Cotation du 18/05/2022 à 18h05 CAC 40 -1,20% 6 352,94
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Clôture à Paris : un coup pour rien !

Clôture à Paris : un coup pour rien !
Clôture à Paris : un coup pour rien !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — LA TENDANCE

Après le beau parcours de Wall Street, hier, dans le sillage des déclarations de Jerome Powell, le CAC40 est resté bien ferme une bonne partie de la journée. Le comité de politique monétaire de la Fed a rendu son verdict avec beaucoup de doigté, comme sait le faire Jerome Powell, son président. Cependant, l'indice phare de la place parisienne s'est essoufflé au fil de la séance, avec l'ouverture d'une place américaine en prise de bénéfices et le relèvement des taux de la Banque d'Angleterre. La BCE pourrait aussi en faire de même, lors de sa prochaine réunion. En clôture de marché, Paris termine en baisse de -0,43%, à 6.368 points ce jeudi, après les publications de plusieurs poids lourds de la cote : Airbus, Legrand, Crédit Agricole, Société Générale, et aussi Stellantis...

Hier soir à New York, la Fed a relevé, sans surprise, son taux directeur d'un demi-point. Pour lutter contre l'inflation, elle commencera à réduire son colossal bilan de 9.000 milliards de dollars à partir de juin, avec un montant initial de 47,5 Mds$ par mois. En revanche, Jerome Powell a pris ses distances avec les faucons de la Fed, et a semblé exclure tout tour de vis plus important, ce qui a rassuré les marchés. La volatilité demeure tout de même omniprésente sur les marchés, sur fonds de tensions géopolitiques, énergétiques et sanitaires.

ECO ET DEVISES

Après un premier tour de vis modéré, d'un quart de point, le 16 mars dernier, la Réserve fédérale a donc relevé d'un demi-point l'objectif de taux des fonds fédéraux ("fed funds"), son principal instrument de politique monétaire, le premier geste de cette ampleur depuis 2000. Les membres du Federal Open Market Committee (FOMC) ont jugé "approprié" de procéder à d'autres hausses dans les mois à venir... La banque centrale américaine commencera également à réduire son énorme bilan (9.000 Mds$) de façon progressive, à partir du 1er juin prochain, a indiqué la Fed.
La banque centrale américaine a souligné dans son communiqué son inquiétude concernant l'inflation (8,5% en mars aux Etats-Unis), qui devrait être exacerbée par la guerre en Ukraine. Aussi, "le comité (FOMC) est hautement attentif aux risques inflationnistes". "L'invasion et les événements qui découlent (de la guerre en Ukraine) créent une pression haussière supplémentaire sur l'inflation et sont susceptibles de peser sur l'activité économique. De plus, les confinements liés au Covid en Chine sont susceptibles d'aggraver les perturbations des chaînes d'approvisionnement", a souligné la Fed.
Ces propos ont cependant été nuancés par le président de la Fed, Jerome Powell, lors de sa conférence de presse qui a suivi les annonces de la Fed, a affirmé qu'il ne voyait pas de spirale salaires/prix susceptible de causer une inflation permanente. Il a aussi assuré qu'il voyait un chemin vers un atterrissage en douceur de l'économie, et a estimé que l'économie américaine n'était pas près d'un retournement, même si la croissance du 1er trimestre s'est contractée de 1,4% en rythme annuel, à la surprise générale. Interrogé sur la possibilité d'un tour de vis monétaire encore plus important, de 75 points de base lors de la prochaine réunion, en juin, M. Powell a estimé que ce n'était pas une hypothèse envisagée "activement" par la Fed.

Les inscriptions hebdomadaires au chômage, publiées ce jeudi, montrent que le marché du travail demeure tendu aux Etats-Unis, même si le nombre d'Américains ayant déposé la semaine dernière des demandes d'allocations chômage a augmenté plus que prévu, à 200.000.

Pour diverses raisons conjoncturelles, l'économie temporise dans plusieurs pays... En France, la production industrielle a reculé de -0,5% en mars après une baisse révisée à -1,2% en février, selon les données publiées par l'Insee. L'institut a révisé en baisse l'évolution de la production industrielle de février annoncée initialement à -0,9%.

