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Devises : l'euro remonte vers 1,16$ malgré le risque italien

Devises : l'euro remonte vers 1,16$ malgré le risque italien

L'euro a repris de la hauteur, jeudi, sur fond de turbulences sur les marchés d'actions. La situation reste pourtant tendue entre Bruxelles et Rome sur le déficit italien. Le dollar a reculé après une inflation plus faible que prévu aux Etats-Unis.

Devises : l'euro remonte vers 1,16$ malgré le risque italien
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les marchés des changes ont continué de s'ajuster, jeudi, en réaction aux turbulences boursières mondiales qui ont réveillé le sentiment d'aversion au risque chez les investisseurs. L'euro, et dans une moindre mesure, le yen, ont profité de ces incertitudes, tandis que le dollar a lâché du terrain après la publication d'une inflation plus modérée que prévu en septembre aux Etats-Unis.

L'euro a même testé en séance le seuil de 1,16$, mais a finalement échoué à le franchir (1,1599$ au plus haut). En fin de soirée, la monnaie unique européenne progressait de 0,56% à 1,1586$, malgré la persistance de tensions autour de la dette italienne.

Le "spread" entre l'Allemagne et l'Italie est remonté au-dessus des 300 points de base

Sur les marchés obligataires européens, les taux d'intérêts des dettes des pays jugés les plus sûrs (Allemagne, France, Pays-Bas) ont reculé jeudi, tandis qu'à l'inverse, le rendement des emprunts italiens à 10 ans ont bondi de 6 points de base (pdb) à 3,56%. L'écart ("spread") entre le Bund allemand à 10 ans (-3pdb à 0,52%) et son équivalent italien a grimpé de 9 pdb pour atteindre 304 pdb, au plus haut depuis avril 2013.

Sur les marchés boursiers européens, l'indice Euro Stoxx 50 a chuté jeudi de 1,77%, et l'indice italien MIB a abandonné 1,84%. A Wall Street, les indices boursiers chutaient encore de 1,4% à 2% une heure avant la clôture, après le coup de tabac de la veille (-3% sur le DJIA, -4% sur le Nasdaq).

Le dollar au plus bas depuis 2 semaines, Trump attaque encore la Fed

Dans ce climat boursier très lourd, l'indice du dollar, qui mesure son évolution face à 6 devises de références (euro, yen, livre sterling, franc suisse, dollar canadien et couronne suédoise) affichait en fin de soirée un recul de 0,44% à 95,08 points, après une baisse de l'ordre de 0,2% la veille. Le billet vert est ainsi retombé au plus bas depuis deux semaines.

Le billet vert a notamment pâti de l'annonce d'une inflation moins élevée que prévu en septembre, qui réduit quelque peu les attentes de hausses des taux directeurs de la part de la Fed. L'indice des prix à la consommation, hors alimentation et énergie ("core PCI") a progressé de 0,1% sur un mois, contre 0.2% anticipé, tandis qu'en glissement annuel, les prix ont augmenté de 2,2% contre 2,3% prévu par le consensus.

Par ailleurs, Donald Trump a accentué le recul du billet vert en s'en prenant une nouvelle fois à la politique monétaire de la Fed, à laquelle il reproche de relever ses taux trop rapidement. Le président américain a même accusé la banque centrale de "devenir folle". "La Fed fait une erreur. Ils sont si stricts. Je pense que la [banque centrale] est devenue folle", a ainsi déclaré le président américain. Il a ajouté que de son point de vue, "la Fed et les taux souverains sont un problème, pas la guerre commerciale et la Chine". " En fait, c'est une correction que nous attendons depuis longtemps, mais, vraiment, je suis en désaccord avec ce que fait la Fed. O.K. ?" a ajouté Trump.

Le bras de fer se poursuit entre Rome et Bruxelles

En Europe, la question italienne reste un sujet d'inquiétude, et l'euro pourrait se retrouver à nouveau sous pression la semaine prochaine, alors que l'Italie doit présenter lundi son projet de budget à la Commission européenne.

Le bras de fer s'est poursuivi jeudi, le ministre de l'Economie Giovanni Tria réaffirmant que le budget 2019 afficherait bien un déficit de 2,4% du PIB et tablerait sur une croissance de 1,5%, malgré les mises en garde émises par la Commission européenne, les agences de notations et la plupart des institutions internationales.

De son côté, le commissaire européen Pierre Moscovici, qui avait déjà qualifié l'avant-projet de budget de "hors des clous" des règles de la zone euro, a jugé jeudi que le texte n'était "pas bon pour le peuple" . "Je n'accepte pas l'idée qu'il y aurait d'un côté une Commission bureaucrate, et de l'autre le budget du peuple. Un budget qui augmente la dette, c'est un budget qui n'est pas bon pour le peuple", a affirmé Pierre Moscovici en marge d'une réunion du FMI à Bali.

De son côté, la directrice du FMI Christine Lagarde, a estimé que l'Italie devait "respecter les règles du club" sur la discipline budgétaire.

Matteo Salvini fustige les "spéculateurs" qui s'attaquent aux obligations italiennes

M. Moscovici n'a pas indiqué comment l'UE réagira si l'Italie persiste à imposer son budget. "Il faut éviter de créer une crise entre Bruxelles et Rome, cela n'a pas de sens. L'Italie est au coeur de la zone euro (...) Mais nous ne pouvons pas non plus accepter que la dette publique italienne continue d'augmenter. Il faudra trouver un chemin", a insisté Pierre Moscovici.

De son côté, le vice-Premier ministre italien Matteo Salvini a prévenu que son gouvernement populiste ne ferait "pas marche arrière" face à Bruxelles sur son budget, tout en fustigeant les "spéculateurs" qui s'attaquent aux obligations italiennes.

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