Accueil
»
Bourse
»
Devises
»
Actualités
»
Consultation

Devises : l'euro reflue, Christine Lagarde jugée plus "colombe" que prévu

Devises : l'euro reflue, Christine Lagarde jugée plus "colombe" que prévu

La BCE a maintenu ses taux directeurs ce jeudi, une mesure globalement attendue par les marchés. Sa présidente Christine Lagarde a répété que la politique monétaire accommodante était là pour durer.

Devises : l'euro reflue, Christine Lagarde jugée plus 'colombe' que prévu
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — L 'euro s'est orienté en nette baisse, jeudi, après la réunion de la BCE et la conférence de presse de Christine Lagarde, sa présidente, qui s'est montrée plutôt "colombe" dans ses déclarations sur la politique monétaire.

La monnaie unique européenne cédait jeudi soir 0,4% face au dollar à 1,1048$. En outre, sur les marchés obligataires, les taux se sont nettement détendus en Europe : le rendement du Bund allemand à 10 ans, référence de la zone euro, a cédé 5 points de base à -0,31% tandis que l'OAT française à 10 ans a baissé de 5 pdb à -0,06% et le 10 ans italien a chuté de 9 pdb à 1,25%...

L'indice du dollar, qui mesure l'évolution du billet vert face à un panier de 6 grandes devises (euro, livre sterling, franc suisse, yen, dollar canadien, couronne suédoise) a de son côté progressé de 0,2% à 97,73 points.

A quand le retour vers les 2% d'inflation ?

La BCE a maintenu le statu quo sur ses taux directeurs ce jeudi, une mesure globalement attendue par les marchés. Sa présidente Christine Lagarde a répété que la politique monétaire accommodante était là pour durer, même si "les risques sont devenus moins prononcés" pour l'économie de la zone euro, notamment depuis la conclusion d'un accord commercial partiel entre les Etats-Unis et la Chine.

Toutefois, "compte tenu des perspectives d'inflation toujours modérées, la politique monétaire doit rester très accommodante pendant une période prolongée pour soutenir les pressions inflationnistes sous-jacentes et l'évolution de l'inflation globale à moyen terme", a ajouté la nouvelle patronne de la banque centrale européenne.

Pour l'économiste Véronique Riches-Flores, présidente de RF Research, Mme Lagarde a signifié que "le bas niveau des taux d'intérêt est là pour durer, et si les efforts persistants permettent d'envisager le retour d'une inflation vers la cible de la BCE à terme, Mme Lagarde ne laisse guère filtrer l'impression que cet ajustement se fera rapidement ni de manière spontanée".

En décembre, le taux d'inflation annuel dans la zone euro a atteint 1,3%, accélérant par rapport à novembre (+1,0%) et au plus haut depuis huit mois. Il reste cependant loin de l'objectif de la BCE d'une inflation proche de 2%...

"Aux anticipations de marchés qui, ces derniers temps, commençaient à envisager la possibilité d'une hausse des taux directeurs l'an prochain, ses commentaires (ndlr : de Mme Lagarde) ont claqué la porte, ce qui a provoqué un reflux significatif des taux d'intérêt futurs et du cours de l'euro, dont le taux de change effectif perd en ce moment 0,4%", a ajouté l'économiste dans une note publiée jeudi.

La BCE lance une revue stratégique, notamment sur sa définition de l'inflation

Tout en confirmant ses propres engagements à soutenir l'inflation, la BCE a lancé une nouvelle fois un appel aux gouvernements pour qu'ils prennent des mesures de soutien de leur croissance économique. Mme Lagarde a appelé les pays disposant d'une marge de manoeuvre budgétaire à agir : "ils doivent être prêts à agir de manière efficace et opportune ", a-t-elle estimé sans nommer l'Allemagne, le premier Etat concerné par cet appel.

La BCE a également annoncé jeudi le lancement de la première réévaluation de sa stratégie de politique monétaire depuis 2003. Ce chantier, annoncé en décembre, doit occuper les membres de la BCE toute l'année.

La réflexion portera notamment sur une nouvelle définition de la notion de "stabilité des prix" visée par l'institut. Actuellement, l'objectif est d'atteindre une inflation "proche mais inférieur à 2%". La nouvelle définition pourrait introduire l'idée de "symétrie" : l'inflation pourrait varier autour de l'objectif de 2%, sans que cela pousse la BCE à ajuster immédiatement sa politique.

La nouvelle stratégie devrait aussi inclure une conduite plus collégiale de la politique monétaire, ainsi que l'étude des effets secondaires causés par des outils exceptionnels comme les taux négatifs, et pour la première fois la prise en compte des enjeux climatiques dans les achats d'actifs de la BCE.

Retrouvez toute l'actualité des devises sur Boursier.com

©2020,

Nombre de caractères autorisés : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !