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Devises : le dollar fragilisé par l'emploi US et la Fed

Devises : le dollar fragilisé par l'emploi US et la Fed

Le dollar a cédé environ 0,5% cette semaine, affaibli par la perspective de voir la Fed faire une pause dans son cycle de hausse des taux en 2019. En outre, le marché de l'emploi a montré des signes de ralentissement en novembre aux Etats-Unis.

Devises : le dollar fragilisé par l'emploi US et la Fed

(Boursier.com) — Le dollar a reculé vendredi après la publication de chiffres de l'emploi décevants en novembre aux Etats-Unis. Le billet vert signe ainsi une baisse d'environ 0,5% en 5 séances, sa plus mauvaise semaine depuis deux mois, sur fond de spéculations sur une pause de la Fed dans son cycle de hausse des taux directeurs.

En soirée, l'indice du dollar, qui mesure son évolution face à 6 devises de références (euro, yen, livre sterling, franc suisse, dollar canadien et couronne suédoise), cédait 0,18% vendredi à 96,64 points. De son côté, l'euro gagnait 0,32% à 1,114$, et le yen grappillait 0,06% à 112,61 yen/$. La chute de plus de 2% des indices boursiers à Wall Street contribuait aussi vendredi soir à la faiblesse du dollar.

Sur la semaine, le billet vert a donc reculé d'environ un-demi pour cent, et il a cédé 0,86% par rapport à son plus haut niveau de l'année inscrit courant novembre, vers 97,54 points. La devise américaine conserve toutefois un gain de 4,7% depuis le début de l'année face aux principales devises mondiales, une avancée sous-tendue par trois hausses de taux de la Fed depuis le début de l'année, qui ont rendu les placements en dollars plus rémunérateurs.

Le président de la Fed prend un ton plus "colombe"

Toutefois, la semaine dernière, le président de la Fed Jerome Powell a indiqué pour la première fois qu'il estimait que le niveau "neutre" pour les taux directeurs était désormais proche. Or, moins de deux mois plus tôt, M. Powell jugeait encore ce niveau "neutre" (ni stimulant, ni pénalisant pour la croissance) très éloigné. Jeudi soir, le 'Wall Street Journal' a écrit sur son site internet que la banque centrale envisageait d'adopter une attitude attentiste ("wait-and-see") l'an prochain, plus adaptée à l'évolution des indicateurs macro-économiques.

Ces déclarations ont fait chuter les taux d'intérêts, rendant les placements en dollars moins rentables, et fragilisant la devise américaine. Le taux de l'emprunt d'Etat (T-Bond) à 10 ans est ainsi retombé de 3,25% à 2,86% en un mois, et celui du 5 ans et passé de 3,08% à 2,71%. Les turbulences sur les marchés d'actions, liées à la querelle commerciale Chine-USA et aux inquiétude sur la croissance, ont aussi contribué à affaiblir le dollar ces dernières semaines.

Les marchés s'attendent désormais à assister à un dernier tour de vis de la Fed lors de la réunion des 18 et 19 décembre, pour porter le taux des "fed funds" dans une fourchette de 2,25% à 2,50%. Mais pour 2019, les marchés attendent une pause de plusieurs mois, suivie de 2 hausses de taux, voire une seule, alors qu'ils en anticipant au moins trois il y a quelques semaines.

Déception sur l'emploi en novembre, lézardes dans la construction

Vendredi, les chiffres de l'emploi en novembre aux Etats-Unis ont donné quelques signes de faiblesse, avec des créations de postes bien inférieures aux prévisions des économistes (155.000 au lieu de près de 200.000 attendus). Mercredi, dans son dernier Livre Beige, la Fed a aussi noté un ralentissement ces dernières semaines sur le marché de la construction, tout en dépeignant une économie américaine toujours en croissance modeste à modérée selon les régions.

La croissance économique, qui avait atteint 4,2% au 2ème trimestre en rythme annuel, a ralenti au 3ème trimestre à 3,5% outre-Atlantique. Quant aux profits des entreprises américaines, ils ont bondi de près de 25% au 3ème trimestre par rapport à 2017, mais les analyses s'attendent à un net ralentissement en 2019. L'an prochain, l'effet positif des baisses d'impôts de Donald Trump s'estompera, et la montée des barrières douanières risque d'avoir un effet négatif (encore difficile à mesurer) sur de nombreuses compagnies américaines.

Début d'inversion de la courbe des taux

Cette semaine, sur les marchés obligataires, les investisseurs ont frémi en voyant la courbe des taux s'inverser aux Etats-Unis : le rendement du T-Bond à 5 ans (2,71% vendredi soir) est ainsi tombé depuis mardi en dessous de celui à 3 ans (2,73% vendredi) et celui à 2 ans (2,72%). Logiquement, les obligations à long terme devraient rapporter davantage que ceux d'échéance plus courtes, et une inversion préfigure souvent une récession dans l'année qui suit. Pour l'instant, cette inversion reste cependant limitée à certaines échéances, mais l'alerte a été donnée...

Si peu d'économistes envisagent une récession en 2019, les experts prévoient un ralentissement de la croissance, soulignant que le cycle actuel de croissance a déjà eu une durée exceptionnelle de 9 ans, après une courte récession en 2009.

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