations de 80 MdsE à environ 50-60 MdsE, mais l'augmentation des infections au covid avant les mois d'hiver pourrait encore l'inciter à attendre décembre pour mettre en oeuvre cette réduction.

Des signaux d'alerte sur des marchés fortement valorisés

Face à la montée des risques, trois banques, Morgan Stanley, Citigroup et Credit Suisse, ont publié des notes prudentes sur l'évolution à court terme des marchés d'actions. Morgan Stanley cite des "risques élevés" d'ici à octobre, conseillant désormais de sous-pondérer les actions américaines dans les portefeuilles et d'être neutre sur les actions mondiales.

Les stratégistes estiment que le variant delta contribue à ralentir la croissance et que les projets de réforme du président Biden s'enlisent au Congrès, alors qu'approche aussi une échéance budgétaire importante, nécessitant un relèvement du plafond de la dette pour éviter un "shutdown". Si l'on ajoute à ce cocktail les craintes d'une crise systémique en Chine en cas de débâcle financière du géant immobilier surendetté Evergrande, et le fait que les valorisations des actions sont désormais tendues, les risques d'une correction sont assez élevées, estiment les banques.

Pour Citigroup, la forte domination actuelle des positions acheteuses signifie qu'en cas d'inversion de tendance, la correction pourrait rapidement prendre de l'ampleur. Credit Suisse conseille de son côté de légèrement sous-pondérer les actions américaines.

Sur le front de la pandémie, bien que 75% des Américains adultes aient désormais reçu au moins une injection de vaccin anti-covid-19, l'épidémie reste encore très présente outre-Atlantique, avec une flambée des cas dus au variant delta. Les cas pédiatriques, qui avaient décliné au début de l'été, augmentent désormais de manière exponentielle, d'après l'American Academy of Pediatrics et la Children's Hospital Association. Le niveau hebdomadaire des cas pédiatriques est pratiquement... 300 fois plus élevé qu'en juin ! Les cas recensés la semaine dernière chez les enfants représentent non moins de 27% de l'ensemble des cas rapportés de covid.

VALEURS A SUIVRE

JP Morgan (-0,45%) prévoit d'acquérir une participation majoritaire de près de 75% dans l'activité de paiements du constructeur automobile allemand Volkswagen. La division passerait alors sous le contrôle de l'activité de paiements wholesale de la banque américaine. L'établissement new-yorkais estime que ce deal l'aidera à étendre ses capacités de paiement digital et lui permettra d'entrer pour la première fois sur le marché automobile. Les deux compagnies prévoient de développer ensuite la plateforme de Volkswagen pour couvrir des marchés hors automobile, afin de "répondre aux attentes évolutives des clients dans l'espace automobile et au-delà". Les termes financiers de cet accord n'ont pas été révélés.

PayPal (-2,7%), le géant fintech américain, a annoncé l'acquisition du Japonais Paidy, qui offre une plateforme 'buy now, pay later' de paiement différé en Asie. L'opération est chiffrée à environ 2,7 milliards de dollars, 300 milliards de yens. Le deal, qui renforcera la présence locale de l'Américain, devrait être finalisé au cours du quatrième trimestre 2021, sous réserve des autorisations usuelles. Les dirigeants de Paidy, et notamment son PDG Riku Sugie et son fondateur et président exécutif Russel Cummer, resteront en place. Le deal est structuré essentiellement en cash. Le Japon est le troisième marché mondial du e-commerce.

Coinbase (-3,2%) a été une nouvelle fois victime de la correction généralisée sur les cryptomonnaies, mais aussi des menaces de la SEC. La Securities and Exchange Commission, gendarme américain des marchés financiers, a ainsi indiqué qu'elle pourrait bien poursuivre Coinbase Global si la plateforme d'échange de 'cryptos' poursuit ses plans de lancement d'un programme permettant aux utilisateurs d'empocher des intérêts en prêtant des actifs digitaux.

Bumble (-3,3%). L'opérateur de site de rencontres a annoncé que des actionnaires menés par le Blackstone Group allaient vendre au moins 15 millions de ses titres, ce qui représente environ 12% du capital.

McAfee (-8,7%) a chuté sur des motifs comparables. Ainsi, les investisseurs existants vont céder 20 millions de titres du concepteur de logiciels antivirus, représentant 12% du tour de table.

NIO (-6%), le 'Tesla chinois', concepteur de véhicules électriques coté à Wall Street, prévoit de vendre jusqu'à 2 milliards de dollars d'ADS (American depositary shares) pour financer sa rapide expansion. La nouvelle pourrait peser sur les cours aujourd'hui, sur la place américaine.

Tesla (+0,13%) bénéficie en revanche de bonnes nouvelles concernant son activité de production chinoise. Ainsi, le groupe d'Elon Musk a écoulé 44.264 véhicules fabriqués en Chine en août, contre 32.968 au mois de juillet et 33.155 en juin. La plupart de ces voitures sont destinées à l'Europe.

Citrix (+3%). Selon le bien renseigné Wall Street Journal, le fonds activiste Elliott Management s'est constitué une participation d'un montant voisin d'un milliard de dollars au capital du groupe software.

American Airlines (-2%). Le syndicat des pilotes du groupe a lancé un appel à la grève dans les semaines à venir dans ses principaux hubs, afin de protester en particulier contre les conditions de travail.

Boeing (-1,3%). Le conseil d'administration pourra être visé par une plainte des actionnaires après les deux crashs subis par des 737 MAX qui ont fait près de 350 morts, a indiqué la justice du Delaware.

ICU Medical (+26% !), firme californienne de technologie médicale, a scellé un accord avec le britannique Smiths Group pour lui racheter ses activités d'équipements médicaux pour un montant de 2,4 milliards de dollars.

Kadmon a bondi de 71% après le rachat par Sanofi (-2,5% à Paris) de cette entreprise biopharmaceutique spécialisée dans la recherche, le développement et la commercialisation de médicaments qui changent la vie des patients présentant des besoins médicaux non satisfaits importants. Les détenteurs d'actions ordinaires de Kadmon recevront la somme de 9,50 dollars par action, soit une transaction en numéraire valorisée approximativement à 1,9 milliard de dollars.

BlackRock (stable). La filiale chinoise du gestionnaire d'actifs a créé son premier fonds commun de placement en Chine, baptisé BlackRock China New Horizon Mixed Securities Investment Fund, après avoir levé 6,68 milliards de yuans auprès de plus de 111.000 investisseurs dans le cadre d'une opération lancée le 30 août.

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