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Devises : l'euro fluctue après des déclarations de la BCE

Devises : l'euro fluctue après des déclarations de la BCE

L'euro a gagné jusqu'à 0,75% lundi avant d'abandonner ces gains, les investisseurs s'interrogeant sur la future politique monétaire de la BCE. Mario Draghi a confirmé la fin progressive du soutien de la BCE, malgré le ralentissement actuel.

Devises : l'euro fluctue après des déclarations de la BCE
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après avoir reculé de 0,7% la semaine dernière face au dollar, l'euro a commencé cette semaine sur une note volatile, sur fond d'inquiétude pour la croissance de la zone euro. Trois responsables de la BCE, dont son président Mario Draghi, ont confirmé lundi que la banque centrale européenne comptait mettre un terme à son programme de rachats d'actifs ("QE") à la fin de cette année malgré le ralentissement conjoncturel. Cependant, les marchés commencent à repousser leurs prévisions concernant l'étape suivante, à savoir le relèvement des taux directeurs, qui restent bloqués à leur plus bas historique depuis des années.

Accord sur le Brexit et ouverture italienne en soutien

Lundi, l'euro a commencé la journée en nette hausse, progressant même de 0,75%, jusqu'à 1,1421$, avant de perdre tous ses gains et revenir en soirée à 1,1330$ (-0,04%). La devise européenne a notamment profité en matinée de l'adoption de l'accord sur le Brexit, conclu dimanche entre le Royaume-Uni et les membres de l'Union européenne.

La livre sterling a elle aussi bénéficié de cette annonce dans un premier temps, progressant de 0,4%, avant de réduire ses gains en fin de journée (stable à 1,2814$). L'accord sur le Brexit doit en effet encore franchir une étape difficile, celle de la ratification par le Parlement britannique, qui semble pour l'instant loin d'être acquise...

L'euro a aussi bénéficié lundi d'informations selon lesquelles l'Italie pourrait accepter de réviser son budget dans le sens réclamé par la Commission européenne. Le vice-Premier ministre italien Luigi Di Maio s'est ainsi dit ouvert à une baisse du niveau de déficit par rapport aux 2,4% du PIB qui étaient prévus initialement.

En Allemagne, l'indice Ifo s'est dégradé en novembre pour le 3ème mois

Toutefois, en cours de journée, l'optimisme ambiant s'est quelque peu estompé, le sujet du ralentissement économique dans la zone euro reprenant le dessus, ce qui a pesé sur le niveau de la devise européenne.

Ainsi, le climat des affaires s'est encore dégradé en Allemagne au mois de novembre, pour le 3ème mois consécutif, selon l'enquête mensuelle de l'institut Ifo publiée lundi, ce qui ne laisse présager qu'un rebond timide de la première économie d'Europe ce trimestre, après un recul du PIB observé au 3ème trimestre outre-Rhin (-0,2%). Vendredi, l'indice "flash" PMI composite de l'Allemagne est ressorti en recul, à 52,2 en novembre après 53,4 en octobre, un chiffre décevant même si l'activité reste en expansion (au-dessus de la barre des 50).

Dans le sillage de l'Allemagne, première économique de la zone euro, la croissance de la région a été décevante depuis l'été, éveillant la crainte que la BCE ne réduise son soutien à l'économie au plus mauvais moment.

Lundi, le président de la BCE Mario Draghi, ainsi que deux autres responsables de l'institution, ont cependant estimé que le ralentissement actuel n'était pas suffisant pour remettre en question le projet de la Banque centrale européenne d'arrêter progressivement son programme de stimulation de l'économie.

Mario Draghi confirme la fin du "QE" en décembre

"Un ralentissement progressif est normal à mesure que l'expansion arrive à maturité et que la croissance converge vers son potentiel de long terme", a déclaré Mario Draghi lors d'une audition devant la commission des Affaires économiques du Parlement européen à Bruxelles.

"Une part du ralentissement pourrait aussi être temporaire", a-t-il dit. "En fait, les données les plus récentes montrent une certaine normalisation de la production dans l'industrie automobile qui a été freinée par des facteurs exceptionnels."

Mario Draghi, tout comme Peter Praet, l'économiste en chef de la BCE, et Sabine Lautenschläger, membre du directoire de l'institut d'émission, ont tous trois affirmé que cela ne remettait pas en cause le projet de mettre fin au programme de 2.600 milliards d'euros de rachats d'obligations fin 2018, dans un contexte d'inflation en hausse et d'amélioration de l'emploi.

Les responsables n'ont en revanche mentionné aucune date pour commencer à remonter les taux d'intérêts, qui restent au plus historique. Il apparaît certain que la politique monétaire européenne devrait restera accommodante malgré l'arrêt du "QE", la BCE s'étant d'ores et déjà engagée à ne pas relever ses taux directeurs avant l'été 2019. Mais depuis la dégradation de la conjoncture observée dans la zone euro, les marchés financiers commencent à anticiper un report du début du cycle haussier à la fin 2019, voire au début 2020...

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