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Clôture de Wall Street : 2021 débute mal, avec le Covid et les sénatoriales US

Clôture de Wall Street : 2021 débute mal, avec le Covid et les sénatoriales US
Clôture de Wall Street : 2021 débute mal, avec le Covid et les sénatoriales US
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a démarré 2021 de façon laborieuse, lundi, après ses records des derniers jours de 2020. L'épidémie de coronavirus continue d'accélérer aux Etats-Unis et en Europe, malgré la course à la vaccination. En Europe, l'Angleterre a annoncé lundi soir un reconfinement total de 6 semaines. En outre, les investisseurs ont les yeux tournés vers la Géorgie, où deux élections sénatoriales se déroulent mardi, et décideront de la couleur politique du Sénat américain... Une victoire démocrate pour ces deux sièges ferait basculer la chambre haute dans le camp démocrate, un scénario considéré comme défavorable pour les marchés.

A la clôture, les indices ont cependant réduit leurs pertes, qui avaient frôlé les 2% en séance. L'indice Dow Jones a cédé 1,25% à 30.223 points, tandis que l'indice large S&P 500 a chuté de 1,48% à 3.700 pts, et que l'indice Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a perdu 1,47% à 12.698 pts.

Activité manufacturière en hausse en décembre

Jeudi dernier, 31 décembre, les indices avaient terminé l'année 2020 sur une note positive, le DJIA et le S&P 500 inscrivant des nouveaux records, et le Nasdaq terminant à seulement 0,1% de ses plus hauts niveaux. Malgré un plongeon de plus de 30% en février-mars face à la crise du coronavirus, les trois indices américains ont progressé en 2020, de 7,3% pour le Dow Jones, de 16,3% pour le S&P 500 et de 43,6% pour le Nasdaq (la meilleure année de ce dernier depuis 11 ans, en 2009).

Sur le plan macro-économique, les indicateurs du jour montrent que la reprise s'est poursuivie tant dans la zone euro qu'aux Etats-Unis en fin d'année, malgré la résurgence du Covid 19. L 'indice Markit PMI manufacturier américain final est ainsi ressorti à 57,1 en décembre, bien supérieur au consensus de marché de 56,5. Par ailleurs, les dépenses de construction ont augmenté de 0,9% en novembre sur un mois, contre +1% de consensus et après +1,6% en octobre.

Dans la zone euro, la croissance du secteur manufacturier s'est aussi accélérée en fin d'année 2020. L'indice PMI final pour l'industrie manufacturière s'est ainsi établi à 55,2 en décembre contre 53,8 en novembre.

Bataille serrée pour le contrôle du Sénat américain

Les marchés financiers ont toutefois plutôt les yeux rivés vers les échéances électorales de mardi, qui pourraient avoir des implications importantes pour eux. Ainsi, le 3 novembre dernier, les Américains ont élu le Démocrate Joe Biden pour succéder à Donald Trump à la Maison Blanche, mais ils ont aussi voté le même jour pour le renouvellement de la Chambre des représentants, ainsi que d'un tiers du Sénat. Les Démocrates, majoritaires à la chambre, y ont maintenu leur contrôle, bien qu'avec une majorité moins confortable, tandis que le suspense n'est pas levé au Sénat, actuellement contrôlé par les Républicains.

Deux sièges sont encore à pourvoir en Géorgie, aucun des candidats n'ayant obtenu la majorité au 1er tour du 3 novembre, et le deuxième tour est donc organisé ce mardi 5 janvier. L'enjeu est de taille, car si ces deux sièges étaient remportés par les Démocrates, le Sénat serait partagé à 50/50 sièges entre les deux partis, et basculerait de facto dans le camp démocrate, car il reviendrait alors à la vice-présidente (la Démocrate Kamala Harris) d'apporter une voix prépondérante lors du vote des lois.

Un tel scénario aurait des conséquences importantes pour les marchés financiers, en donnant plus de latitude à Joe Biden pour faire passer des mesures de gauche (hausses d'impôts, hausse des taxes sur les plus-values, réglementations accrues...) Les marchés craignent par dessus tout que Joe Biden ne remette en cause les fortes baisses d'impôts sur les sociétés mises en place en 2017 par Donald Trump, ce qui mettrait sous pression les profits des entreprises américaines et pèserait sur leur cours de Bourse.

Donald Trump et Joe Biden font campagne en Géorgie

Ce lundi, Donald Trump et Joe Biden se rendent tous deux en Géorgie pour soutenir leurs candidats à la double élection sénatoriale. Le président élu prendra la parole à Atlanta, capitale de la Géorgie, en milieu d'après-midi, tandis que Donald Trump s'exprimera dans la soirée à Dalton, dans une circonscription rurale et conservatrice du nord-ouest de l'Etat.

