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Devises : l'euro en berne, Bruxelles étrille le budget italien

Devises : l'euro en berne, Bruxelles étrille le budget italien

L'euro est reparti en nette baisse jeudi et les taux sur la dette souveraine italienne se sont tendus après que Bruxelles a dénoncé un dérapage "sans précédent" du budget italien. Bruxelles exige des clarifications avant lundi prochain à midi.

Devises : l'euro en berne, Bruxelles étrille le budget italien
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les tensions autour de l'Italie sont remontées d'un cran, jeudi, Bruxelles ayant entamé un bras de fer avec la coalition populiste au pouvoir en Italie, dont le projet de budget ne respecte pas les règles européennes. La Commission européenne, à qui les Etats membres de la zone euro ont tous remis lundi leurs projets de budgets pour l'an prochain, a réclamé officiellement jeudi des "clarifications" à Rome, en qualifiant son dérapage budgétaire "sans précédent dans l'histoire du Pacte de stabilité et de croissance".

L'euro s'est affaibli après ces informations, reculant en fin de journée de 0,4% pour revenir à 1,1457$, après avoir inscrit un plus bas en séance à 1,1452$. La devise européenne a désormais abandonné environ 3% depuis le 20 septembre dernier, plombée par les craintes d'une nouvelle crise au sein de la zone euro.

Pierre Moscovici "n'imagine par l'Italie sans l'euro"

Dans sa lettre adressée à Rome, la Commission demande à l'Italie de lui présenter ses observations avant "le lundi 22 octobre à midi". Bruxelles dénonce un risque de "non-conformité grave" du budget italien avec les règles européennes, qui pourrait l'amener à rejeter ce budget, un événement qui ne s'est encore jamais produit dans l'histoire de l'UE...

Le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici, qui s'est rendu jeudi à Rome pour remettre en personne la lettre de Bruxelles à Giovanni Tria, le ministre italien des Finances, a affirmé a la presse qu'il "n'imagine pas l'euro sans l'Italie et l'Italie sans l'euro".

Cherchant à calmer le jeu, il a assuré que la Commission n'est "pas l'adversaire de l'Italie", mais "l'arbitre", qui "n'est pas populaire mais fait respecter les règles du jeu". M. Tria a affirmé de son côté que l'Italie espérait "rapprocher (ses) positions avec celles de l'Union européenne". "Nous avons des évaluations différentes", mais maintenant s'ouvre "un dialogue constructif", a-t-il noté.

Les taux italiens s'envolent, les décisions des agences de notation attendues

Les taux italiens ont flambé sur les marchés obligataires, le rendement de l'emprunt à 10 ans bondissant jeudi de 14 points de base à 3,68%, au plus haut depuis février 2014... L'écart ("spread") avec l'emprunt allemand (Bund) de même échéance s'est élargi à 327 points de base, traduisant la hausse de la perception du risque lié à la dette italienne. Les agences de notations Moody's et Standard & Poors doivent prendre une décision avant la fin de mois sur cette dette, dont ils pourraient dégrader la note.

L'Italie est classée deux crans au-dessus de la catégorie spéculative ("junk") par les trois agences de référence. Elle risque de perdre un cran, selon les économistes, ce qui la placerait à un seul cran au-dessus de "junk". S&P note actuellement la dette de l'Italie "BBB" avec perspective stable tandis que Moody's lui attribue "Baa2" avec une perspective négative.

Des mesures sociales coûteuses promises par le gouvernement populiste

Le budget adopté lundi par le gouvernement italien, prévoit un déficit public à 2,4% du PIB en 2019, très loin des 0,8% promis par le précédent gouvernement de centre gauche. Par ailleurs, les économistes prévoient que la dette publique, qui atteint déjà 131% du PIB (la plus élevée de la zone euro après celle de la Grèce) ne dérape dangereusement après des mesures de relance promises par le gouvernement formé par la Ligue (extrême droite) et le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème).

Rome entend notamment faciliter les départs en retraite et créer un revenu de citoyenneté pour les Italiens plus modestes.

La crainte d'un "Brexit dur" pèse sur la livre sterling

Le marché des changes a aussi été agité jeudi par l'échec du sommet de Bruxelles sur le Brexit, qui n'a pas permis de parvenir à un accord sur les modalités du divorce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne. La livre sterling a rechuté jeudi de 0,7% à 1,3020$.

Les risques d'un "Brexit dur", sans accord, se sont une nouvelle fois accrus, même si les négociations se poursuivent, alors que la date du Brexit approche à grands pas (le 29 mars 2019). Les dirigeants mondiaux ont émis des avertissements ces derniers temps, notamment Christine Lagarde, la présidente du FMI, qui craint des conséquences négatives pour la croissance mondiale. Même le président de la Fed, Jerome Powell, s'est inquiété mardi d'un "Brexit désordonné", qui pourrait selon lui avoir un impact négatif sur l'économie américaine.

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