Cotation du 20/05/2022 à 23h03 Dow Jones Industrial +0,03% 31 261,90
  • DJIND - US2605661048

Clôture de Wall Street : -3,1% pour le Dow Jones, -5% pour le Nasdaq !

Clôture de Wall Street : -3,1% pour le Dow Jones, -5% pour le Nasdaq !
Clôture de Wall Street : -3,1% pour le Dow Jones, -5% pour le Nasdaq !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après un bref rebond technique mercredi, en réaction au ton un peu moins agressif que prévu de la Fed, le marché américain a sombré jeudi dans le rouge vif, après l'annonce d'une forte baisse de productivité au 1er trimestre aux Etats-Unis, qui fait craindre une nouvelle accélération de l'inflation. Les taux des emprunts d'Etat ont bondi, le rendement US à 10 ans pointant à 3,10% en séance, tandis que le dollar est remonté au plus haut depuis 20 ans face aux principales devises. Le pétrole est resté ferme après le statu quo de l'Opep+ sur sa politique de production.

A la clôture, le Dow Jones a rechuté de 3,12% à 32.997 points, après un bond de 2,8% la veille, tandis que l'indice large S&P 500 a perdu 3,56% à 4.146 pts, après -3% mercredi. Le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a abandonné 4,99% à 12.317 pts, sa pire séance depuis deux ans.

Les grandes "technos" ont bu la tasse, l'instar d'Alphabet (-4,7%), Apple (-5,5%), Meta Platforms (-6,7%), Amazon (-7,5%), Microsoft (-4,3%) ou encore Salesforce (-7,1%). L'indice VIX de la volatilité, surnommé "l'indice de la peur", a rebondi de plus de 26% autour de 32,11 pts en fin de soirée, très au-dessus de sa moyenne mobile à 200 jours (21).

La productivité US en berne, les coûts du travail s'envolent

Les marchés avaient été un peu soulagés mercredi par le ton de la Fed : même si la banque centrale a relevé son principal taux directeur d'un demi-point, à 0,75%-1,00%, son président Jerome Powell a semblé exclure des mouvements encore plus amples, de 75 points de base, lors des prochaines réunions. La réduction du bilan de la Fed commencera le 1er juin, mais à un rythme progressif, un peu moins rapide qu'anticipé par les marchés.

Toutefois, les chiffres de la productivité au 1er trimestre publiés jeudi ont relancé les craintes d'une spirale salaires-prix, qui entretiendrait durablement la hausse des prix. La productivité non agricole, qui mesure la production horaire par travailleur, a ainsi plongé à un taux annualisé de 7,5% au cours du dernier trimestre, sa plus forte baisse depuis le troisième trimestre de 1947 ! Elle fait suite à un taux de croissance de 6,3 % au quatrième trimestre 2021. Les chiffres de la productivité sont assez difficiles à interpréter depuis la crise du coronavirus, mais ce jeudi, ils ont contribué au pessimisme ambiant.

Les coûts unitaires du travail se sont eux envolés de 11,6% (du jamais vu depuis 1982), contre +9,9% attendus après une hausse de 0,9% au trimestre précédent. Le déséquilibre du marché du travail oblige les employeurs à augmenter les salaires, contribuant ainsi à la flambée de l'inflation.

Le marché de l'emploi donne des signes de ralentissement

Mercredi, le président de la Fed, Jerome Powell, a déclaré aux journalistes que "le marché du travail est extrêmement tendu, et l'inflation est beaucoup trop élevée", mais dans le même temps, il a exclu une spirale salaires-prix, et a indiqué que la Fed n'envisage pas "activement" de relever ses taux encore plus massivement de 75 points de base lors de ses prochaines réunions.

Si le ton plus 'dovish' que prévu de Jerome Powell lors de la conférence de presse suivant l'annonce de la Réserve fédérale a initialement été salué, il n'en reste pas moins que les craintes inflationnistes et de ralentissement économique sur fond de guerre en Ukraine, de crise sanitaire en Chine et de politiques monétaires moins accommodantes sont loin d'avoir disparu. En attendant les chiffres mensuels de l'emploi, vendredi, les dernières données sur le marché de l'emploi ne sont également guère reluisantes.

