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Devises : le trimestre noir des 'émergents'...

Devises : le trimestre noir des 'émergents'...

Les récentes turbulences sur les marchés financiers ont profité au 3ème trimestre aux grandes monnaies de référence mondiales que sont le dollar,...

Devises : le trimestre noir des 'émergents'...
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les récentes turbulences sur les marchés financiers ont profité au 3ème trimestre aux grandes monnaies de référence mondiales que sont le dollar, l'euro, le franc suisse et le yen... Ces devises ont en effet bénéficié d'un statut de refuge, dans un environnement international de plus en plus incertain, de nombreux investisseurs ayant rapatrié des avoirs vers des régions jugées plus sûres...
A l'inverse, les monnaies des pays émergents et celles des pays producteurs de matières premières, ont été particulièrement malmenées au 3ème trimestre, sous l'effet de la baisse des cours du pétrole et de minerais, et de la perspective d'une hausse des taux directeurs aux Etats-Unis.

Au tapis : le real, le rand et les dollars australien et canadien

Le real brésilien a le plus souffert, en plongeant de plus de 22% face au dollar ces trois derniers mois... La devise a été secouée par la rechute des cours du pétrole, mais aussi par la perte de confiance des investisseurs dans la capacité de la présidente, Dilma Rousseff, à relancer l'économie de son pays, désormais tombé en récession, et à régler les récents scandales de corruption.

Le rand sud-africain (-12% depuis le 30 juin) a lui aussi souffert, ainsi que le dollar australien (-9%) et la couronne norvégienne (-7,5%). Autre devise liée aux matériaux de base, le dollar canadien a reculé de près de 7% face à son cousin américain entre la fin juin et la fin septembre. La faiblesse des monnaies et des prix des matières premières concourent à déséquilibrer les balances commerciales de ces pays, qui tirent une part importante de leur richesse de la vente d'énergie et de ressources minières.

En hausse : le yen et l'euro, au grand dam de leurs banques centrales...

En revanche, le yen japonais a gagné près de 2% face au dollar depuis trois mois. Cette appréciation ne fait cependant pas les affaires du gouvernement de Shinzo Abe, qui compte sur un yen faible pour relancer durablement la croissance japonaise, et lutter contre la déflation.

Au vu des dernières statistiques, les "Abenomics" tardent à porter leurs fruits tant en matière d'inflation que de création de richesse. Les marchés s'attendent désormais à ce que la Banque du Japon accroisse son programme de rachat d'actifs lors de sa réunion de la fin octobre. Une perspective qui pourrait en théorie affaiblir le yen dans les prochaines semaines.

Le scénario est semblable pour l'euro qui, après avoir plongé en mars, jusqu'à frôler la parité avec le dollar, s'est repris et a affiché la fermeté au cours du troisième trimestre, avec un léger gain de 0,3%.
Les hésitations de la Fed à commencer son cycle de relèvement de ses taux directeurs ont enlevé ces dernières semaines la pression baissière sur la devise européenne. En outre, les marchés semblent désormais tester la Banque centrale européenne pour savoir jusqu'où elle ira en matière d'assouplissement quantitatif, d'autant que les prix à la consommation ne montrent aucun signe de redressement dans la zone euro, bien au contraire.

Les prix ont baissé en septembre en zone euro, malgré les achats de BCE !

Ainsi, en septembre, les prix à la consommation ont reculé dans la zone euro (-0,1% sur un an) après une quasi-stagnation en août (+0,1%), malgré les achats massifs de la BCE (60 milliards d'euros par mois depuis mars). Cette situation difficile renforce la pression sur l'institut émetteur de Francfort pour muscler son programme, soit en le prolongeant au-delà de septembre 2016, la date initialement prévue, soit en augmentant les montants de ses achats, voire procéder à ces deux actions simultanément. L'euro cédait mardi 0,6% à 1,1175$ dans cette perspective.

Les stratégistes de Bank of America ML s'attendent notamment à ce que la BCE annonce dès le mois prochain la poursuite du "QE" au-delà de septembre 2016, ce qui devrait envoyer l'euro vers la parité à moyen terme.

Les experts de la banque HSBC pensent au contraire que l'euro pourrait se renforcer dans les prochains mois, en raison du manque de latitude offert par le statut de la BCE pour accentuer son programme.

Enfin, aux côtés du dollar, la monnaie la plus solide du monde reste le franc suisse. Même si elle a cédé 4% face au billet vert au troisième trimestre, la devise helvétique maintient ses gains issus de sa réévaluation par la banque centrale suisse en janvier dernier, en réponse au lancement du programme de "QE" de la BCE. Le franc suisse reste ainsi la seule grande monnaie mondiale à s'être appréciée face au dollar depuis le début de l'année 2015, avec un gain d'environ 2%.

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