La gestion alternative

Née dans les années cinquante aux Etats-Unis, la gestion alternative recouvre un vaste ensemble de techniques au service d’un seul objectif : générer une performance positive absolue aussi régulière que possible indépendamment de l’évolution des indices. 

Cette méthode se différencie de la gestion traditionnelle par sa grande liberté d’action. En effet, si la gestion traditionnelle se contente d’acheter des produits financiers, misant sur la hausse des marchés (Long Only), l’approche alternative prend aussi bien des positions à l’achat qu’à la vente (Long and Short). 

Parallèlement, elle a recours à de nombreux supports, en investissant sur les actions, les obligations, les matières premières, les devises ou encore les produits dérivés... 

Mettant l’accent sur la gestion du risque, la gestion alternative n’en utilise pas moins l’effet de levier : des gains sur de faibles variations de cours peuvent ainsi se transformer en grosses plus-values ! Les fonds de gestion alternative sont communément appelés les "hedge funds". Ils sont nommés ainsi car les positions qu’ils prennent sont systématiquement "hedgés", c’est-à-dire couvertes... 

Les hedge funds

Les fonds hedge funds sont assimilés à des fonds spéculatifs en raison de leur recours à l’effet de levier et à la vente à découvert... Leur mauvaise réputation auprès des investisseurs traditionnels est lié au fait qu’ils contribuent à augmenter la volatilité du marché. Mais ce que les observateurs oublient de dire, c’est que les hedge funds sont aussi indirectement des régulateurs du marché qui génèrent une "prime à la qualité". Ce sont souvent eux qui amplifient une tendance de marché, mais en aucun cas ne l’initient...

Dans les grandes banques, la gestion alternative s’appuie sur des outils mathématiques et informatiques puissants. L’investisseur individuel qui souhaite s’initier à cette stratégie avec ses propres moyens devra redoubler de vigilance quant à la mesure et à la gestion de son risque...

Techniques alternatives

Long/short : Il s’agit d’une technique d’arbitrage sur les actions ou les paniers d’actions principalement...  Elle est très fréquemment utilisée sur les marchés et s’appuie sur l’analyse technique et l’étude des forces et faiblesses des entreprises. En pratique, l’investisseur long/short adopte souvent un biais acheteur ou vendeur dans ses prises de positions. Cette attitude lui permet de miser sur les deux tableaux. Il parie sur l’évolution des marchés et se concentre simultanément sur les écarts qui pourrait apparaître sur le marché entre différents titres.

Event Driven : Il s’agit d’une variante du long/short. A la différence de cette dernière technique, dont les décisions sont souvent prises sur la base de l’analyse technique, la gestion "event driven" cherche à tirer profit des opportunités d'investissement engendrées par des événements ou des annonces qui affectent la vie des entreprises. En pratique, il s’agit principalement des  situations spéciales (changement d’actionnariat, OPA, rachat des minoritaires).

Relative value ou stratégies d’arbitrage : Il s’agit ici de miser sur les aberrations constatées sur les marchés financiers. Ces stratégies sont par nature sans risque puisqu’il s’agit de traquer des produits financiers objectivement sous cotés par rapport à un autre produit du même sous-jacents à un temps "t". Ces techniques sont fréquemment utilisées lors d'opérations comme des augmentations de capital, des offres publiques ou des émissions d’emprunts obligataires. Dans le cadre de ces situations spéciales, c’est le différentiel de valorisation entre un produit comme un droit de souscription, un bon de souscription ou une obligation convertible par rapport au titre sous-jacent de la société qu'utilise l’arbitragiste.

Trend Following et global macro : Il s’agit de stratégies adoptées sur la base de considérations macroéconomiques. Vous identifiez des grandes tendances sur les marchés, sur les devises en rapport avec la situation économique mondiale. Vous allez alors profiter de ces grands mouvements de marchés pour en tirer un bénéfice.

High Yield : Cette stratégie est complémentaire de la global Macro... Il s’agit de la fameuse la technique des junk bonds, littéralement les "obligations pourries" qui ont défrayé la chronique dans les années 80. Moins en vogue aujourd’hui, cette stratégie peut toujours être efficacement utilisée sur les obligations d’états des pays émergents. L’important dans cette stratégie est de bien diversifier le risque en plaçant dans son portefeuille un nombre  suffisant d’emprunts à rentabilité élevée et sécurisée pour amortir le choc des possibles déconvenues. Statistiquement, le risque lié aux défaillances qui se produiront sera largement compensé par la rentabilité de l’ensemble du portefeuille de junk bonds...

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