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Devises : l'euro toujours affaibli, en attendant la BCE

Devises : l'euro toujours affaibli, en attendant la BCE

La BCE saura-t-elle répondre aux attentes très fortes des marchés, le 3 décembre prochain ?

Devises : l'euro toujours affaibli, en attendant la BCE
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La devise européenne a terminé la semaine en légère baisse vendredi, les cambistes tablant chaque jour davantage sur l'annonce de nouvelles mesures d'assouplissement de la part de la BCE, lors de sa réunion de la semaine prochaine.

Vendredi soir, l'euro évoluait sous le seuil de 1,06$, à 1,0594$ (-0,1%), au plus bas depuis plus de 7 mois. Sur la semaine, l'euro a reculé de 0,5%. Il abandonne près de 7% depuis la mi-octobre, et plus de 12% depuis le début de l'année, où il évoluait autour de 1,20$. En mars dernier, l'euro avait frôlé la parité de 1 euro pour 1 dollar, au moment où la Banque centrale européenne avait lancé son programme de rachat d'actifs de 60 milliards d'euros par mois. Ce programme n'a pour l'instant que partiellement atteint son but, à savoir lutter contre les risques de déflation et relancer la croissance de la zone euro grâce à un euro faible, qui stimule les exportations.

La parité une nouvelle fois à portée de main?

L'actualité de ces dernières semaines a incité les investisseurs à anticiper de nouvelles annonces fortes de la part de la BCE, qui se réunira jeudi prochain, le 3 décembre. La faiblesse de l'inflation dans la zone euro, la probable remontée des taux directeurs américains en décembre, le ralentissement des pays émergents et enfin, les attentats de Paris et leurs possibles conséquences sur la croissance européenne, sont autant de facteurs qui devraient inciter la BCE à muscler son programme d'assouplissement quantitatif ("QE").

Dans ces conditions d'afflux de liquidités, l'euro serait donc appelé à poursuivre la glissade, selon les experts, dont certains prévoient la parité avec le dollar dans les prochaines semaines...

Vers un taux de dépôt négatif, à double détente ?

Le 3 décembre, les analystes s'attendent notamment à une nouvelle baisse du taux de facilité de dépôt de la BCE, qui s'applique aux réserves excédentaires déposées par les banques auprès de la BCE. Déjà négatif, à -0,2%, ce taux pourrait encore être abaissé pour inciter les banques européenne à accroître le crédit plutôt que de placer leurs réserves, à perte, dans les coffres de la BCE.

Les dernières informations en provenance de Francfort laissent penser que la BCE pourrait adopter un taux de dépôt à deux étages. Ainsi, selon des informations relayées par 'Reuters', la nouvelle baisse (peut-être à -0,4% ou -0,5%) ne serait appliquée qu'au-delà d'un certain montant déposé, afin de ne pénaliser que les banques qui déposent de gros excédents à la banque centrale.

La mesure toucherait dans ce cas en priorité les banques du coeur de la zone euro, à commencer par les banques allemandes, selon une étude de la banque RBS. Le principal avantage d'un système dual (qui existe déjà au Danemark et en Suisse), est qu'il aurait "un impact limité sur les profits des banques tout en tirant les taux d'intérêt de court terme encore plus bas", estiment de leur côté les spécialistes de la banque Natixis.

Les membres de la BCE encore divisés sur un coup de pouce au "QE"?

Les spéculations des marchés sont également très élevées concernant un renforcement du programme de rachat d'actifs de la BCE mis en place depuis mars dernier. La banque centrale pourrait ainsi relever les montants mensuels acquis (60 MdsE actuellement) et/ou allonger la durée de son programme, prévu pour l'instant pour durer jusqu'en septembre 2016.

Les Minutes de la dernière réunion de la BCE, publiées le 19 novembre, ont cependant montré que les membres du conseil de la BCE restaient divisés sur l'opportunité de muscler le programme de "QE". Cette révélation avait entraîné un rebond temporaire de l'euro.
Dès le lendemain, 20 novembre, le président de la Fed Mario Draghi avait cependant réaffirmé la volonté de la BCE d'assouplir encore sa politique monétaire. "Si nous estimons que la trajectoire de notre politique n'est pas suffisante pour atteindre notre objectif, nous ferons ce que nous devons pour faire remonter l'inflation aussi vite que possible", avait affirmé le patron de la BCE.

Face aux attentes très fortes des marchés financiers, "Super Mario" devra donc une nouvelle fois manoeuvrer finement pour ne pas décevoir les investisseurs jeudi prochain...

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