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Clôture de Wall Street : -2%, la spéculation et le Covid inquiètent...

Clôture de Wall Street : -2%, la spéculation et le Covid inquiètent...
Clôture de Wall Street : -2%, la spéculation et le Covid inquiètent...
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York a conclu vendredi sa pire semaine depuis la fin octobre, dans la crainte d'un ralentissement économique lié à une campagne de vaccination plus lente que prévu aux Etats-Unis et en Europe. En outre, la vague de spéculation qui s'est emparée d'un groupe de valeurs "shortées" commence à faire craindre une déstabilisation plus générale des marchés, où des bulles se sont formées ces derniers mois sur certains segments. L'action Johnson & Johnson a perdu 3,5% après des résultats préliminaires jugés mitigés pour la Phase 3 de son essai de vaccin contre le Covid-19. A l'inverse, Novavax a flambé de près de 65% après avoir estimé à plus de 89% l'efficacité de son candidat vaccin.

A la clôture, le Dow Jones a abandonné 2,03% à 29.982 points, alors que l'indice large S&P 500 a lâché 1,9% à 3.714 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, a chuté de 2% à 13.070 pts.

Sur la semaine, les trois indices ont perdu respectivement 3,2%, 3,3% et 3,5%. Le mois de janvier, qui avait commencé en fanfare dans l'espoir de vaincre le Covid-19 grâce à la vaccination, se termine finalement sur un recul de 2% pour le DJIA, de 1,1% pour le S&P 500 et de 1,7% pour le Nasdaq.

Sur les autres marchés, le baril de pétrole brut WTI a cédé 0,30% à 52,20$ sur le Nymex, mais il a gagné 7,6% en janvier. L'once d'or a avancé de 0,5% vendredi, mais a perdu 2,5% en janvier. L'argent s'est distingué avec un bond d'environ 6% en deux séances, le métal argenté devenant à son tour la cible de petits investisseurs sur les réseaux sociaux comme Reddit. L'indice du dollar a pris 0,1% face à un panier de devises de référence, tandis que l'euro a aussi gagné 0,14% à 1,2138$ face au billet vert. Le Bitcoin a bondi de 12% vendredi, frôlant les 36.000$, après le changement de 'bio' d'Elon Musk sur Twitter à l'effigie de la reine des cryptomonnaies...

Questions sur le rythme des campagnes de vaccination

Sur le plan sanitaire, les investisseurs commencent à craindre que la crise du coronavirus ne dure plus longtemps que prévu. La propagation rapide de nouveaux variants préoccupe les marchés, qui s'inquiètent d'un retard dans le calendrier de la reprise économique tant espérée en 2021... Les campagnes de vaccination patinent des deux côtés de l'Atlantique, compte-tenu de la difficulté pour les groupes pharmaceutiques à produire des doses à très grande échelle, et pour les autorités à distribuer les doses.

La montée en puissance de l'outil industriel pourrait être plus longue qu'anticipé, et la progression rapide de nouveaux variants du Covid-19, fait craindre une moindre efficacité de certains vaccins. La pénurie de vaccins se fait surtout sentir dans l'Union européenne, où les livraisons des laboratoires Pfizer/BioNtech, Astrazeneca et Moderna ont été retardées...

Aux Etats-Unis, où le rythme des vaccinations a accéléré depuis la prise de fonction du président Joe Biden, c'est moins la production que la distribution qui pose problème pour le moment. Sur les 48,4 millions de doses livrées aux Etats et aux maisons de retraite, seules 26,2 millions de doses ont été administrées jusqu'à présent, selon les chiffres publiés vendredi par les centres de de contrôle et de prévention des maladies (CDC). Biden s'est fixé pour objectif d'atteindre l'immunité collective aux Etats-Unis d'ici à l'été.

Le Covid-19 a entraîné jusqu'ici le décès de plus de 434.000 personnes aux Etats-Unis, sur un total de 2,2 millions de morts dans le monde. Plus de 100 millions de personnes ont été infectées dans le monde.

Résultats mitigés de l'essai de vaccin de Johnson & Johnson

Le laboratoire américain Johnson & Johnson a déçu en faisant état vendredi de résultats variables selon les régions de son candidat vaccin... Celui-ci a eu efficacité globale de 66%, mais dans le détail, ce taux est monté à 72% aux Etats-Unis, contre 66% en Amérique latine et seulement 57% en Afrique du Sud, quatre semaines après l'injection du vaccin (qui ne requiert qu'une seule dose).