Par ailleurs, le 'Washington Post' a révélé ce week-end que le président sortant, qui peine toujours à concéder sa défaite, avait demandé au responsable des élections en Géorgie de "trouver" les bulletins de vote nécessaires pour annuler sa défaite à la présidentielle dans cet Etat-clé.

Les deux scrutins verront s'affronter d'une part Jon Ossoff (Démocrate) et David Perdue (sénateur républicain sortant) et d'autre part Raphael Warnock (Démocrate ) et Kelly Loeffler (sénatrice républicaine sortante).

Sur le papier, les Républicains (déjà en place sur les deux sièges) partent vainqueurs dans cet Etat, qui n'a pas élu de démocrate au Sénat depuis 20 ans. En outre, la victoire d'un seul candidat républicain suffirait au parti pour conserver la majorité au Sénat (51 à 49), alors que les démocrates doivent remporter les deux sièges pour faire basculer l'équilibre (50/50 + la voix de la vice-présidente). Cependant, les derniers sondages étaient très serrés, rendant impossible de faire des pronostics fiables, ce qui a rendu les marchés financiers un peu nerveux...

L'Angleterre et l'Ecosse reconfinés

Les investisseurs s'interrogent aussi sur l'évolution à court terme de la pandémie de coronavirus, qui continue de se propager très rapidement en Europe et aux Etats-Unis, malgré le début en décembre des campagnes de vaccination. Au Royaume-Uni, face à l'explosion du nombre de cas, notamment d'une nouvelle variante plus contagieuse, le Premier ministre britannique Boris Johnson a annoncé lundi soir un nouveau confinement en Angleterre jusqu'à la mi-février. Quelques heures plus tôt, l'Ecosse avait elle aussi annoncé lundi un nouveau confinement total pour tout le mois de janvier. Les provinces d'Irlande du Nord et du pays de Galles avaient déjà instauré juste après Noël leur troisième confinement.

Si les investisseurs restent persuadés que l'année 2021 sera celle du rebond économique et de la victoire sur la maladie, ils s'inquiètent de l'accélération actuelle ainsi que du rythme moins rapide que prévu de la vaccination, notamment aux Etats-Unis.

La pandémie continue sa progression rapide

4,2 millions de personnes ont reçu la première dose d'un des deux vaccins autorisés dans le pays, (Pfizer/BioNTech et Moderna) alors que les autorités américaines espéraient vacciner 20 millions de personnes dès le mois de décembre... Elles évoquent désormais la possibilité d'administrer des demi-doses de vaccin afin d'accélérer le rythme de la campagne.

Selon l'Université Johns Hopkins, le nombre de cas confirmés du nouveau coronavirus dans le monde depuis le début de l'épidémie ressort désormais à plus de 85 millions, dont 20,6 millions aux Etats-Unis, 10,3 millions en Inde et 7,7 millions environ au Brésil. Le virus a fait 1,84 million de morts dans le monde, dont près de 352.000 aux Etats-Unis.

Aux Etats-Unis, un nombre record de près de 300.000 nouveaux cas en 24h ont été détectés samedi, et le 30 décembre, le nombre de morts en 24h a atteint un sommet de 3.750, avant de revenir samedi à 2.398. Plus de 125.000 personnes sont hospitalisées outre-Atlantique pour cause de coronavirus, là aussi un nombre record.

L'or bondit de près de 3%

Les cours du pétrole ont reculé après l'échec d'une réunion de l'Opep+ qui devait décider du rythme auquel le groupe allait relever progressivement sa production. Une nouvelle réunion se tiendra mardi. Le cours du pétrole brut léger américain WTI a perdu 1,9% à 47,62$ le baril pour le contrat à terme de février sur le Nymex, tandis que le Brent de la Mer du Nord d'échéance février a cédé 1,4% à 51,09$. Sur l'année 2020, les cours du brut ont perdu 20%, victimes de la chute de la demande liée à la crise du Covid-19.

Selon les médias, la majorité des membres de l'Opep+ veulent prolonger leurs coupes de production, mais deux gros producteurs, la Russie et le Kazakhstan sont en revanche favorables à une hausse de 500.000 barils par jour dès le 1er février prochain.

L'or a démarré l'année 2021 en fanfare. Le métal jaune a profité lundi de la faiblesse du dollar et des craintes concernant la progression de la nouvelle forme de coronavirus dans le monde, pour bondir de 2,7% à 1.946,60$ l'once sur le contrat à terme de février sur le Comex. L'or avait gagné 25% en 2020, sa meilleure année depuis 2010, soutenu par la crise sanitaire.

