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Devises : le dollar est de plus en plus surévalué, selon l'"indice Big Mac"

Devises : le dollar est de plus en plus surévalué, selon l'"indice Big Mac"

Selon "l'indice Big Mac" calculé par 'The Economist', le dollar est surévalué par rapport à presque toutes les monnaies mondiales. L'écart atteint même un sommet depuis 30 ans. Seul le Franc suisse paraît sous-évalué face au billet vert.

Devises : le dollar est de plus en plus surévalué, selon l''indice Big Mac'
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Chaque mois, le magazine britannique 'The Economist' met à jour son "indice Big Mac", qui permet, en comparant le prix en dollars d'un sandwich Big Mac dans tous les pays du monde, de mettre en évidence la surévaluation ou la sous-évaluation du billet vert par rapport aux autres devises.

La composition d'un Big Mac (7 ingrédients) étant la même partout dans le monde, son prix exprimé en dollars donne en effet une idée de la parité de pouvoir d'achat (ppp) entre les pays et donc, de la hiérarchie des devises mondiales.

Or, en 2018, le dollar s'est renforcé pour atteindre son plus haut niveau de surévaluation depuis 30 ans, selon l'indice Big Mac de janvier. Seuls les Big Mac suisses, norvégiens et suédois coûtent désormais plus cher, exprimés en dollars, que ceux achetés aux Etats-Unis.

Le Big Mac russe le moins cher en dollars, le Big Mac suisse le plus cher

Dans un monde idéal, les devises devraient s'ajuster progressivement à terme, jusqu'à ce qu'un même produit soit vendu au même prix partout dans le monde. Ce qui est donc très loin d'être le cas dans la réalité.

Le Big Mac le moins cher du monde peut ainsi s'acheter à Moscou pour 110 roubles, soit l'équivalent de 1,65$, contre 5,58$ aux Etats-Unis, tandis que le Big Mac le plus cher du monde est suisse, avec un prix de vente de 6,50 francs suisses (6,62$).

Cela suggère que le rouble est sous-évalué de 70% par rapport au dollar, et que le franc suisse est sur-évalué de 19% par rapport a billet vert. Ce dernier est l'une des seules monnaies, avec les couronnes suédoise (+4,6%) et norvégienne (+5%) à être surévaluée face au billet vert.

Le dollar porté par la Fed et les turbulences boursières

Le dollar s'est donc imposé plus que jamais comme monnaie de référence l'an dernier, alors que de nombreux devises, notamment dans le pays émergents, ont cédé du terrain, dans un contexte de relèvement des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine et de troubles politiques et sociaux dans certains pays (Argentine, Turquie, Afrique du Sud...)

La Fed a effectué en 2018 quatre tours de vis d'un quart de point pour porter le taux des "fed funds" à 2,25%-2,50%, ce qui a attiré les capitaux vers les placements en dollars, jugés moins risqués et devenus plus rémunérateurs. Le rendement du bon du Trésor américain (T-Bond) à trois mois a ainsi bondi de 1,44% début 2018 à 2,43% ces derniers jours, tandis que celui du T-Bond à 2 ans est passé de 2,04% à 2,55% et que celui du T-Bond à 10 ans est passé de 2,58% à 2,73% (après être même monté jusqu'à 3,25% en octobre).

La surévaluation du dollar par rapport aux devises des marchés émergents n'est pas un phénomène nouveau, rappelle 'The Economist', mais les écarts se sont agrandis l'an dernier. En outre, le dollar s'est aussi renchéri depuis 6 mois face à la plupart des devises des pays développés et a fait figure de valeur-refuge lors des turbulences boursières de la deuxième partie de 2018.

L'euro, la livre et le yuan particulièrement sous-évalués

Ainsi, la livre sterling, qui était valorisée presque a parité avec le dollar il y a 5 ans, se retrouve aujourd'hui sous-évaluée de 27%, selon l'indice Big Mac, en raison des incertitude entourant le Brexit, qui ont fait plonger le sterling.

Dans la zone euro, un Big Mac vaut 17% de moins qu'aux Etats-Unis, suggérant que l'euro devrait valoir 17% de plus, soit environ 1,33$, un niveau que la devise européenne n'a plus connu depuis l'été 2014... Quant au yuan chinois, il est sous-évalué de... 45,3%, selon l'indice Big Mac...

La faiblesse de ces devises face au dollar donne un avantage compétitif aux entreprises exportatrices de ces régions. On se souvient que lorsque Donald Trump est arrivé à la Maison Blanche, début 2017, il avait dans un premier temps critiqué ouvertement le dollar fort, et accusé la Chine de profiter d'un yuan trop faible, mais aussi l'Allemagne de maintenir l'euro à un niveau artificiellement bas. Des arguments qui ont étayé la mise en place durant l'année 2018 de sa politique économique protectionniste.

Un dollar fort, "vote de confiance" des investisseurs dans l'économie américaine ?

Toutefois, l'administration Trump a dans un second temps changé de discours, affirmant souhaiter un dollar fort sur le long terme. Le président américain a en revanche dirigé ces derniers mois son courroux contre la Fed qui, selon lui, a relevé trop rapidement ses taux directeurs (un facteur déterminant dans la hausse du dollar).

Sur le marché des changes, le dollar s'est apprécié en 2018 face à la plupart des devises. L'indice du dollar, qui mesure ses variations face à 6 devises de référence (euro, yen, livre sterling, franc suisse, dollar canadien et couronne suédoise) a gagné 4,4% l'an dernier, sa plus forte hausse depuis 2015. Depuis le début de 2019, l'indice du dollar, coté sur le marché américain ICE, est stable malgré une volatilité assez élevée ces dernières semaines.

En décembre, le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a commenté la vigueur du dollar en parlant d'un "vote de confiance" des investisseurs dans l'économie américaine.

"L'une des raison du renforcement du dollar est la conséquence de l'opinion des investisseurs sur l'économie et la croissance de l'économie américaine en comparaison avec celles des autres pays du monde", avait-il ajouté dans un entretien avec l'agence 'Bloomberg'.

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