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Consultation
Salon Actionaria 2015 Proposé par (Boursier.com)

Hervé Gévaudan " Le logement social : la certitude de commercialisation... " 6

Hervé Gévaudan " Le logement social : la certitude de commercialisation... "
Hervé Gévaudan " Le logement social : la certitude de commercialisation... "

Hervé Gévaudan
Président du conseil de surveillance d'Uniti

Boursier.com : Pouvez-vous nous rappeler l'histoire et l'activité d'Uniti ?

H.G. : La société Uniti est née en 2012 en pleine crise immobilière et s'est bâtie sur un concept simple... Vu que les collectivités doivent répondre à la loi SRU qui les oblige à avoir 20% et bientôt 25% de logements sociaux et que les bailleurs sociaux doivent remplir des objectifs de production d'immeubles de plus en plus importants, pourquoi ne pas construire des programmes immobiliers et les proposer 'clés en mains' aux bailleurs sociaux... C'est ainsi que nous répondons a ce double besoin et c'est le métier d'Uniti qui ne construit qu'au profit de bailleurs sociaux...

Boursier.com : Vous êtes en train de vous développer hors de vos bases géographiques historiques situées dans le sud de la France, en particulier en Ile-de-France. Pouvez-vous nous rappeler votre stratégie en la matière ?

H.G. : Les besoins en matière de logements sociaux se concentrent dans les métropoles... Nous sommes ainsi présents à Paris, Lille, Toulouse, Toulon ou encore Marseille et bien évidemment Montpellier qui est métropole de notre région d'origine... Pour autant, de véritables besoins existent dans les villes de 25.000 à 80.000 habitants et pour des opérations d'envergure plus modeste, de l'ordre de 30 logements à 70 logements. C'est sur ce dernier axe que nous travaillons notre développement. Nous recherchons des terrains dans des villes moyennes, pour des opérations de 30 à 70 logements. Cela présente le double avantage de ne pas nous retrouver en concurrence avec les majors de l'immobilier ou des promoteurs historiques de taille régionale, c'est en partie ce qui explique notre fort développement et la pérennité de notre modèle économique.

Boursier.com : Travaillez vous plus avec les bailleurs sociaux ou avec les communes ?

H.G. : Nous travaillons en réalité en concertation avec les deux ! Naturellement, lorsque nous maîtrisons un terrain, notre premier acte est d'avertir la mairie de notre volonté de construire à cet endroit du logement social. Il va de soit que si la mairie n'envisage pas dans la zone ciblée, ce type de logements, nous abandonnons le projet... C'est seulement dans la volonté affirmée par la mairie de nous accompagner dans le programme de logements aidés, au travers d'une concertation entre les services municipaux et les services techniques de Uniti pour la mise au point du permis de construire, que nous allons rechercher un bailleur social intéressé par un programme dans la ville ciblée.

Boursier.com : Le déficit en termes de logement sociaux est-il appelé à durer selon vous en France ?

H.G. : Oui, en France nous détruisons trop de logements pour faire face à la demande... Malgré toute la volonté dont font preuve les bailleurs sociaux, ce que nous constatons au quotidien, c'est que le déficit se creuse. Cela est aussi dû à la redéfinition des zones urbaines. Il est inconcevable aujourd'hui de reconstruire des bâtiments de 600 à 1000 logements. Même si cela simplifierait les choses, il y a une dimension d'intégration aux tissus urbains indispensable. Les barres HLM, c'est terminé ! C'est d'ailleurs le véritable credo, et des collectivités et des bailleurs sociaux... Cela correspond de plus parfaitement au modèle économique que nous développons. Cela explique notre croissance importante...

Boursier.com : Financer le logement social est-il plus risqué que le logement classique ?

H.G. : Ce serait plutôt le contraire. Le modèle économique qu'Uniti a développé s'appuie sur la certitude de commercialisation. Nous débutons une opération alors même qu'elle est vendue à 100%...

Boursier.com : Pouvez-vous faire un premier bilan de votre inscription sur le Marché Libre en mai dernier et de vos premiers pas boursiers qui ont suivi ? Visez-vous un passage sur un marché réglementé ?

H.G. : L'introduction boursière a eu un effet très bénéfique en terme d'image pour Uniti... Nous avons eu accès également à des propositions de levées de fonds institutionnelles que nous étudions pour améliorer encore notre développement. De plus, nous sommes très satisfaits du niveau d'échanges qui est relativement important pour une société comme la notre, c'est la démonstration que notre modèle plait et que des investisseurs misent sur notre développement... Concernant un passage vers le marché réglementé, nous allons auparavant avancer sur le marché régulé. Nous prévoyons de passer sur l'Alternext l'année prochaine, ou en 2017... Cela dépendra de la stratégie boursière qui ne sera formalisée qu'au mois de février.

Boursier.com : Où en êtes vous de vos objectifs pour 2015 en termes de lots, de chiffre d'affaires et de rentabilité ?

H.G. : Nous sommes dans les prévisions en terme d'opérations et de nombres de lots actés en 2015. Au premier trimestre 2016, nous aurons presque 300 logements en cours de construction. Nous avions prévu environ 450 actes sur 2016, mais nous devrions être au delà de cette ambition, car nous avons validé 600 réservations à ce jour, mais la fin d'année est propice à de nouvelles signatures de compromis qui peuvent encore améliorer ce chiffre... En tout état de cause, nous maîtrisons aujourd'hui suffisamment de terrains pour construire 1500 logements, à divers degrés d'avancement. En terme de chiffre d'affaire, le mode de calcul a changé avec l'introduction boursière qui nous a imposé un système comptable différent, nous serons au volume de signature prévu en 2015, c'est-à-dire que nous aurons acté 28 millions d'euros en fin d'année. En terme de rentabilité, les chiffres démontrent au premier semestre que nous sommes dans nos objectifs. Nous aurons plus que triplé notre rentabilité nette en 2015...

Boursier.com : L'environnement fiscal est-il satisfaisant pour vous et quelles sont vos ambitions de moyen / long terme pour Uniti ?

H.G. : Le problème de l'environnement fiscal est une question plus politique qu'économique... Une entreprise doit de toute manière faire avec l'environnement fiscal qui est propre au pays dans lequel elle évolue. Le propre d'Uniti est précisément de parfaitement s'adapter à la situation économique Française. Le rôle des dirigeants est d'anticiper l'avenir en préparant des adaptations possibles, en ouvrant de nouveaux marchés au modèle économique d'Uniti. Nous préparons de nombreux relais de croissance pour la société, sans nous départir du modèle économique sécurisé que nous proposons... Mais c'est évidemment, dans un premier temps, la consolidation sur le marché domestique qui fait l'objet de toute notre attention. Nous avons ouvert en 2015 des bureaux à Marseille, Arras et Paris, pour accentuer le développement. Nous préparons aussi l'installation sur un marché solide afin d'éventuellement faire face à des variations de situation en Europe. Nous ferons des annonces au cours du premier semestre 2016 sur ces sujets...

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