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Devises : l'euro démarre 2019 en force face au dollar

Devises : l'euro démarre 2019 en force face au dollar

Cela paraît paradoxal... Malgré une conjoncture plus fragile dans la zone euro qu'aux Etats-Unis, l'euro a commencé 2019 sur un bon pied, approchant 1,15$, alors que le dollar corrige, notamment face au ton davantage "accommodant" de la Fed.

Devises : l'euro démarre 2019 en force face au dollar
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les premières séances de 2019 sur les marchés des changes profitent à l'euro, qui progressait lundi pour la 3ème séance consécutive, malgré la multiplication d'indicateurs économiques contrastés dans la zone euro et notamment en Allemagne, où le secteur industriel montre des signes de faiblesse.

Lundi soir, l'euro progressait ainsi de 0,77% à 1,1488$, tandis que l'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de six devises de référence (euro, yen, livre sterling, franc suisse, dollar canadien et couronne suédoise) reculait de 0,5% à 95,58 points, sa troisième séance négative consécutive. Le billet vert est revenu au plus bas depuis le 18 octobre dernier, après avoir grimpé jusqu'à 97,69 à la mi-décembre, soit une chute de 2,1%.

Le dollar fait notamment les frais des incertitudes sur l'issue du "shutdown" qui affecte une partie des administrations américaines depuis le 22 décembre. Les investisseurs sont aussi attentistes alors que les négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine ont repris lundi.

Prises de bénéfices sur le dollar après les turbulences boursières de décembre

En outre, le dollar fait l'objet de prises de bénéfices, après avoir été recherché en décembre comme valeur-refuge, lorsque les marchés boursiers ont dégringolé. Le dollar s'était alors apprécié, alors même que les rendement obligataires devenaient moins attractifs, à mesure que les investisseurs se ruaient sur les obligations, à la recherche de placements moins risqués que les actions.

Mathématiquement, les cours des obligations évoluent en sens inverse des taux d'intérêts. Or, ces derniers après un début d'année en forte hausse accompagnant les 4 tours de vis de la Fed en 2018, se sont nettement détendus depuis un mois, rendant les placements en dollars un peu moins rémunérateurs.

Ainsi, le rendement du bon du trésor (T-Bond) à 10 ans évoluait lundi à 2,67%, au plus bas depuis fin janvier 2018... après avoir atteint un pic à 3,25% début novembre, un plus haut depuis le printemps 2011... Parallèlement, le retour de l'appétit du risque boursier observé début 2019 a entraîné un dénouement des positions prudentes prises précédemment, ce qui a logiquement fait dégonfler le dollar.

Jerome Powell promet que la Fed sera "patiente"

Le dollar n'a ainsi même pas profité vendredi de la publication d'excellents chiffres de l'emploi en décembre aux Etats-Unis (312.000 créations contre 184.000 attendues). Les investisseurs ont en effet bien davantage réagi aux dernières déclarations du président de la Fed, Jerome Powell, qui a affirmé que la banque centrale américaine serait "patiente" et "flexible", et qu'elle tiendrait compte du récent accès de volatilité sur les marchés financiers dans sa future politique monétaire.

Jerome Powell a ainsi laissé entendre que la Fed pourrait désormais faire une pause avant de remonter à nouveau ses taux directeurs, qui ont été relevés quatre fois en 2018 pour atteindre la fourchette de 2,25% à 2,50% lors de la réunion des 18 et 19 décembre 2018.

Lundi, la baisse du billet vert a été entretenue par la publication d'un indice ISM d'activité des services décevant pour décembre 2018 aux Etats-Unis. L'indice est ressorti à 57,6, contre un consensus de place de 59,6 et un niveau de 60,7 en novembre.

Rebond surprise de la consommation en novembre dans la zone euro

Dans la zone euro, en revanche, l'euro a été soutenu par la publication de solides ventes de détail en novembre. Selon Eurostat, les ventes au détail, corrigées des variations saisonnières, ont augmenté de 0,6% en novembre, au même rythme qu'en octobre, alors que le consensus tablait sur un net ralentissement à +0,2%. En glissement annuel, les ventes ont affiché une augmentation de 1,1% contre +0,4% attendu par le marché.

En Allemagne, première économie de la zone euro, les ventes au détail ont même bondi de 1,4% sur un mois en novembre (+1,1% sur un an), contre une progression de 0,4% et un repli de 0,7% sur un an attendus par le marché. Toutefois, le secteur industriel est à la peine outre-Rhin : les commandes à l'industrie ont flanché de 1% en novembre sur un mois, après avoir progressé de 0,2% en octobre. Le marché tablait sur un repli limité à 0,1%. En glissement annuel, les commandes reculent de 4,3% contre une baisse de 2,7% anticipée par le consensus.

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