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Devises : l'euro recule, Donald Trump fustige Mario Draghi !

Devises : l'euro recule, Donald Trump fustige Mario Draghi !

Le président de la BCE a clairement ouvert la voie, mardi, à de nouveaux assouplissements monétaires, entraînant un recul de l'euro et des taux souverains dans le zone euro. Donald Trump s'en est offusqué, jugeant injuste la politique de la BCE...

Devises : l'euro recule, Donald Trump fustige Mario Draghi !
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les marchés de changes et de taux se sont agités mardi, après des propos très "colombes" de Mario Draghi, le patron de la BCE, en faveur de nouvelles mesures d'assouplissement monétaire, compte-tenu du ralentissement conjoncturel actuel.

L'euro a nettement reculé, tombant jusqu'à 1,1181$ (-0,32%) en séance, avant de finir la journée en recul de 0,2% à 1,1195$, non loin de son plus bas niveau depuis plus de deux ans, en mai 2017. De son côté, l'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence) progressait légèrement de 0,10% à 97,66 points, au plus haut depuis plus de deux ans.

Donald Trump furieux de l'avantage compétitif d'un euro faible

Les propos de Mario Draghi ont déclenché la colère de Donald Trump, qui a déclaré via Twitter que "Mario Draghi vient d'annoncer de nouvelles mesures de stimulation à venir, ce qui a immédiatement fait chuter l'euro face au dollar, facilitant de façon injuste la compétition contre les Etats-Unis. Cela fait des années qu'ils s'en tirent comme ça, avec les Chinois et d'autres", a ajouté le président américain.

Un peu plus tard, Donald Trump a enfoncé le clou contre l'Allemagne, en constatant que "le DAX allemand flambe après les propos de Mario Draghi. Très injuste pour les Etats-Unis !" Le Dax a fini en hausse de plus de 2% mardi soir (+2,03%), de même que les autres places boursières européennes (+2,20% pour le CAC 40 et +2,06% pour l'EuroStoxx 50).

La critique de la faiblesse des monnaies concurrentes au dollar est un thème récurrent chez Donald Trump, et va de pair avec ses attaques contre la Fed qui, en relevant ses taux, a entretenu la vigueur du billet vert... La semaine dernière, Trump avait notamment lancé, toujours via Twitter, que "l'Euro et d'autres monnaies sont dévaluées contre le dollar, causant un gros désavantage pour les Etats-Unis", une affirmation qui divise les économistes.

Nouveau plus bas historique pour le 10 ans allemand

Sur les marchés obligataires, les taux sont repartis de plus belle à la baisse dans l'attente de nouveaux assouplissements, tant de la part de la BCE que de la Réserve fédérale américaine, qui se réunit ces mardi et mercredi.

Aux Etats-Unis, le rendement de l'emprunt d'Etat de référence, le T-Bond à 10 ans, reculait mardi soir de 3 points de base à 2,06%, son plus bas niveau depuis octobre 2016. En Europe, le taux de l'emprunt d'Etat de référence, le Bund à 10 ans, a plongé de 8 pdb, tombant à -0,32%, inscrivant un nouveau record historique... Le taux de l'OAT française à 10 ans est tombé en terrain négatif en séance, à -0,002%, avant de finir tout juste dans le vert à 0,01%.

Mario Draghi a donc créé un électrochoc, mardi matin, en déclarant que la BCE était prête à "mettre à profit toute la flexibilité permise par notre mandat pour le remplir - et nous le ferons encore pour répondre à tout défi qui se poserait à la stabilité des prix à l'avenir", a-t-il affirmé.

"La prolongation des risques a pesé sur les exportations et en particulier sur l'industrie manufacturière", a-t-il constaté. "En l'absence d'amélioration, de sorte que le retour durable de l'inflation vers notre objectif est menacé, des mesures de relance supplémentaires seront nécessaires", a poursuivi le patron de la BCE.

Des actions de la BCE en septembre, voire plus tôt ?

S'exprimant dans le cadre du forum annuel de la BCE à Sintra au Portugal, "Super Mario" a ajouté que la BCE mettra à profit "les prochaines semaines" pour étudier ses options, laissant entendre que la banque centrale pourrait faire des annonces plus tôt que ce qui était généralement anticipé. La prochaine réunion de politique monétaire du conseil des gouverneurs de la BCE est prévue le 25 juillet.

Dans une note publiée mardi soir, les analystes de Generali Investments disent "attendre désormais de nouvelles actions de la BCE en septembre, voire plus tôt". Generali estime notamment "hautement probable" une nouvelle baisse du taux de dépôt (déjà négatif à -0,4%), mesure assortie d'une part modulable pour amortir les effets négatifs sur le secteur bancaire.

La Fed attendue de pied ferme mercredi soir

Alors que Mario Draghi a ouvert la porte à de nouvelles baisses de taux et peut-être à un nouveau cycle d'assouplissement monétaire (QE), la Fed est de son côté attendue demain mercredi de pied ferme par des marchés en mal de propos rassurants...

Récemment, le président de la banque centrale américaine, Jerome Powell, a pour la première fois ouvert la voie à cette éventualité en affirmant que la Fed ferait ce qui est "approprié" en cas de net ralentissement conjoncturel.

Les investisseurs tablent néanmoins en majorité pour un statu quo, ce mercredi, sur le taux des "fed funds" (actuellement fixé entre 2,25% et 2,50%). Selon l'outil FedWatch du CME Group, basé sur les contrats à terme sur les "fed funds", les marchés anticipent ce statu quo avec une probabilité de 77,5%.

Les anticipations sont en revanche très fortes pour un geste baissier le 31 juillet, avec une probabilité de 85%. Les traders voient 66,8% de chances pour une baisse d'un quart de point à 2,00%-2,25% et de 18,1% pour un recul d'un demi-point pour revenir à 1,75%-2%, selon cet outil.

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