Alex Gorsky, CEO de J&J, se dit toutefois fier de ces conclusion préliminaires. Le vaccin a en outre été bien toléré, sans problème significatif de sécurité. L'agence américaine de santé, la FDA, a déjà indiqué qu'elle autoriserait tout vaccin sûr d'une efficacité supérieure à 50%. Le groupe a en outre précisé qu'avec le temps, le vaccin avait permis d'éviter les formes graves de la maladie. Aucun cas grave n'a été observé chez les participants vaccinés après le jour 49 suivant l'injection.

Aux Etats-Unis, la 3e vague de l'épidémie de Covid semble avoir enfin atteint un pic. Le nombre de nouveaux cas quotidiens diminue depuis plus d'une semaine, ainsi que le nombre d'hospitalisations. Les chiffres restent cependant élevés, avec au moins 165.073 nouveaux cas jeudi, et près de 4.000 morts (3.862), après plus de 4.000 décès sur chacun de deux jours précédents, selon les statistiques du New York Times. Plusieurs Etats, dont la Californie et New York, ont cependant commencé à lever progressivement leurs mesures de restriction.

Pour la Fed on est "loin d'une reprise complète"

Ce contexte sanitaire anxiogène commence à peser sur la conjoncture économique outre-Atlantique, où la croissance du 4e trimestre a tout de même atteint 4% en rythme annuel après un rebond bien plus vif de 33,4% au 3e trimestre. Mercredi, le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, s'est montré préoccupé à ce sujet, la Fed estimant que le rythme de la reprise "s'est modéré ces derniers mois, avec une faiblesse concentrée dans les secteurs les plus affectés par la pandémie".

Jerome Powell a estimé que la nouvelle vague de Covid-19 rendait les perspectives économiques "hautement incertaines". Tout en affirmant voir des signes d'une amélioration de l'économie plus tard cette année, il a estimé que l'économie américaine était encore "loin d'une reprise complète et loin des objectifs de la banque centrale en matière d'inflation et d'emploi".

Il a réaffirmé que la Fed (qui a maintenu mercredi ses mesures de soutien aux marchés) ne comptait pas réduire ses achats d'actifs ("tapering") en 2021. Mais il n'a pas non plus évoqué la possibilité d'accroître encore les actions de soutien de la Fed.

Prudence sur les dépenses de consommateurs US en décembre

Vendredi, les statistiques "macro" ont montré que les Américains sont restés prudents en matière de dépenses en décembre pour le 2e mois consécutif. Alors que les revenus ont fortement augmenté (+0,6% sur un mois, contre +0,1% de consensus et après -1,3% en novembre), les dépenses personnelles ont en revanche reculé de 0,2% après -0,7% en novembre. Ce recul a cependant été moins important que ce que craignait le consensus (-0,5%). A noter que l'indice des prix 'core PCE' a grimpé de 0,3% en décembre en comparaison du mois antérieur, contre 0,1% de consensus.

Par ailleurs, l'indice final du sentiment des consommateurs de l'Université du Michigan est ressorti à 79 pour le mois de janvier, un peu en dessous du consensus (79,2).

Mais vendredi, comme les jours précédents, les conversations des opérateurs portaient moins sur la conjoncture, ou l'avalanche des résultats d'entreprises que sur la spéculation qui s'est emparée ces derniers jours d'une poignée de titres ciblés par les vendeurs à découvert, qui ont été contrecarrés par des centaines de milliers de petits porteurs réunis sur des forums boursiers comme WallStreetBets, sur le réseau social Reddit.

La spéculation reprend de plus belle sur GameStop et AMC

Ainsi, ces "day traders" américains ont fait décoller les valeurs les plus vendues à découvert de la cote et ont ainsi 'squeezé' les hedge fund qui jouaient la baisse. Des titres comme GameStop et AMC Entertainment, ont été multiplié plusieurs fois par deux en quelques jours et se sont retrouvés propulsés parmi les valeurs plus échangées de toute la cote à Wall Street, au même niveau que des poids lourds comme Apple ou Tesla. Jeudi, face à la frénésie spéculative, plusieurs brokers ont limité, voire bloqué, les transaction sur leurs plateformes, notamment Robinhood (une appli gratuite très populaire) mais aussi Schwab et TD Ameritrade. Ces blocages ont provoqué la colère des petits porteurs, et l'ensemble de ce phénomène inédit est désormais suivi de près par la SEC et même par les membres du Congrès et la Maison Blanche...

Vendredi, les brokers ont levé en partie leurs restrictions d'achat, ce qui a entraîné une nouvelle vague haussière sur des titres comme Gamestop (+67,8%) et AMC (+53,6%). La plateforme Robinhood, mise en difficulté par des appels de marge, a fait appel en urgence à ses actionnaires (des fonds d'investissement), qui ont accepter d'injecter 1 milliard de dollars en capitaux frais dans la start up. Robinhood envisage de s'introduire en Bourse cette année, mais fait désormais l'objet d'une surveillance réglementaire accrue, et d'une "class action" de ses clients frustrés par le blocage de leurs comptes.

VALEURS A SUIVRE

GameStop (+68%). Le titre a été multiplié par 5 sur la semaine (+400%), propulsé par une armée de petits porteurs face aux "hedge funds" vendeurs à découvert qui ont perdu des milliards en quelques jours. AMC Entertainment s'est adjugé plus de 53% et BlackBerry a fait du yoyo (+9% puis -3,7%). Koss a grimpé de 52%. Il s'agit d'un petit échantillon des valeurs favorites des WSB (le forum en ligne Wallstreetbets sur Reddit)... Le gendarme boursier américain, la SEC, s'est mêlé logiquement de la bataille boursière entre investisseurs particuliers et vendeurs à découvert. La SEC vient d'indiquer qu'elle allait agir "pour protéger les petits investisseurs lorsque les faits démontrent une activité boursière abusive ou manipulatrice qui est interdite par les lois fédérales sur les valeurs mobilières", a précisé la commission.

Novavax a bondi de 64,8%! Le laboratoire du Maryland a annoncé en effet que son candidat vaccin contre le nouveau coronavirus affichait une efficacité de plus de 89%. Le groupe évoque les résultats d'un essai mené au Royaume-Uni. Mieux encore, l'efficacité serait presque équivalente contre le variant plus contagieux découvert en Angleterre, si l'on en croit les données préliminaires. Un essai mené en Afrique du Sud, où a émergé un autre variant, a montré une efficacité de 60% chez les personnes non atteintes par le VIH. L'essai britannique porte sur 15.000 volontaires de 18 à 84 ans. Il servira sans doute de base aux demandes d'examen par les autorités réglementaires du Royaume-Uni, de l'Union Européenne et d'autres pays. Le groupe fait état d'une efficacité de 85,6% contre la mutation britannique.

Johnson & Johnson (-3,5%) a quant à lui fait état de résultats mitigés de son candidat vaccin contre le nouveau coronavirus. Ainsi, ce vaccin en une injection s'est révélé efficace à 72% aux États-Unis et moins dans d'autres régions. J&J affirme toutefois que le vaccin potentiel s'est montré efficace à 85% dans la prévention des cas graves, quatre semaines après vaccination, chez l'ensemble des adultes. Les résultats de l'étude sont basés sur 468 infections confirmées, au sein d'une étude de phase 3 portant sur plus de 43.000 volontaires. L'essai comprenait des cas infectés par le variant sud-africain.

Eli Lilly (-1%), le laboratoire d'Indianapolis, a annoncé pour son quatrième trimestre clos fin décembre 2020 un bénéfice net en vive croissance de plus de 41%, à 2,12 milliards de dollars soit 2,32$ par action, contre 1,5 milliard de dollars et 1,64$ par titre un an avant. Les revenus mondiaux du groupe ont totalisé 871 millions de dollars sur le trimestre sur bamlanivimab, sa thérapie contre le Covid-19. Les revenus ont ainsi grimpé de 22% à 7,44 milliards. Le consensus était de 7,27 milliards selon FactSet. Le bénéfice ajusté par action est ressorti à 2,75$, contre 1,73$ un an plus tôt et 2,37$ de consensus. Pour 2021, le groupe affirme sa guidance et table sur un bpa ajusté allant de 7,75 à 8,4$, pour des revenus situés entre 26,5 et 28 milliards.

