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Devises : l'euro coincé sous 1,14$ avec l'Allemagne et l'Italie

Devises : l'euro coincé sous 1,14$ avec l'Allemagne et l'Italie

L'euro a tenté lundi matin de repasser au-dessus du seuil psychologique de 1,14$ mais a échoué, terminant en légère baisse. En Allemagne, Angela Merkel a annoncé qu'elle quitterait la vie politique après son mandat actuel, qui s'achève en 2021.

Devises : l'euro coincé sous 1,14$ avec l'Allemagne et l'Italie
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La semaine a commencé sur une note morose pour l'euro, qui est resté sous pression alors que la chancelière allemande Angela Merkel a posé les jalons de son départ de la politique en 2021, après une nouvelle reculade de son parti aux élections régionales de Hesse, dimanche.

En fin de soirée, l'euro cotait 1,1389$ (-0,11%) après avoir subi un recul de près de 1% la semaine dernière, sur fond de statu quo de la BCE sur sa politique monétaire, des tensions autour du budget italien et d'indicateurs d'activité en net recul dans la zone euro. L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence, s'est apprécié lundi de 0,24% à 96,59 points.

Lundi matin, l'euro a toutefois tenté un rebond, montant jusqu'à 1,1416$, grâce à la décision prise vendredi soir par Standard & Poor's de ne pas dégrader la note de la dette de l'Italie, malgré son budget 2019 qui laisse filer le déficit et la dette du pays.

Angela Merkel de plus en plus fragilisée outre-Rhin

Mais les annonces venues d'Allemagne, première économie de la zone euro, ont eu raison du rebond. Au lendemain d'une nouvelle déconvenue pour son parti, la CDU, dans une élection régionale, celle du Land de Hesse, Angela Merkela a annoncé que son mandat en cours (le quatrième, qui s'achèvera en 2021), serait le dernier, et qu'elle mettrait alors fin à sa carrière politique. En outre, Mme Merkel ne sollicitera pas un nouveau mandat à la tête de la CDU, en décembre prochain.

Cette annonce, qui fragilise la coalition actuelle au pouvoir entre la CDU et la SPD, pourrait entraîner une instabilité politique en Allemagne, ce qui n'est pas du goût des investisseurs, d'autant que le climat des affaires s'est nettement détérioré en Allemagne ces derniers mois. Les taux de la dette allemande se sont tendus lundi après ces annonces, le rendement du Bund à 10 ans, référence de la zone euro, gagnant 3 points de base à 0,38%.

A l'inverse, une fois n'est pas coutume, le rendement de l'emprunt italien de même échéance s'est nettement détendu, retombant de 11 points de base pour revenir à 3,33%, après la décision de S&P. L'écart ("spread") entre les dettes italienne et allemande est ainsi revenu sous les 300 points de base à 297.

S&P maintient la note de l'Italie, mais abaisse sa perspective

L'agence de notation a décidé de ne pas abaisser la note de crédit de Rome, maintenue à BBB (deux crans au-dessus de la catégorie "junk" ou "spéculative"). S&P a tout de même abaissé la perspective de cette dette de "stable" à "négative", une façon de prévenir que la note pourra être dégradée dans les 18 prochains mois. Les analystes craignent que la décision d'"augmenter encore l'endettement public n'étouffe la reprise du secteur privé, en plus de peser sur la position budgétaire déjà fragile de l'Italie".

La semaine précédente, Moody's avait frappé plus fort, en abaissant sa notation de l'Italie à "Baa3", à un seul cran au-dessus de la catégorie spéculative, mais l'avait assortie d'une perspective stable.
Malgré les clarification apportées par les agences de notation, le débat tendu entre le gouvernement italien et Bruxelles risque d'alimenter les inquiétudes ces prochaines semaines, ce qui pourrait se répercuter sur l'euro.

Le "core PCE" est resté sage au US en septembre

L'évolution de l'euro continuera de dépendre de l'orientation du dollar, qui a profité ces dernières semaines de statistiques macro-économiques solides aux Etats-Unis et d'anticipations de nouvelles hausses des taux de la Réserve fédérale américaine.

Lundi, les dépenses des ménages américains sont restées solides en septembre (+0,4% sur un mois) mais leurs revenus ont augmenté moins que prévu (+0,2% au lieu de +0,4% attendu). L'indice des prix à la consommation mesuré par les dépenses (PCE), hors prix alimentaires et de l'énergie (dit "core"), est ressorti comme prévu en hausse de 2% sur un an en septembre, apaisant quelque peu les craintes d'une accélération des hausses de taux de la Fed.

PIB de la zone euro et emploi US au programme cette semaine

D'autres statistiques vont influencer la paire euro/dollar cette semaine, à commencer par la publication, mardi, du PIB préliminaire de la zone euro pour le 3ème trimestre, qui est anticipé en ralentissement à 1,9% contre 2,1% au trimestre précédent. A titre de comparaison, le PIB des Etats-Unis publié la semaine dernière est ressorti en hausse de 3,5% en rythme annuel après +4,2% au 2ème trimestre. L'inflation en octobre en zone euro (lecture préliminaire) est attendue mercredi, à 2,1% sur un an (stable par rapport à septembre). L'inflation core est attendue à 1% contre 0,9% en septembre.

Du côté américain, la principale statistique de la semaine sera le rapport sur l'emploi en octobre, qui sera publié vendredi. Le consensus anticipe 191.000 créations d'emplois, après seulement 134.000 en septembre. Quant aux salaires horaires, ils sont attendus en hausse de 0,2% sur un mois (après +0,3% en septembre). Sur un an, ils devraient accélérer à +3,1% en octobre contre +2,8% le mois précédent. L'indice ISM manufacturier du mois d'octobre, attendu jeudi, sera aussi très surveillé. Les économistes prévoient une légère baisse, à 59 points, après 59,8 e, septembre.

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