Outre-Manche, la croissance du secteur privé britannique a atteint en avril son rythme le plus faible en 3 mois alors que les entreprises des secteurs des services et de l'industrie ont relevé leurs prix afin de faire face à l'inflation.
La Banque d'Angleterre (BoE) vient de relever son taux d'intérêt à 1%, son plus haut niveau depuis 2009, afin de contrer l'inflation qui pourrait atteindre plus de 10% cette année. La BoE avertit également que l'économie britannique pourrait tomber en récession.
La plupart des membres de la banque centrale britannique estime qu'"un certain degré de resserrement supplémentaire de la politique monétaire pourrait encore être approprié dans les mois à venir", a annoncé la BoE, abandonnant dans son communiqué le mot "modeste" pour décrire l'ampleur des hausses de taux à venir. La BoE s'inquiète également de l'impact des restrictions mises en place en Chine face à l'épidémie de COVID-19. Leur impact sur les chaînes d'approvisionnement est de nature à d'accroître les pressions inflationnistes. L'institution a maintenu sa prévision de croissance pour cette année à 3,75% mais elle s'attend désormais à une contraction de l'économie de 0,25% en 2023, contre une expansion de 1,25% auparavant. Elle également revu en baisse sa prévision de croissance pour 2024, à 0,25% contre 1% précédemment.

En Chine également, l'économie marque le pas avec la crise sanitaire. L'activité dans le secteur des services s'est contractée dans le pays en avril, les restrictions liées à la pandémie de coronavirus ayant freiné l'industrie et pesé sur les nouvelles entreprises et l'emploi. L'indice PMI des services calculé par Caixin/Markit s'est établi à 36,2 en avril, (42 en mars). L'indice était tombé à son plus bas niveau, à 26,5, en février 2020, au début de la pandémie.

Le baril de pétrole WTI s'est retourné, reculant maintenant de 0,5% à 107,07 dollars. Le Brent de la mer du Nord se tasse également 0,49% à 109,68$.
Les pays de l'alliance Opep+ (dont fait partie la Russie) tiennent ce jeudi leur réunion mensuelle consacrée à leur niveau de production. Sauf coup de théâtre, l'alliance ne devrait pas modifier en juin sa politique de hausse très progressive de sa production, malgré les demandes des Etats-Unis et d'autres pays d'ouvrir les vannes afin de faire reculer les cours du brut et l'inflation qui en découle...

L'euro s'échange à 1,0496$ contre le dollar. L'once d'or s'apprécie de 0,32% à 1.874$.

VALEURS EN HAUSSE

* Airbus Group (+6,28% ; à 109,02 euros). Le chiffre d'affaires consolidé d'Airbus (+7%) progresse de +15% au 1er trimestre pour atteindre 12 milliards d'euros (10,46 MdsE au 1er trimestre 2021), reflétant essentiellement la hausse des livraisons d'avions commerciaux et un mix favorable. Le constructeur a des ambitions fortes de livraisons qui encouragent les marchés. Le résultat net consolidé s'établit au 1er trimestre à 1,219 MdE (362 ME au 1er trimestre 2021), soit un bénéfice par action (BPA) consolidé (reporté) de 1,55 euro (0,46 euro au 1er trimestre 2021). La trésorerie nette consolidée est à 7,7 MdsE (7,7 MdsE à fin 2021). La position de trésorerie de l'entreprise reste forte à 28,8 MdsE, fin mars 2022. Les prévisions publiées en février 2022 demeurent inchangées. L'entreprise souhaite atteindre 720 livraisons d'avions commerciaux ; un Ebit ajusté de 5,5 MdsE ; un flux de trésorerie disponible avant fusions et acquisitions et financements-clients à 3,5 MdsE.

