Devises : le dollar au plus haut depuis un an, les taux US en soutien

Devises : le dollar au plus haut depuis un an, les taux US en soutien

Le billet vert profite de la rapide hausse des taux d'intérêts survenue depuis que la Réserve fédérale américaine a signalé son intention de commencer à réduire son soutien exceptionnel aux marchés, mis en place pour lutter contre le Covid-19.

Devises : le dollar au plus haut depuis un an, les taux US en soutien
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Le dollar américain a retrouvé jeudi son plus haut niveau depuis un an, soutenu ces derniers jours par l'accumulation des risques de marché, qui ont redonné à la devise américaine son attrait de valeur refuge.

Mercredi soir, l'indice du dollar gagnait ainsi 0,69% à 94,41 points sur le Nymex, face à un panier de six devises de devises de référence (euro, yen, dollar canadien, livre sterling, couronne suédoise et franc suisse). L'euro perdait 0,76% à 1,1593$, retombant sous 1,16$ pour la première fois depuis 15 mois, à la fin juin 2020.

Le billet vert profite du réflexe de repli sur les valeurs-refuge en période de correction boursière, ainsi que de la rapide hausse des taux d'intérêts survenue depuis que la BCE et surtout la Réserve fédérale américaine, ont signalé leur intention de commencer à réduire leur soutien exceptionnel aux marchés, mis en place pour lutter contre la récession engendrée par la pandémie de coronavirus.

Sur les marchés obligataires, le rendement du T-Bond à 10 ans a ainsi grimpé de 1,3% à 1,53% en une semaine, tandis que le taux US à 30 ans a bondi de 1,84% à 2,07% depuis que la Fed a laissé entendre le 22 septembre dernier qu'elle pourrait commencer dès novembre prochain à réduire ses achats d'actifs mensuels ("tapering") et qu'elle pourrait relever ses taux directeurs courant 2022, et non en 2023 comme les marchés l'anticipaient jusque là. En Europe, le rendement du Bund allemand à 10 ans est remonté mercredi à -0,21%, contre -0,42% fin août, tout en restant en terrain négatif, rendant les placements en euros moins attrayants que ceux en dollars.

Inflation et flambée des cours de l'énergie pourraient menacer la reprise

Les investisseurs s'inquiètent d'une possible évolution de l'économie mondiale vers la "stagflation", une situation où la croissance ralentirait mais où l'inflation serait élevée, un scénario catastrophe qui n'est toutefois pas privilégié par les économistes. La crainte d'une inflation persistante, notamment liée à la flambée des cours du pétrole et du gaz pourrait toutefois amener les banques centrales à devenir moins accommodantes plus rapidement que prévu...

Jerome Powell, le président de la Fed, et Christine Lagarde, son homologue de la BCE se sont ainsi tous deux montrés inquiets, mercredi, de la durée des "goulets d'étranglement" qui menacent la reprise économique et attisent les prix, même s'ils ont répété que l'inflation à court terme serait selon eux un phénomène temporaire.

Lors d'un débat organisé par la BCE, Jerome Powell a ainsi jugé "frustrant" que les goulets d'étranglement dans les chaînes d'approvisionnement ne se résorbent pas à ce stade de la reprise économique,et il a ajouté s'attendre à ce que cette situation se prolonge en 2022.

Quant à Christine Lagarde, elle a estimé que ces tensions constituaient l'un des principaux risques pour les perspectives économiques de la zone euro. "Combien de temps faudra-t-il pour que ces goulets d'étranglement soient résorbés (...), c'est l'un des points d'interrogation", a-t-elle dit, avant d'évoquer les risques liés à la hausse des prix de l'énergie et ceux de nouvelles vagues de la pandémie de Covid-19.

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