Colgate-Palmolive (-1,4%), acteur majeur américain des produits de consommation, a annoncé au titre de son quatrième trimestre fiscal 2020 des ventes en augmentation de 7,5% dont 8,5% en organique. Le bénéfice GAAP par action est ressorti stable à 75 cents. Le bpa ajusté a augmenté de 5% à 77 cents. Les revenus consolidés ressortent à 4,32 milliards. Le groupe table pour l'année 2021 sur un chiffre d'affaires en hausse de 4 à 7%, une croissance organique de 3 à 5% et une expansion de la marge ajustée. Le bpa ajusté est attendu en hausse de 6 à 9%.

Johnson Controls (+0,97%) a dépassé le consensus de bénéfices et de ventes sur le trimestre écoulé et fourni une guidance 'en ligne'. Pour son premier trimestre fiscal clos fin décembre, le groupe a réalisé un bénéfice net de 451 millions de dollars et 62 cents par action. Le bénéfice a donc augmenté plus que prévu, malgré le repli des ventes reflétant l'impact de la pandémie.

Caterpillar (-0,8%) a battu le consensus de profit. Le leader des équipements miniers et de construction a publié pour le quatrième trimestre un bénéfice ajusté par action de 2,12$, contre 1,45$ de consensus. Le groupe a bénéficié de l'amélioration des marges et du rebond des ventes asiatiques. Les ventes trimestrielles totales ont représenté 11,2 milliards de dollars, proches des attentes du consensus. Le bpa décline de 22% et les revenus de 15% avec la crise sanitaire.

Honeywell (-3,6%) a dépassé les attentes en termes de ventes et de profits, et livré des perspectives conformes aux attentes. Sur le trimestre clos, le bénéfice par action a été de 2,07$ contre 2$ de consensus. Les revenus ont totalisé 8,9 milliards de dollars contre un consensus de 8,4 milliards. Pour l'exercice 2021 cette fois, le groupe américain d'aéronautique et de défense envisage un bénéfice ajusté par action allant de 7,60 à 8$, alors que le consensus était de 7,87$.

Chevron (-4,2%), le groupe pétrolier américain, a déploré une perte ajustée de 11 millions de dollars pour son quatrième trimestre, avec la baisse des marges et les coûts d'acquisition. Le déficit ajusté par action ressort à 1 cent par titre sur le trimestre clos, contre un bénéfice de 2,8 milliards de dollars et 1,49$ par action sur la période correspondante de l'an dernier. La perte nette totalise 665 millions de dollars. Les activités de raffinage et chimie ont perdu 338 millions de dollars sur le trimestre. Les revenus ont atteint 25,25 milliards de dollars, alors que le consensus était de 26,5 milliards. Le consensus de bpa ajusté était positif de 7 cents.

Visa (-2,5%) a annoncé hier soir pour son premier trimestre fiscal un bénéfice par action en retrait de 3% à 1,42$, contre un consensus de 1,28$. Les revenus ont totalisé quant à eux 5,69 milliards de dollars, en recul de 6% en glissement annuel, alors que le consensus était de 5,53 milliards. Le groupe a bénéficié en fin d'année de la forte augmentation des achats en ligne, les ventes US sur la saison des fêtes s'étant améliorées de 8,3%. En outre, le groupe lance un programme de rachat d'actions d'un montant de 8 milliards de dollars.

Mondelez (-2,9%) a dépassé les attentes en termes de profits et de revenus sur le trimestre clos. Le bénéfice par action s'est élevé à 67 cents, pour des ventes de 7,3 milliards de dollars, alors que le consensus se situait à 66 cents de bpa et 7,16 milliards de facturations. Un an auparavant, le groupe agroalimentaire américain, connu pour ses marques Oreo, Trident ou Cadbury, avait réalisé un bénéfice par action de 61 cents et des ventes de 6,91 milliards.

Western Digital (+7,1%) a bondi, dopé par les notes de brokers suite à un trimestre meilleur que prévu. Pour le second trimestre fiscal, le groupe a réalisé un bénéfice ajusté par action de 69 cents, contre 53 cents de consensus et 62 cents un an avant. Les revenus ont totalisé 3,94 milliards de dollars sur ce trimestre de décembre, dépassant de 1% le consensus, contre 4,23 milliards de facturations un an avant.

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