* Arkema (+3,42% à 116,5 euros) a réalisé une excellente performance financière au 1er trimestre, malgré la forte inflation des matières premières et de l'énergie et une certaine disparité de croissance entre les régions et les marchés. Ces résultats ont été portés par l'accélération du Groupe dans les matériaux de haute performance, sa capacité à intégrer les hausses de coûts dans ses prix de vente et son agilité dans un environnement mondial complexe. Le chiffre d'affaires du groupe est de 2,9 MdsE, en hausse de 30% par rapport à l'an dernier à périmètre et change constants. L'EBITDA ressort à 619 ME, en hausse de 72,9% par rapport au T12021. Le résultat net courant est ainsi multiplié par 2,4 à 376 ME, soit 4,96 euros par action. Le flux de trésorerie courant s'inscrit à 26 ME, intégrant la hausse saisonnière du besoin en fonds de roulement, ainsi que les prix de vente et de matières premières plus élevés. La dette nette est bien maîtrisée à hauteur de 2,703 MdsE, dont 700 ME d'obligations hybrides. Arkema vise désormais en 2022 à périmètre constant, un Ebitda pour ses Matériaux de Spécialités et pour le groupe en légère hausse par rapport au niveau record de 2021.

* Elis (+1,8% à 14,09 euros). JP. Morgan relève sa recommandation de 'neutre' à 'surpondérer'.

* Legrand (+1,51% à 83,2 euros). Le groupe a annoncé au 1er trimestre 2022, un chiffre d'affaires en croissance de +17,8% par rapport à la même période de 2021, à 1.972 ME. La progression organique des ventes est de +11,2% sur la période, avec +10,1% dans les pays matures et +14,4% dans les nouvelles économies. Cette évolution reflète la gestion active de la 'supply chain' dont les tensions sont restées fortes depuis le troisième trimestre 2021, le succès des nombreuses initiatives de développement et le 'pricing power' du Groupe. L'effet périmètre lié aux acquisitions est de +3,2%. Sur la base des acquisitions réalisées, et de leurs dates probables de consolidation, cet effet serait proche de +3% en année pleine. Le groupe poursuit en 2022 sa stratégie de développement rentable et responsable dans le cadre de sa feuille de route stratégique.

* Air France KLM (+2,05% à 3,985). Le transporteur aérien a publié un Ebitda positif à 221 ME, supérieur aux prévisions, au premier trimestre. Le cash-flow libre d'exploitation ajusté est nettement positif à hauteur de 630 ME, grâce à des ventes de billet particulièrement dynamiques en mars. Le résultat net est de -552 ME, soit une amélioration de 930 ME par rapport au même trimestre de l'année précédente, soutenu par une forte hausse des recettes à 4.445 ME, soit 2.284 ME de plus que l'année précédente. Le cash-flow libre d'exploitation ajusté s'est amélioré de 1,974 MdE par rapport au 1er trimestre de 2021. La dette nette ressort à 7,7 milliards d'euros, en baisse de 0,6 MdE par rapport aux niveaux de fin 2021 grâce au cash-flow libre d'exploitation ajusté positif.

VALEURS EN BAISSE

* CGG (-18,69% à 0,957 euro). Le chiffre d'affaires des activités est ressorti à 153 M$, en baisse de 24% pro-forma. L'EBITDA est de 39 M$, en hausse de 19% sur un an avec une marge de 25% due à un mix favorable. Le résultat opérationnel est de -5 M$ vs. -17 M$. Le résultat net du groupe ressort à -19 M$ contre -85 M$ un an plus tôt. La dette nette avant IFRS 16 est de 807 M$ à fin mars 2022.

