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Devises : l'euro sous pression après les propos de Mario Draghi

Devises : l'euro sous pression après les propos de Mario Draghi

L'euro est tombé jeudi sous le seuil de 1,13$, après les commentaire pessimistes de Mario Draghi sur la croissance européenne. Le patron de la BCE a toutefois assuré que la banque centrale disposait encore d'instruments de soutien si nécessaire.

Devises : l'euro sous pression après les propos de Mario Draghi
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après les marchés financiers et de nombreux économistes, la BCE a entériné jeudi un ralentissement plus marqué que prévu de l'activité en zone euro. Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a ainsi souligné que les données économiques "continuent à être plus faibles que prévu" en zone euro. Il a cependant ajouté que la BCE disposait encore d'outils pour agir si nécessaire.

Ces propos ont pesé lourdement sur le cours de l'euro, qui abandonnait jeudi en séance 0,77% à 1,1291$, tombant sous le seuil de 1,13$ pour la première fois depuis près de 6 semaines, à la mi-décembre 2018. En toute fin de soirée, l'euro cotait 1,1309$ (-0,63%).

Détente généralisée sur les taux d'intérêts européens

Les Bourses européennes ont de leur côté progressé, rassurées par la promesse de possibles nouvelles mesures de soutien de la BCE. L'indice Euro Stoxx 50 a gagné 0,46%, et à Paris, le CAC 40 a avancé de 0,65%.

Sur les marchés obligataires, les taux d'intérêts se sont nettement détendus : le rendement du Bund allemand à 10 ans a reculé de 4 points de base à 0,18%, celui de l'OAT française a cédé 5 pdb à 0,58% et le taux de l'obligation italienne à 10 ans a plongé de 9 pdb à 2,66%.

Dans la conférence de presse suivant la réunion de la BCE, M. Draghi a attribué la faiblesse persistante de l'économie européenne au "ralentissement de la demande extérieure", qui devrait peser sur les perspectives de croissance "à court terme". Il a toutefois jugé rassurants "l'état du marché du travail, les conditions favorables de financement et la hausse des salaires".

A l'issue de sa réunion, la BCE n'a pas modifié sa politique monétaire, laissant le taux "refi" à 0%, le taux de prêt marginal à 0,25% et le taux de dépôt à -0,40%. Ces taux resteront à leurs niveaux actuels "au moins jusqu'à l'été 2019", et aussi longtemps que nécessaire, a ajouté la BCE dans son communiqué.

La BCE "n'est pas à court d'instruments"

Le patron de la BCE a toutefois écarté tout risque de récession pour les grands pays européens. Selon lui, le Conseil des gouverneurs de la BCE juge improbable que l'Allemagne et l'Italie connaissent une pareille déconfiture.

En cas de besoin, a assuré le banquier central, "la BCE n'est pas à court d'instruments". "Nous disposons encore de toute notre boîte à outils", a-t-il insisté, avant d'évoquer "le programme de rachats d'actifs" auquel l'institut monétaire vient de mettre fin, ainsi que les prêts géants que la BCE peut de nouveau accorder aux banques sous la forme d'opérations de refinancement ciblées à long terme (TLTRO).

Jeudi matin, la publication de l'indice d'activité a confirmé un net ralentissement en janvier dans la zone euro... L'indice PMI "flash" composite, qui regroupe le secteur manufacturier et celui des services, est ainsi tombé à 50,7, tout juste au-dessus de la barre des 50 qui sépare croissance et contraction, contre 51,1 en décembre. En France, l'indice est même tombé à 47,9 dans le sillage des mouvements sociaux qui ont perturbé l'économie de l'hexagone.

La croissance allemande en passe d'être revue en nette baisse ?

Jeudi soir, le quotidien économique allemand 'Handelsblatt' a écrit que le gouvernement allemand ne prévoyait désormais plus que 1% de croissance cette année, et non plus 1,8%, en raison du ralentissement économique mondial et du Brexit... La nouvelle prévision officielle sera annoncée mercredi prochain par le ministère allemand de l'Economie. Selon le quotidien, la projection pour 2020 serait elle aussi revue en baisse, à 1,6%.

La France, de son côté, maintient sa prévision de croissance pour cette année à 1,7%, a déclaré jeudi le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno le Maire. Le mouvement des "Gilets jaunes" exerce "un impact négatif sur la croissance française mais nous ne réviserons pas notre prévision pour 2019", a indiqué le ministre lors d'une interview accordée à 'Reuters TV' en marge du Forum économique mondial de Davos.

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