Outre l'effondrement de la productivité, qui traduit la hausse des coûts unitaires du travail, les opérateurs ont pris connaissance d'une hausse surprise des inscriptions hebdomadaires au chômage, alors que les dernières données de l'emploi privé dévoilées mercredi par ADP étaient elles aussi plutôt moroses. Pour la semaine close au 30 avril, que les inscriptions au chômage ont ainsi atteint 200.000, en hausse de 19.000 par rapport à la semaine antérieure, alors que le consensus était positionné à 180.000.

Le T-Bond à 10 ans rapporte désormais 3,1% !

Pour ne rien arranger, si les résultats trimestriels sont dans l'ensemble solides à Wall Street, les prévisions de plusieurs entreprises ont clairement déçu ces derniers jours, à l'image de celles d'eBay dans le e-commerce.

Sur les marchés obligataires, les rendements se sont à nouveau fortement tendus jeudi. Le taux du T-Bond à 10 ans a bondi jusqu'à 3,10% (+18 points de base) en séance avant de revenir à 3,05% en fin de soirée, au plus haut depuis novembre 2018. Le taux du T-Bond à 2 ans, plus sensible à la politique monétaire, a grimpé pour sa part de 8 pb à 2,70% après un pic à 2,74% en séance.

Le dollar, qui avait reflué mercredi après les annonces de la Fed, est remonté en flèche à ses plus hauts niveaux depuis 20 ans. L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de devises de référence, grimpait de 1% à 103,61 points en fin de soirée à New York. De son côté, l'euro reperdait 0,67% à 1,0550$.

L'or est remonté de 0,3% à 1.875,70$ l'once pour le contrat à terme de juin sur le Comex. Du côté des cryptos, le bitcoin retombe de 7,4% sur 24h, autour de 36.825$ sur Coindesk.

L'Opep+ maintient sa politique de hausse progressive de sa production

Enfin, les cours pétroliers sont restés fermes après que la Commission européenne eut proposé un embargo total sur le pétrole russe dans le cadre d'un sixième train de sanctions du bloc contre la Russie en raison de l'offensive lancée en Ukraine. Le baril de brut léger américain WTI (contrat à terme de juin) a gagné 0,4% à 108,26$ sur le Nymex, tandis que le Brent de la mer du Nord a grimpé de 0,7% à 110,90$ pour le contrat de juillet.

Sans surprise, l'OPEP et ses alliés se sont mis d'accord, jeudi lors de leur réunion mensuelle, sur une petite augmentation de leur production de brut. Le cartel a ainsi validé une hausse 'standard' de 432.000 barils par jour en juin. Un volume limité dans le contexte actuel mais dont beaucoup d'analystes doutent qu'il soit atteint alors que la plupart des membres sont confrontés à des contraintes de capacité.

"La montée en puissance constante de l'offre de l'Opep depuis la mi-2021 semble s'essouffler", a déclaré Bill Farren-Price, directeur d'Enverus Intelligence Research. "Avec l'augmentation du risque d'approvisionnement à mesure que les sanctions russes prennent de l'ampleur, la capacité de l'organisation à stabiliser les prix du pétrole s'évapore".

VALEURS A SUIVRE

* Booking a bondi de 3,2%. Le site d'hébergements a fait état d'un bénéfice supérieur aux attentes des analystes au premier trimestre et a dit s'attendre à une saison estivale soutenue, en particulier en Europe.

* Twitter (+2,6%). Elon Musk a obtenu un financement supplémentaire de 7,14 milliards de dollars auprès d'un groupe d'investisseurs comprenant notamment le cofondateur d'Oracle, Larry Ellison, pour financer son acquisition de Twitter, montre un document que s'est procuré Reuters. Parmi les investisseurs participant à cette opération, on retrouve également Binance, Brookfield Asset Management, Fidelity Management & Research et Qatar Holding. Par ailleurs, Twitter a reçu un accueil glacial mercredi soir lors de la présentation d'un plan à des annonceurs dans le cadre d'un événement organisé à New York, ont rapporté trois dirigeants d'agences publicitaires, les projets du réseau social étant incertains depuis l'annonce de son rachat.

