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Devises : l'euro s'envole au-dessus de 1,11$ !

Devises : l'euro s'envole au-dessus de 1,11$ !

La perspective d'un ralentissement économique aux Etats-Unis plombe le billet vert, et soutient l'euro. La Fed devrait être plus lente que prévu à relever ses taux

Devises : l'euro s'envole au-dessus de 1,11$ !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — L'euro a bondi mercredi de plus de 1,5%, franchissant le seuil des 1,10$ pour la première fois depuis plus de 3 mois. En fin de soirée, l'euro s'adjugeait ainsi 1,7% à 1,1107$, au plus haut depuis la fin octobre 2015.

En trois séances, le dollar s'est affaibli de plus de 2% face à l'euro, mais aussi face à un panier de devises mondiales, en réaction à l'inquiétude des investisseurs au sujet d'un ralentissement de la croissance américaine.

Les dernières statistiques publiées ont en effet été mitigées aux Etats-Unis, et la croissance du PIB a nettement ralenti au 4ème trimestre, à 0,7% en rythme annuel contre 2% au 3ème trimestre. Mercredi, les indices ISM et PMI des services se sont affichés en-dessous des attentes des économistes en janvier. Lundi, les indices manufacturiers avaient eux aussi déçu, indiquant que l'année 2016 a commencé mollement pour l'économie outre-Atlantique...

Les stocks pétroliers ont encore grimpé la semaine dernière, indiquant là aussi une demande faible, liée à une activité ralentie. Enfin, les chiffres de l'emploi US en janvier, attendus vendredi, devrait s'établir en dessous des 200.000 créations pour la première fois depuis septembre 2015, selon le consensus.

Pourtant, selon le rapport du cabinet ADP, publié dès mercredi, les créations de postes dans le secteur privé ont dépassé les attentes, avec 205.000 postes, contre 190.000 de consensus de place. Elles sont toutefois en nette baisse par rapport aux 267.000 créations de postes en décembre (chiffre révisé en hausse).

La crise pétrolière et le ralentissement chinois devraient inciter la Fed à la prudence

Dans ce contexte, les marchés ont inversé leurs paris sur le rythme des prochaines hausses des taux de la Fed, qui devrait être plus lent que prévu en décembre. Cette perspective devrait peser sur le dollar, qui est soutenu depuis des mois par les anticipations d'un durcissement monétaire aux Etats-Unis.

La semaine dernière, la décision surprise de la Banque du Japon de passer à des taux négatifs sur les dépôts des banques avait renforcé le dollar face au yen et à l'euro. Ce rebond a donc été de courte durée face à l'émergence d'une nouvelle tendance de fond, qui parie désormais sur un nouveau statu quo de la Fed sur ses taux pendant plusieurs mois, le temps d'analyser à quel point l'économie mondiale va freiner sous l'effet de la crise pétrolière et du ralentissement chinois...

Ainsi, après la hausse d'un quart de point du taux des Fed funds décidée le 16 décembre, la Fed avait laissé entendre qu'elle procéderait à 4 autres gestes du même type en 2016. Mais les turbulences boursières qui sévissent depuis le début de l'année ont changé la donne, et les investisseurs ne tablent désormais que sur deux, voire sur une seule nouvelle hausse des taux directeurs cette année.

Mario Draghi et Stanley Fischer s'inquiètent des risques pesant sur la croissance mondiale

Lundi, le vice-président de la Fed, Stanley Fischer, a reconnu que les turbulences actuelles sur les marchés pourraient avoir un effet négatif sur la croissance et l'inflation aux Etats-Unis. Les marchés en ont déduit que le Fed ne relèverait pas ses taux dès sa prochaine réunion de mars.

M. Fischer a cependant laissé planer le doute en déclarant qu'il ne "pouvait pas" répondre aux questions sur les intentions la Fed pour la réunion de mars. "Nous ne savons tout simplement pas (ce que nous allons décider). Le monde est un endroit incertain, et tout ce dont les banquiers centraux sont vraiment sûrs, c'est que ce qui arrive est souvent différent de ce à quoi l'on s'attend", a-t-il ajouté.

Mercredi, un autre membre de la Fed, William Dudley (patron de la Fed de New York) a évoqué un "durcissement" des conditions financières depuis décembre, et a jugé que cela devrait être pris en compte lors de la prochaine réunion de la Fed, signalant que la banque centrale maintiendrait sans doute ses taux en mars.

En Europe, le président de la BCE Mario Draghi a lui aussi pris la parole lundi, devant le Parlement européen à Strasbourg. Et lui aussi a souligné les risques accrus pour la croissance, répétant que "la BCE est disposée à faire sa part pour que la reprise reste fermement sur les rails", confirmant implicitement que de nouvelles mesures de soutien seraient annoncées lors de la prochaine réunion du 10 mars.

Malgré les efforts des banques centrales, notamment en Europe et en Japon, pour redonner du tonus à la croissance et lutter contre les risques de déflation, les résultats restent peu visibles, ce qui commence à faire douter les marchés de la capacité des banques centrales à peser sur un environnement financier mondial de plus en plus instable...

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