Actions : faut-il détenir ses titres au porteur ou au nominatif ?

La plupart du temps, les actionnaires individuels détiennent leurs actions «au porteur». Mais il existe un autre mode, parfois moins connu des investisseurs : le nominatif pur. Quels sont les avantages respectifs de ces deux formules, mais aussi leurs inconvénients ?

Détention au porteur

Vous avez un compte-titres chez un intermédiaire financier ? Sauf exceptions, vous entrez dans le cadre de la détention au porteur... Ici, c’est l’intermédiaire qui est votre interlocuteur direct. Il s’occupe de la gestion de votre compte (décomptes fiscaux, convocations…) et de la conservation de vos titres. Vis-à-vis de la société cotée, vous êtes donc un actionnaire strictement anonyme.

Avec le nominatif pur, la situation change ! Les actions sont directement inscrites auprès de la société. Il n’y a donc plus d’intermédiaire entre la société cotée et l’actionnaire individuel. Ce dernier est de ce fait clairement identifié par la société...

Avantages du nominatif pur

En choisissant le nominatif pur, un actionnaire bénéficie d’une relation privilégiée avec la société : réception du rapport annuel, réception des lettres aux actionnaires, invitations à des réunions…

Les sociétés cotées mettent aussi en avant l’intérêt financier puisqu’elles dispensent les actionnaires de frais de gestion et de droits de garde. Un point non négligeable...

Enfin, certaines sociétés récompensent même les plus fidèles de leurs actionnaires au nominatif pur, via des majorations de dividendes ou de droits de vote. Air Liquide propose par exemple une «prime de fidélité» qui après deux ans au nominatif pur majore de 10% le dividende versé et le nombre d’actions gratuites attribuées.

Inconvénients du nominatif pur

Le nominatif pur n’a cependant pas que des avantages... Le premier concerne la multi-détention. Un actionnaire ayant des titres de trois sociétés différentes doit par exemple gérer trois comptes s’il est au nominatif pur.

S’il est exonéré de droits de garde, l’actionnaire au nominatif pur reste en revanche soumis à des frais sur ses transactions. Or, selon les cas, ces frais peuvent être supérieurs à ceux que facturent les courtiers. Chez Total, ils sont par exemple de 0,2% HT, avec un plafond de 1.000 euros par opération.

Enfin, et peut-être surtout, le nominatif pur empêche de loger ses titres dans un PEA.

L'option intermédiaire : le nominatif administré

Pour ceux qui hésitent, il existe également une solution intermédiaire : le nominatif administré. Les titres restent gérés par un intermédiaire financier, mais l’actionnaire est inscrit (et donc identifié) auprès de la société. Il peut ainsi bénéficier de certains avantages du nominatif pur (envoi des publications, primes de fidélité).

Certes, l’actionnaire est soumis aux frais facturés par l’intermédiaire. Mais contrairement au nominatif pur, il peut ici loger ses titres dans un PEA...