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Devises : l'euro en pente douce avant les annonces de la BCE ce jeudi

Devises : l'euro en pente douce avant les annonces de la BCE ce jeudi

La devise européenne cédait 0,24% à 1,1225$ mercredi soir, alors que la BCE devrait détailler jeudi son nouveau programme de prêts à long terme aux banques européennes.

Devises : l'euro en pente douce avant les annonces de la BCE ce jeudi
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La devise européenne était en léger recul, mercredi soir, cédant 0,24% à 1,1225$, alors que la BCE a entamé mercredi une réunion de 2 jours à Vilnius, la capitale de la Lituanie. L'euro a désormais cédé plus de 2% face au billet vert depuis le début de l'année.

L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence (euro, yen, livre sterling, franc suisse, dollar canadien et couronne suédoise) progressait mercredi soir de 0,28% à 97,35 points. Le dollar avait flanché dans l'après-midi après la publication d'un rapport ADP très décevant sur les créations d'emplois en mai aux Etats-Unis dans le secteur privé, avant de repartir de l'avant.

Les marchés s'attendent à un statu quo, jeudi, sur les taux directeurs de la BCE, mais espèrent obtenir des détails sur le nouveau programme de prêts à long terme aux banques de la zone euro, attendu pour septembre. Selon Eric Bourguignon, membre du Directoire de Swiss Life Asset Managers (France), "nul doute qu'elle (la BCE) se montrera particulièrement généreuse dans le contexte particulièrement anxiogène dans lequel évoluent l'économie et les marchés actuellement".

L'inflation est tombée à 1,2% dans la zone euro en mai

Compte-tenu de la montée des risques macro-économiques liés notamment à la guerre commerciale, ainsi que des dangers politiques (bras de fer budgétaire avec l'Italie, risque de Brexit dur), la banque centrale européenne pourrait en outre repousser une nouvelle fois dans le temps la date de remontée de ses taux directeurs, qu'elle envisage actuellement pour début 2020.

La BCE pourrait même laisser la porte ouverte à une éventuelle reprise de ses achats d'actifs ("QE") si la situation économique se dégradait en cours d'année. Jusqu'à présent, la croissance économique a assez bien résisté dans la zone euro au premier trimestre (+0,4% pour le PIB), même si le net ralentissement de l'inflation a de quoi inquiéter les banquiers centraux, à seulement 1,2% en mai en glissement annuel, après +1,7% en avril, loin de l'objectif de la BCE d'approcher les 2%.

Marge de manoeuvre limitée

Dans sa note publiée mercredi, Eric Bourguignon s'attend à ce que la BCE "adopte un ton très 'dovish' et procède à une révision significative des ses prévisions économiques" à la baisse.

Face à la montée des risques macro-économiques, la banque centrale européenne dispose d'une marge de manoeuvre bien plus limitée que la Réserve fédérale américaine, qui a profité de la reprise économique pour relever son taux des "fed funds" de 0%-0,25% fin 2015 à 2,25%-2,50% en décembre dernier. De son côté, la BCE a maintenu son taux de refinancement ("refi") à zéro, et son taux de dépôt en terrain négatif à -0,4%.

Dans ces conditions, "la crédibilité de l'institution encore dirigée pour quelques mois par Mario Draghi risque d'être mise à rude épreuve", estime encore M. Bourguignon.

La nomination du successeur de Mario Draghi reportée ?

Par ailleurs, selon l'agence 'Bloomberg', les dirigeants européens pourraient reporter la nomination du successeur de Mario Draghi, dont le mandat s'achève le 31 octobre, afin de se concentrer dans l'immédiat sur les nominations des prochains présidents de la Commission européenne et du Conseil européen. La nomination, attendue en principe ces jours-ci, pourrait attendre juillet ou plus tard, selon les sources citées par l'agence.

Si retarder le choix du prochain patron de l'Institution basée à Francfort permettrait de dissocier la nomination d'un banquier central indépendant des marchandages politiques, cela pourrait également perturber les investisseurs au cours de l'été, alors que la liquidité du marché est faible et que les risques économiques mondiaux s'accroissent. Les candidats potentiels au poste occupé par l'Italien ont des points de vue très divergents sur l'ampleur des mesures de relance dont la zone euro a besoin, rappelle encore 'Bloomberg'.

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