* Crédit Agricole (-4,01% à 9,98 euros) a publié une baisse de ses bénéfices au premier trimestre en raison de plus d'un demi-milliard d'euros de provisions liées à son exposition à la Russie et à l'Ukraine. Le bénéfice net recule ainsi de 47,2% sur un an, à 552 ME, après un provisionnement jugé "prudent" des pertes potentielles dues à l'invasion de l'Ukraine par la Russie. L'établissement a ainsi provisionné en intégralité, soit à hauteur de 195 ME, la valeur des fonds propres de sa filiale ukrainienne, tandis que les provisions sur l'exposition à la Russie s'élèvent à 389 ME. "Le groupe a, sur le plan financier, fait un choix de prudence face à des risques avérés très faibles", a expliqué le directeur général du groupe, Philippe Brassac. Pour Dominique Lefebvre, Président de la SAS Rue La Boétie et Président du Conseil d'administration de Crédit Agricole S.A. commente : "Le groupe prouve à nouveau la solidité et la régularité de son modèle pour absorber les crises ; il exprimera le 22 juin ses ambitions à moyen et long terme, en réponse aux enjeux des transitions sociétales".

* Société Générale (-2,56% à 22,43 euros). La banque de La Défense a publié au 1er trimestre un résultat net en hausse de 3,4% à 842 ME, rapporté à un produit net bancaire de 7,281 MdsE, en progression de 16,6%. Une performance alimentée par la banque de détail et les activités de marché qui ont limité l'impact de la Russie. Les revenus des métiers actions ont ainsi progressé de près de 20% sur les trois premiers mois de l'année, à plus d'un milliard d'euros.
La SG a annoncé en avril sa sortie de Russie avec la vente de Rosbank à Interros Capital. Les charges de 3,1 MdsE liées aux activités russes de la banque de la Défense intègrent une dépréciation d'environ 2 MdsE de la valeur comptable des activités cédées de Rosbank. SG a annoncé en parallèle une augmentation du niveau de ses provisions en raison de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, qui augmente le risque de non remboursement de certains crédits. Le groupe français s'attend désormais à ce que son coût du risque, qui reflète les provisions pour créances douteuses, atteigne cette année 30 à 35 points de base, soit 1,7 à 1,9 MdE, alors qu'elle tablait auparavant sur un niveau inférieur à 30 points de base. Ces coûts supplémentaires s'ajoutent aux dépréciations déjà annoncées, liées entre autre à la cession de sa filiale russe Rosbank, qui se traduira par des charges exceptionnelles d'environ 3,1 MdsE.

* Stellantis (-0,75% à 12,72 euros). Le constructeur automobile a dévoilé un chiffre d'affaires net supérieur aux attentes des analystes au 1er trimestre 2022 et confirme sa guidance annuelle. Le constructeur automobile a réalisé sur les trois premiers mois de l'année des revenus nets de 41,5 MdsE, en hausse de 12% par rapport au résultat Pro Forma de 37 MdsE du 1er trimestre 2021 (36,16 MdsE de consensus), reflet d'une tarification dynamique, d'un mix véhicules solide et d'effets de change favorables. Les ventes consolidées reculent de 12% à 1,37 million d'unités, essentiellement en raison de commandes de semi-conducteurs non reçues. A la lumière de la guerre en Ukraine bouleversant les lignes d'approvisionnement, Stellantis réduit sa projection de marché pour l'Europe et voit maintenant une baisse des ventes de 2% pour la région, contre une croissance de 3% espérée précédemment. Le marché nord-américain devrait quant à lui être stable, contre une hausse de 3% attendue auparavant...

* EDF (-1,41% à 8,26 euros). L'énergéticien espère parvenir à un accord "dans les prochains mois" pour la construction de six réacteurs EPR en Inde. Rappelons qu'EDF a remis, en avril 2021, à l'exploitant nucléaire indien NPCIL une offre technico-commerciale engageante française en vue de la construction de six réacteurs EPR sur le site de Jaitapur, dans l'ouest de l'Inde.

* Valneva (-0,2% à 11,84 euros) a annoncé un chiffre d'affaires total de 21,8 ME au 1er trimestre 2022, (23,2 ME au 1er trimestre 2021). La position de trésorerie était de 311,3 ME au 31 mars 2022, avec jusqu'à 40 M$ supplémentaires mis à disposition en avril 2022 dans le cadre d'une augmentation du volume de l'accord de financement existant avec les fonds américains spécialisés dans le secteur de la santé Deerfield et OrbiMed (dont $20 millions conditionnés à l'approbation de VLA2001 par l'EMA).

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