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Devises : l'euro recule avant la réunion de la BCE

Devises : l'euro recule avant la réunion de la BCE

L'euro cède du terrain à l'approche de la très attendue réunion de rentrée de la BCE, prévue ce jeudi...

Devises : l'euro recule avant la réunion de la BCE
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — L'euro cède du terrain à l'approche de la très attendue réunion de rentrée de la BCE, prévue ce jeudi. La devise européenne pointe autour de 1,1225$, en baisse de 0,7%, mais elle a tout de même regagné près de 4% depuis la mi-juillet face au dollar, alors que la probabilité d'une hausse des taux US à court terme s'est éloignée, en raison de la crise chinoise et de ses conséquences sur la croissance mondiale.

Les opérateurs attendent donc de pied ferme le discours de Mario Draghi, le président de la BCE, à l'issue de la réunion du comité de politique monétaire. Sauf coup de théâtre, aucune modification de la politique de la BCE n'est anticipée, mais les investisseurs estiment que M. Draghi devrait se montrer vigilant au sujet de l'inflation basse et de la remontée estivale de l'euro, qui pourraient freiner la reprise économique en cours...

M. Draghi pourrait ainsi évoquer la possibilité pour la BCE de prolonger son programme de rachat d'actifs en cours, si l'inflation ne se redressait pas comme prévu vers l'objectif officiel de 2% de la banque centrale européenne, estiment les cambistes.

L'inflation reste très modérée après la rechute des cours du brut

La BCE doit en parallèle publier ce jeudi l'actualisation de ses prévisions en matière de croissance et d'inflation... Mercredi, les prix à la production en zone euro sont ressortis en recul en juillet pour le deuxième mois consécutif (-0,1% sur un mois). En outre, en août, la dégringolade des prix du pétrole et la dévaluation surprise du yuan chinois, ont encore affaibli les attentes inflationnistes des marchés.

Le renchérissement de l'euro pendant l'été a aussi réduit les perspectives d'inflation, en rendant les importations moins onéreuses. Bien que le niveau actuel de l'euro ne soit pas encore inquiétant, les marchés s'attendent à ce que le patron de la BCE laisse entendre clairement qu'il ne souhaite pas voir la devise européenne s'apprécier davantage...

L'euro a profité ces dernières semaines des turbulences sur les marchés financiers, provoquées par le net ralentissement de l'économie chinoise, qui a entraîné une fuite vers les actifs jugés moins risqués comme les obligations d'Etat de la zone euro. Le dollar a quant à lui cédé du terrain, les investisseurs estimant qu'en cas de ralentissement économique mondial, la Fed hésiterait à relever rapidement ses taux directeurs...

Les entreprises ont profité à fond de l'euro faible au 2ème trimestre

Mercredi, des données compilées par 'Reuters' ont confirmé que les entreprises européennes avaient largement profité, au 2ème trimestre, de l'effet conjugué de la baisse de l'euro et des cours des matières premières, ainsi que de la politique d'assouplissement quantitatif lancée par la BCE en mars dernier. La BCE rachète ainsi pour 60 milliards d'euros d'actifs par mois, y compris des obligations d'Etat, et ce jusqu'en septembre 2016, soit une injection de plus de 1.000 MdsE.

Selon le consensus 'Reuters', les résultats trimestriels des entreprises européennes ont enregistré une progression moyenne de 8,6% au T2, et plus de la moitié des sociétés du l'indice Stoxx 600 (56%) ont dévoilé des chiffres meilleurs qu'attendu par les analystes.

Même si la croissance économique de la zone euro (+1,2% au 2ème trimestre en rythme annuel) reste plus faible qu'aux Etats-Unis (+3,7% au T2), la dynamique semble tout de même être de retour sur le Vieux Continent, comme en témoignent notamment la hausse des crédits bancaires et le léger recul du chômage. En juillet, ce taux est ainsi passé sous la barre des 11% pour la première fois depuis février 2012, en pleine crise de l'euro, pour revenir à 10,9%.

Dans ces conditions, les marchés n'attendent pas de modification de la politique monétaire de la BCE, mais ils espèrent que Mario Draghi signalera sa volonté d'agir, en cas de besoin, contre un renchérissement excessif de la monnaie européenne. De fait, pour les acteurs économiques, la remontée de l'euro s'apparente à un durcissement involontaire des conditions monétaires qui, s'il s'accentuait, pourrait justifier un renforcement de l'action de la BCE...

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