Sur le marchés des changes, l'indice du dollar est stable lundi à 89,94$, après avoir reculé de 6,7% sur un an en 2020, revenant à son plus bas niveau depuis mars 2018 face à un panier de six devises de référence. L'euro en revanche a bondi de 0,9% à 1,2247$, au plus haut depuis deux ans et demi face au billet vert. La devise européenne a dépassé en séance le seuil de 1,23$ (1,2309$ au plus haut, +1,3%), soutenu notamment par la publication d'un indice PMI manufacturier plutôt rassurant en Europe en décembre.

VALEURS A SUIVRE

Tesla (+3,4%) a quasiment atteint son objectif initial de livraisons pour 2020, ce qui constitue une performance puisque la guidance avait été fournie en début d'année dernière, avant que la pandémie ne plombe l'économie mondiale. Le groupe californien vedette de l'automobile électrique avait ensuite retiré cet objectif de 500.000 unités ou plus. Finalement, le groupe est parvenu à livrer 499.550 véhicules en 2020, contre 367.500 en 2019. Cela représente une expansion de 36%. Le consensus de Wall Street est amplement dépassé, puisqu'il était d'environ 481.000 unités livrées. Sur le seul quatrième trimestre, les livraisons ont atteint un record de 180.570 unités.

Elon Musk, le patron du groupe, a exprimé sa fierté avant-hier dans un tweet. "Tellement fier de l'équipe Tesla pour avoir atteint cet objectif majeur! Au début de Tesla, je pensais que nous n'avions (de manière optimiste) que 10% de chances de survie".

MGM Resorts International (-5,7%) a déposé une offre pour l'acquisition du Britannique Entain pour 11 milliards de dollars. La société londonienne estime que la proposition du groupe américain sous-évalue la société et ses perspectives, alors que MGM propose 0,6 action pour chaque titre Entain détenu, soit une prime de 22% sur le cours de clôture du 31 décembre.

Alibaba (-2,1%). Jack Ma, le milliardaire fondateur du géant chinois du e-commerce, n'a plus été aperçu en public depuis plus de deux mois, ce qui commence à inquiéter, d'autant plus que la justice chinoise venait d'ouvrir une enquête sur les pratiques concurrentielles du groupe après avoir bloqué l'introduction de la filiale Ant Group. Ma était en conflit avec le Parti communiste chinois. Selon le Financial Times, il n'a plus été vu depuis octobre.

Pinduoduo (-6,1%). Les autorités chinoises examineraient les conditions de travail du groupe de commerce en ligne après la mort d'une salariée.

Fiat Chrysler (+0,5%). Les trois principaux actionnaires du Français PSA, la famille Peugeot, l'Etat français et le Chinois Dongfeng, ont voté en faveur du projet de fusion transfrontalière avec FCA présenté en décembre 2019. Les actionnaires de Fiat Chrysler ont également voté en faveur du deal, qui donnera naissance au quatrième groupe automobile mondial en termes de ventes unitaires. Stellantis comptera plus de 400.000 employés. Les deux constructeurs ont recueilli toutes les autorisations antitrust nécessaires.

Pfizer (stable) et BioNTech (+5,1%) font le maximum pour renforcer la production de leur vaccin contre le nouveau coronavirus, mais il y aura sans doute des ruptures d'approvisionnement jusqu'à ce que d'autres vaccins soient disponibles au sein de l'Union européenne, à en croire les fondateurs de la société allemande de biotechnologie BioNTech, cités par l'hebdomadaire allemand Der Spiegel.

Centene (+3,4%) a dévoilé le rachat de Magellan Health dans le cadre d'un accord évalué à 2,2 milliards de dollars dette comprise, afin de renforcer ses services liés à la santé mentale.

Herbalife (+3,85%). Le milliardaire activiste Carl Icahn a revendu plus de la moitié de sa participation dans Herbalife Nutrition à la société pour 600 millions de dollars et a renoncé à cinq sièges au board détenus par ses représentants.

Teledyne Technologies (-7,5%) annonce l'acquisition du fabricant de caméras thermiques Flir Systems pour huit milliards de dollars en cash et actions.

Roku (-4,27%). Le fabricant de décodeurs et lecteurs multimédias étudie le rachat du catalogue de contenus de Quibi, service de streaming qui a déposé le bilan quelques mois après son lancement. C'est du moins ce que rapportait hier le Wall Street Journal.

Airbnb (-5,2%). Les brokers de la place initient leurs recommandations sur le dossier récemment introduit à Wall Street. Needham et Jefferies sont à l'achat. Piper Sandler et Baird entament leurs suivis à 'surpondérer' et 'surperformance'. Credit Suisse est 'neutre', tout comme Keybanc.

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