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Devises : l'euro grimpe, la BCE un peu moins "colombe" que prévu

Devises : l'euro grimpe, la BCE un peu moins "colombe" que prévu

Les marchés attendaient-ils trop de la BCE ? L'euro a nettement progressé jeudi après les annonces de la Banque centrale européenne qui s'est pourtant montrée accommodante dans ses déclarations, mais sans aller trop loin dans ce sens...

Devises : l'euro grimpe, la BCE un peu moins 'colombe' que prévu
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Si la BCE s'est montrée comme prévu accommodante ce jeudi, elle n'a pas voulu aller trop loin en matière d'assouplissement, estimant que les conditions économiques actuelles ne justifient pas encore de sortir le "bazooka" monétaire de la baisse des taux et d'une reprise des rachats d'actifs.

Certains investisseurs ayant anticipé des annonces plus spectaculaires, qui auraient été de nature à affaiblir l'euro et soutenir la Bourse, la devise européenne a bondi après les annonces de la banque centrale. L'euro a ainsi gagné jusqu'à 0,6%, pour atteindre 1,1288$ juste après les annonces, et progressait encore 0,49% à 1,1274$ en soirée, après la conférence de presse de Mario Draghi.

Les places boursières européennes ont pour leur part réagi à la baisse. A Paris, notamment, le CAC 40 est passé d'une hausse de 0,7% juste avant le communiqué de la BCE, à une baisse de 0,26% à la clôture. L'EuroStoxx 50 progressait de 0,9% avant la BCE, mais a terminé en léger recul de 0,05%.

Pas de hausse de taux avant la mi-2020 au plus tôt

Pour une fois, le président de la banque centrale européenne s'est montré assez ambigu dans son message aux marchés financiers, une prudence sans doute dictée en partie par le fait qu'il se prépare à passer les commandes de la BCE, le 1er novembre prochain, à son successeur, qui tarde à être désigné par les dirigeants européens.

Jeudi, l'institution monétaire européenne a comme prévu laissé ses taux directeurs inchangés, et a repoussé de six mois l'échéance d'un éventuel resserrement monétaire. Les taux directeurs "resteront à leurs niveaux actuels au moins jusqu'au premier semestre 2020" et, en tout cas, "aussi longtemps que nécessaire pour assurer la poursuite de la convergence durable de l'inflation vers des niveaux inférieurs à, mais proches de 2% à moyen terme", a ainsi indiqué la BCE.

Jusqu'à présent, elle envisageait une remontée des taux à partir de la fin 2019, bien que les marchés aient depuis longtemps anticipé un report de cette échéance, compte-tenu du ralentissement de la croissance économique et des risques liés à la guerre commerciale.

Un soutien aux banques légèrement moins généreux que prévu

La BCE a également détaillé son nouveau programme de prêts à long terme aux banques européennes (TLTRO 3), qui débutera comme attendu en septembre, mais dont les conditions sont finalement un peu moins généreuses qu'attendu par certains. Selon les montants prêtés par les banques, celles-ci pourront emprunter des liquidités à la BCE à des taux situés entre -0,3% et +0,1 %. Le précédent TLTRO proposait des prêts à des taux un peu plus avantageux, pouvant atteindre -0,4%.

Certains investisseurs avaient en outre anticipé d'autres messages de souplesse de la part de la BCE. Ils espéraient que Mario Draghi ouvrirait la voie à une nouvelle baisse des taux (comme le reflètent ces derniers temps les marchés monétaires), voire à une reprise du programme de rachat d'actifs de la BCE (qui s'est achevé fin 2018), face à l'accumulation des risques sur la croissance.

Des perspectives de croissance et d'inflation finalement revues en légère hausse

Mario Draghi n'a cependant pas évoqué une telle possibilité, soulignant que la croissance du PIB de la zone euro avait été "quelque peu meilleure que prévue" au premier trimestre 2019, à +0,4%. Tout juste a-t-il admis que "certains membres du Conseil" ont évoqué la possibilité de nouvelles baisses de taux et l'achat de nouveaux actifs.

Contrairement aux attentes des marchés, la BCE a revu légèrement à la hausse (et non à la baisse) ses prévisions de croissance et d'inflation pour 2019. Le PIB de la zone euro est désormais attendu en hausse de 1,2% cette année (contre 1,1% en mars) et de 1,4% en 2020 et 2021, contre respectivement 1,6% et 1,5% prévu précédemment.

Quant à l'inflation, elle est prévue à 1,3% en 2019 (contre 1,2% anticipé précédemment), puis à 1,4% en 2020 (contre 1,5%) et à 1,6% en 2021. Mario Draghi a précisé que l'inflation globale va probablement fléchir dans les mois à venir avant de repartir vers la fin de l'année. Il s'est montré confiant, estimant qu'il n'y a aucune probabilité de déflation et aucune menace de dé-ancrage des anticipations d'inflation.

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