Devises : l'euro pique du nez après des propos de Christine Lagarde

Devises : l'euro pique du nez après des propos de Christine Lagarde

La devise européenne est tombée lundi sous 1,14$, à son plus bas niveau depuis juillet 2020. La présidente de la BCE a éloigné la perspective d'une hausse des taux en 2022, la jugeant contre-productive.

Devises : l'euro pique du nez après des propos de Christine Lagarde
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — L 'euro est retombé lundi sous le seuil de 1,14$ pour la première fois depuis juillet 2020, après des propos de Christine Lagarde, qui a exclu un geste haussier sur les taux directeurs en 2022, qui serait contre-productif selon elle. La patronne de la BCE a une nouvelle fois jugé que la poussée inflationniste actuelle serait temporaire.

Lundi en fin de soirée, l'euro cédait ainsi 0,7% à 1,1372$, tandis que l'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence, dont l'euro) grimpait de 0,4% pour atteindre à 95,51 points, au plus haut depuis plus de 16 mois, début juillet 2020.

"Plus de mal que de bien"

La présidente de la banque centrale européenne a reconnu lundi que l'inflation sera plus importante et plus longue que prévu - en raison de la flambée des prix de l'énergie et des goulets d'étranglement dans les chaînes d'approvisionnement - mais elle a réaffirmé que les prix reflueraient l'année prochaine, de sorte qu'"une action de la BCE pourrait impacter l'économie au moment où la flambée des prix commencerait à se modérer d'elle-même", a déclaré la patronne de la BCE. "Si nous devions prendre des mesures de resserrement maintenant, cela pourrait causer beaucoup plus de mal que de bien", a-t-elle poursuivi, lors d'une audition par la Commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen.

"A un moment où le pouvoir d'achat est déjà comprimé par la hausse des factures d'énergie et de carburant, un resserrement excessif des conditions de financement n'est pas souhaitable et constituerait un obstacle injustifié à la reprise", a-t-elle ajouté.

Différentiel de taux des deux côtés de l'Atlantique

Les marchés financiers sont de plus en plus convaincus que la Réserve fédérale américaine relèvera ses taux directeurs avant la BCE, en 2022, compte-tenu de l'avance prise par les Etats-Unis dans le cycle de reprise économique post-Covid, et de l'inflation plus élevée aux Etats-Unis (+6,2% sur un an en octobre) que dans la zone euro (+4,1% en octobre).

Le billet vert a ainsi été soutenu ces derniers jours par le regain de tension sur les marchés obligataires américains, qui ont fait monter lundi le rendement de l'emprunt d'Etat à 10 ans au-dessus de 1,6% Le rendement du T-Bond à 10 ans, qui avait déjà fortement progressé la semaine passée, a encore bondi lundi de 6 points de base à 1,62%, rendant les placements en dollars plus rémunérateurs que ceux en euros.

Ainsi, le rendement du Bund allemand à 10 ans, référence de la zone euro, reste en terrain négatif (-0,23%) et celui de l'OAT française de même échéance se limite à 0,12% ces jours-ci, même ces taux ont progressé ces derniers mois.

Les taux américains à 30 ans flirtent de leur côté avec le seuil de 2% (+4 pb à 1,99%), contre seulement +0,09% pour le Bund à 30 ans.

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