»
»
»
»
Consultation

Devises : l'euro revient sous 1,22$, la BCE attendue ce jeudi

La poussée des taux américains à 10 ans au dessus de 3% a fait chuter l'euro, mercredi, à la veille d'une réunion très attendue de la Banque centrale européenne.

Devises : l'euro revient sous 1,22$, la BCE attendue ce jeudi
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — L'euro a continué de s'affaiblir, mercredi, faisant les frais de la rapide remontée des taux d'intérêts sur la dette américaine, qui ont favorisé le dollar depuis une semaine. La devise européenne reculait ainsi de 0,48% mercredi soir, pour revenir à 1,2174$, ce qui porte son recul à 1,6% en une semaine.

L'euro est désormais revenu au plus bas depuis près de deux mois, le 1er mars dernier, même s'il progresse encore de 1,4% depuis le début 2018, et de près de 13% depuis un an face au dollar, au grand dam des entreprises exportatrices européennes et de la BCE !

De son côté, l'indice du dollar, qui reflète son évolution face à un panier de 6 devises (euro, yen, dollar canadien, livre, franc suisse et couronne suédoise) progressait de 0,48% mercredi soir, à 91,20, remontant au plus haut depuis plus de 3 mois.

Pas de changements majeurs attendus jeudi de la part de la BCE

Dans ces conditions, la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) sera très surveillée ce jeudi, en sachant que la récente baisse de la monnaie unique devrait procurer un certain soulagement au conseil des gouverneurs. En mars, plusieurs membres du conseil avaient fait part de leurs inquiétudes quant à l'impact négatif que pourrait avoir la fermeté de l'euro sur l'inflation. Or, la normalisation de la politique monétaire de la BCE est liée au rythme de l'inflation, qui reste pour l'instant très en-deçà de l'objectif (un taux proche de 2%) que s'est fixé la banque centrale. La hausse des prix à la consommation a ainsi plafonné à 1,3% en mars dans la zone euro, et à 1% en données "core" (hors énergie et alimentation)...

Sauf coup de théâtre, les taux directeurs de la BCE devraient être maintenus jeudi au plus bas, et le programme de rachats d'actifs ("QE") devrait être confirmé jusqu'en septembre.

Un différentiel de taux de plus en plus favorable au dollar

Aux Etats-Unis, où la Fed est bien plus avancée que la BCE dans son cycle de normalisation des taux, le billet vert a continué mercredi de profiter de la remontée des taux d'intérêts sur la dette souveraine américaine. Le rendement du bon du Trésor (T-Bond) à 10 ans a ainsi confirmé mercredi le franchissement des 3%, pour s'installer à 3,03% en fin de journée, en hausse de 4 points de base (centièmes de point) par rapport à la veille. Il y a une semaine, le 10 ans américain pointait encore à 2,87%, et en début d'année autour de 2,4%.

En Europe, les rendements ont aussi progressé ces derniers jours, mais dans une moindre mesure. Ce différentiel de rendement attire logiquement davantage les investisseurs vers les marchés obligataires outre-Atlantique, contribuant à renforcer le dollar par rapport à l'euro. Par ailleurs, des signes de ralentissement de la croissance se sont multipliés en Europe ces dernières semaines (recul depuis 5 mois de l'indice Ifo du climat des affaires en Allemagne...), entraînant là aussi un flux sortant de la zone euro, sans doute temporaire.

Mercredi, le Bund allemand à 10 ans, emprunt souverain de référence de la zone euro, offrait un rendement de seulement 0,63%, l'OAT française à 10 ans 0,85%, le Gilt britannique de même échéance 1,54%, et le 10 ans italien rapportait 1,77% par an aux investisseurs.

Dans ce contexte compliqué, Mario Draghi, le président de la BCE ne devrait pas faire d'annonces spectaculaires ce jeudi concernant le calendrier de sortie du programme de rachat d'actifs ("QE") et de remontée éventuelle des taux directeurs. Les marchés tablent sur une poursuite des rachats d'actifs (30 MdsE par mois) jusqu'à la fin 2018, et sur un début de remontée des taux directeurs (le premier tour de vis depuis 2011) au plus tôt à la mi-2019, voire plutôt à la fin 2019.

Incertitudes liées aux tensions commerciales avec les Etats-Unis

Les banquiers centraux devraient donc rester prudents, en tenant compte du léger ralentissement de l'activité observé en Europe, notamment la baisse de l'indice d'activité PMI en avril pour le 3ème mois et le recul de l'indice allemand Ifo depuis 5 mois.

Les tensions commerciales avec les Etats-Unis, suite aux menaces de taxes d'importation brandies par Donald Trump, seront aussi débattues, d'autant qu'elles ont contribué à déprimer les entrepreneurs, notamment en Allemagne, où l'on craint de possible barrières douanières sur l'acier, les automobiles et les produits agricoles...

Malgré ces incertitudes, les fondamentaux économiques restent bien orientés dans la zone euro, ce qui ne devrait pas amener la BCE à modifier fondamentalement son discours, prônant la fin très graduelle de ses mesures de soutien exceptionnelles au système financier. Les analystes estiment que l'institution devrait attendre sa réunion de juin pour donner des indications plus précises sur le calendrier de fin du "QE", et celui de la remontée des taux directeurs.

Retrouvez toute l'actualité des devises sur Boursier.com

©2018,

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Devises : l'euro revient sous 1,22$, la BCE attendue ce jeudi

Partenaires de Boursier.com