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Devises : l'euro glisse encore, après le PIB de la zone euro

Devises : l'euro glisse encore, après le PIB de la zone euro

L'euro a poursuivi son recul face au dollar mardi, après l'annonce d'un ralentissement de la croissance économique dans la zone euro au 3ème trimestre, à seulement +0,2% au lieu de +0,4% attendu. La croissance italienne est même retombée à zéro...

Devises : l'euro glisse encore, après le PIB de la zone euro
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — L'euro a connu une nouvelle séance de baisse, mardi, sa 7ème baisse en 10 jours de cotations. La devise européenne reculait en soirée de 0,23% à 1,1346$. L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence, dont l'euro, progressait de son côté de 0,43% à 97 points.

Depuis son plus haut annuel autour de 1,25$, atteint début février, l'euro a désormais reculé de plus de 9%, dont plus de 2% depuis un mois, alors que le dollar s'est renforcé, profitant du différentiel de croissance économique et de taux d'intérêt en faveur des Etats-Unis

La croissance la plus faible depuis 4 ans en zone euro

Déjà affaibli lundi par les tensions entourant l'Italie et les craintes d'instabilité politique en Allemagne avec la fragilisation croissante d'Angela Merkel, l'euro s'est encore tassé, mardi, après la publication d'un ralentissement de la croissance économique dans la zone euro au 3ème trimestre.

Le PIB a augmenté de seulement 0,2% contre +0,4% attendu après avoir progressé de 0,4% au 2ème trimestre. Ce taux de 0,2% est le plus faible depuis plus de quatre ans... Selon l'estimation rapide préliminaire publiée par Eurostat, l'office statistique de l'Union européenne, la croissance en glissement annuel s'est également essoufflée, à +1,7% (contre +1,8% attendu), après +2,2% au 2ème trimestre.

La Commission européenne a annoncé séparément une dégradation du sentiment économique dans la zone euro en octobre pour le 10ème mois consécutif, à 109,8 points contre 110,9 en septembre. Il s'agit de la plus forte baisse de cet indicateur depuis le mois de mars et elle ne présage rien de bon pour le dernier trimestre de l'année.

La croissance italienne a stagné au 3ème trimestre

Eurostat ne publie pas les chiffres pays par pays, mais la France a annoncé ce mardi une hausse de son PIB de 0,4% au 3ème trimestre, après seulement +0,2% au T2. Cette performance est certes supérieure à la moyenne européenne, mais elle est inférieure aux prévisions, notamment de la Banque de France, qui tablait sur un rebond plus vif, de 0,5%. Pour l'Allemagne, l'estimation pour le T3 ne sera pas publiée avant le 14 novembre. Les économistes s'attendent à un ralentissement, même si le taux d'emploi reste à un niveau record...

De son côté, l'institut italien Istat a annoncé mardi que la croissance de l'Italie a stagné au 3ème trimestre, alors que le consensus tablait sur une hausse de 0,2%. C'est la première fois depuis la fin 2014 que l'économie italienne (la troisième de la zone euro après l'Allemagne et la France), ne progresse pas en variation trimestrielle.

Alors que la Commission européenne a rejeté le budget italien en raison du dérapage des déficits, Istat a précisé que sur un an, le PIB italien a affiché au 3ème trimestre une croissance de 0,8%, contre +1,2% au 2ème trimestre, et alors que le consensus attendait un chiffre un peu plus élevé, à +0,9%.

Retour de la tension sur les taux italiens

Or, pour établir son budget, retoqué par Bruxelles, le gouvernement populiste table sur une croissance de 1,2% cette année et s'est fixé un objectif de 1,5% pour 2019. La tendance observée au 3ème trimestre ne devrait que renforcer la défiance de l'UE vis-à-vis de Rome alors que Bruxelles a demandé au gouvernement italien de revoir son projet de budget 2019. La Commission européenne prévoit que le PIB italien croîtra de 1,3% cette année, mais de seulement 1,1% en 2019. Le FMI est encore moins optimiste, tablant sur 1,2% en 2018 et 1% en 2019.

Ces statistiques ont contribué à la faiblesse de l'euro et ont aussi fait bondir les taux d'intérêts italiens, traduisant la méfiance des investisseurs vis-à-vis de la dette italienne. Mardi, le rendement de l'emprunt d'Etat italien à 10 ans (qui s'était détendu lundi après le statu quo de S&P sur la note de l'Italie) a nettement rebondi, de 14 points de base, remontant à 3,47%. L'écart ("spread") avec le Bund allemand de même échéance (-1 pdb mardi, à 0,37%) est du coup remonté au-dessus de la barre symbolique des 300 pdb, à 310 pdb.

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