* eBay a chuté de 11,7%, plombé par une guidance décevante. Au deuxième trimestre, la place de marché américaine, anticipe un chiffre d'affaires compris entre 2,35 et 2,40 milliards de dollars contre 2,54 Mds$ anticipés par les analystes. Ses prévisions pour l'ensemble de l'année sont également ressorties inférieures aux estimations du marché. Le bpa ajusté des trois mois clos fin juin est par ailleurs attendu entre 87 et 91 cents contre un consensus de 1,02$.

Après avoir profité de la crise sanitaire, les détaillants en ligne voient leur croissance ralentir avec le retour des consommateurs dans les magasins alors que l'inflation obstinément élevée commence à saper le moral des ménages. Au cours des trois premiers mois de l'année, le volume brut de marchandises - un chiffre très suivi dans l'industrie du commerce électronique - a chuté de 20% à 19,4 milliards de dollars. Les acheteurs actifs sur eBay ont diminué de 13% à 142 millions au cours du trimestre. Le bpa ajusté a atteint 1,05$ (1,04$ attendu) pour des revenus en repli de 6% à 2,48 milliards de dollars (2,46 Mds$ de consensus).

* Shopify (-14,9% à Toronto). Le titre de la plateforme canadienne d'e-commerce après l'annonce d'une lourde perte de 1,5 milliard de dollars américains au premier trimestre contre un profit de 1,3 Md$ un an plus tôt, ainsi que des ventes décevantes. Le titre a désormais perdu environ les deux-tiers de sa valeur depuis le début de l'année.

Sur une base ajustée, Shopify a réalisé un bénéfice de 20 cents US par action, par rapport à 2,01$ au premier trimestre 2021, et alors que les analystes tablaient sur un bénéfice par action de 68 cents. Les revenus du 1er trimestre ont totalisé 1,2 Md$ (en hausse de 22% sur un an), mais le consensus était logé un peu plus haut, à 1,25 Md$, selon Refinitiv.

Les marchés n'ont pas non plus été convaincus par l'annonce, jeudi, du rachat pour 2,1 Mds$ en numéraire et en actions de la plateforme logistique américaine Deliverr. Shopify, qui a investi des milliards de dollars dans la construction d'entrepôts, espère avec cette acquisition réaliser son projet de livrer en 48 heures, dans l'espoir de surpasser ses concurrents, au premier rang desquels se situe le géant Amazon.

* Chesapeake Energy (+0,6%). La société d'investissement Kimmeridge a annoncé mercredi avoir pris une participation de 1,5% au capital de Chesapeake Energy et avoir entamé des discussions avec la direction du groupe afin de doper son cours de Bourse.

* Berkshire Hathaway (-2,6%). Warren Buffett augmente son pari sur le groupe pétrolier américain. La société du gourou de Wall Street a racheté 5,9 millions d'actions supplémentaires d'Occidental Petroleum pour environ 336 millions de dollars, portant sa participation dans la société à 15,2%, montre un avis boursier publié mercredi soir. Les actions ont été achetées les 2 et 3 mai à un prix unitaire compris entre 56$ et 58,37$. Occidental, titre le plus performant sur le S&P 500 au premier trimestre, a vu ses actions flamber avec la hausse des prix du pétrole et les rachats de titres de W.Buffett.

* Metlife (-1,2%). La compagnie d'assurance a publié mercredi un bénéfice meilleur que prévu au titre du premier trimestre à la faveur d'une hausse des primes et des commissions.

* AT&T (stable), Verizon Communications (-1,1%), Comcast (-2,9%). Les fournisseurs d'accès internet haut débit aux Etats-Unis ont renoncé mercredi soir à contester la loi californienne sur la neutralité de l'internet qui leur interdit de bloquer ou de réguler le trafic selon les usages.

©2022

Nombre de caractères autorisés : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Actualités Dow Jones Industrial

Aucune actualité disponible.
Plus d'actualités