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Consultation

Devises : l'euro doute de l'artillerie lourde sortie par Mario Draghi...

Devises : l'euro doute de l'artillerie lourde sortie par Mario Draghi...

La monnaie unique, après avoir chuté, est finalement remontée...

Devises : l'euro doute de l'artillerie lourde sortie par Mario Draghi...
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après une réaction initiale en nette baisse, l'euro a vivement rebondi depuis hier, semblant défier les annonces faites par la BCE. Le devise européenne a d'abord plongé de 0,7% pour frôler hier 1,35$, mais s'est ensuite offert un rebond paradoxal supérieur à 1%, sous l'effet de rachats de ventes à découvert, remontant jusqu'à 1,3660$. Ce matin, la devise européenne reste à un niveau élevé (1,3649$, en recul de 0,1%), supérieur à celui de mercredi soir (1,36$), alors même que les annonces de la BCE sont fondamentalement de nature à faire reculer l'euro, en combinant des baisses de taux avec un accroissement des liquidités via des prêts aux banques.

La première émotion passée, les investisseurs ont cependant été un peu déçus par le nouveau programme de prêts ciblé (Targetted LTRO), qui ne sera pas mis en oeuvre avant la fin de l'année, excluant de facto d'autres actions spectaculaires d'ici là. En outre, certains doutent du succès de ce programme auprès des banques dans un contexte économique morose... Dans ces conditions, les cambistes ont "vendu la nouvelle", en mettant fin à leur paris baissiers pris ces dernières semaines sur la devise européenne, qui avait reculé de 2% entre début mai et mercredi, veille de la réunion de la BCE.

Sur le plan technique, ayant flanché à l'approche du seuil plancher majeur de 1,35$, l'euro pourrait désormais tester le seuil de 1,3688-90$, au-delà duquel sa tendance redeviendrait haussière à moyen terme... Si cette hypothèse se vérifiait, il s'agirait d'un camouflet pour la BCE, dont l'objectif affiché est justement de faire reculer l'euro, afin de favoriser l'inflation importée et d'améliorer la compétitivité des produits européens à l'export. Le 8 mai dernier, le président de la BCE Mario Draghi s'était ainsi ému publiquement pour la première fois du niveau élevé de l'euro, qualifié désormais de préoccupation majeure.

Un paquet de mesures de poids

Hier, la BCE a sorti la grosse artillerie en annonçant une batterie de mesures conventionnelles et non conventionnelles pour lutter contre le risque déflationniste. Elle a tout d'abord abaissé son principal taux directeur, le "refi", de 0,25% à 0,15%, tandis que le taux de dépôt a été fixé en terrain négatif pour la toute première fois, à -0,1% contre 0%, afin d'encourager les banques à prêter plutôt qu'à thésauriser leur cash dans les coffres de la BCE... En outre, Mario Draghi a annoncé un programme de prêts ciblés (Targetted LTRO) aux banques européennes, à condition qu'elles emploient ces sommes à accroître le crédit aux entreprises. La banque centrale européenne réfléchit enfin à racheter de manière ciblée des titres adossés à des créances (ABS, asset backed securities), afin d'orienter davantage le flux de crédits vers les PME.

Les cambistes hésitent

Si les marches d'actions et obligataires ont salué ces annonces, les cambistes sont restés dubitatifs, en apprenant que le nouveau programme TLTRO ne serait pas mis en place avant septembre, puis décembre 2014. Un calendrier qui semble donc exclure toute autre action de la part de la banque centrale d'ici à la fin de l'année. Or, en leur for intérieur, les investisseurs espéraient que la BCE se placerait dans la perspective d'une véritable programme de rachat d'actifs sur le modèle de l'assouplissement quantitatif mené par les Etats-Unis et le Japon... Mario Draghi n'a certes pas exclu cette hypothèse, mais elle ne semble donc pas d'actualité à court terme.

En attendant que l'euro retrouve une orientation claire, les marchés d'actions et les obligations ont réagi positivement depuis hier aux mesures de la BCE. En Europe, l'indice EuroStoxx 50 a gagné 0,9% à la clôture, tandis que le Dow Jones et le S& 500 ont gagné 0,6% hier à Wall Street, franchissant tous deux un nouveau record historique. Sur le marché des dettes souveraines, les taux des emprunts d'Etat français et allemands flirtent ce matin avec leurs plus bas historiques, à 1,73% pour l'OAT à 10 ans, et à 1,38% pour le Bund allemand de même échéance. Côté actions, le CAC 40 était hésitant ce matin vers 09H30 (-0,08%) après un bond de 1,06% hier, tandis que le Dax allemand a ouvert en hausse de 0,15% (après +0,2% hier) et que l'Ibex 35 espagnol avançait de 0,5% (après +1,1% hier).

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