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Devises : l'euro rebondit, Draghi temporise sur le "QE"

Devises : l'euro rebondit, Draghi temporise sur le "QE"

Après avoir perdu 2,5% en trois séances, la devise européenne s'offre un léger rebond après les propos du président de la BCE.

Devises : l'euro rebondit, Draghi temporise sur le 'QE'
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — L'euro a rebondi mercredi après avoir effectué une glissade de 2,5% en trois séances. Dans la soirée, la monnaie unique européenne regagnait 0,5% à 1,1185$, les cambistes préférant solder leurs positions baissières, après que le président de la BCE, Mario Draghi a semblé écarter une action rapide de la BCE pour accroître son programme de rachat d'actifs.

Lors d'une audition devant le Parlement européen à Bruxelles, M. Draghi a ainsi reconnu que les facteurs de risques avaient augmenté récemment, mais il a estimé qu'il était "trop tôt" pour décider si ces facteurs seraient durables et nécessiteraient d'augmenter la portée du programme d'assouplissement quantitatif de 1.140 milliards d'euros, mis en oeuvre par la BCE depuis mars dernier, au rythme de 60 milliards d'euros par mois.

Mario Draghi se donne le temps de la réflexion avant d'augmenter le "QE"

Le ralentissement de la croissance dans les économies émergentes, un euro plus fort et la baisse des prix du pétrole et des prix des produits de base pendant l'été représentent ainsi "de nouveaux risques baissiers pour la croissance et l'inflation", a mis en garde le patron de la BCE.

Pour autant, a-t-il poursuivi, "il est trop tôt pour juger avec suffisamment de confiance (si ces facteurs de risque) vont provoquer un glissement durable de la trajectoire d'inflation que nous attendions initialement lorsque nous avons décidé d'étendre notre programme d'achat d'actifs en janvier".

Sur les marchés, où certains intervenants espéraient que M. Draghi se montrerait plus pressé d'augmenter le montant et/ou la durée du programme de "QE" (assouplissement quantitatif), l'enthousiasme a été un peu douché par ces propos attentistes.

Activité modérée dans la zone euro, mais pas d'accélération de la croissance

Le 18 septembre, Benoît Coeuré, membre du conseil de la BCE, avait de son côté indiqué en substance que l'institut de Francfort se tenait prêt à agir, si nécessaire, pour contrer une appréciation trop intempestive de l'euro et en cas de retour du risque déflationniste. Par son intervention, M. Coeuré, qui réagissait à une vive poussée de l'euro, la veille, après la décision de la Réserve fédérale américaine de ne pas relever ses taux directeurs, est d'ailleurs ainsi parvenu à stopper net l'ascension de l'euro.

Mario Draghi avait lui aussi envisagé un possible renforcement du programme de la BCE, dès le 3 septembre, lors de la conférence de rentrée de la BCE. Ce mercredi, il est resté sur la même ligne, mais n'a pas apporté d'éléments nouveaux en termes de calendrier.

Mercredi, la publication des indices d'activité dans la zone euro a montré que l'économie européenne restait fragile. L'indice PMI "Flash" composite, mesurant l'activité globale dans la zone euro, a ainsi reculé à 53,9 en septembre après 54,3 en août, alors que les marchés tablaient sur un chiffre de 54.

Les données de l'enquête signalent une croissance du PIB de la zone euro de l'ordre de 0,4% au troisième trimestre, un niveau semblable à celui du 2ème trimestre, et inférieur à ce que l'on considère généralement comme sa croissance potentielle de long terme.

Goldman Sachs envisage une prolongation jusqu'en 2017 du "QE" de la BCE

Sur le marché des changes, de nombreux opérateurs continuent de tabler sur un affaiblissement de l'euro à moyen terme, compte-tenu de la divergence de politique monétaire entre l'Europe et les Etats-Unis, même si ces derniers ont différé, le 17 septembre, le coup d'envoi de la hausse des taux, reporté sans doute à la fin de l'année, voire à début 2017.

Lundi, la banque d'affaires américaine Goldman Sachs a réitéré son opinion baissière sur l'euro, tablant sur un cours proche de la parité avec le dollar d'ici à la fin de l'année.

Les stratégistes de GS pensent que la BCE annoncera bientôt son intention de prolonger ses achats de 60 milliard d'euros par mois au-delà de la date initialement prévue de septembre 2016. Ces achats devraient ainsi se poursuivre à ce niveau de 60 MdsE mensuels jusqu'à la fin 2016, puis être réduits progressivement au courant du premier semestre 2017, estiment les stratégistes de la banque.

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