Devises : l'euro au plus bas depuis 5 ans sur fond de guerre en Ukraine

Devises : l'euro au plus bas depuis 5 ans sur fond de guerre en Ukraine

L'euro a été enfoncé mercredi par l'annonce du groupe russe Gazprom de la suspension de toutes ses livraisons de gaz vers la Bulgarie et la Pologne. Les ministres européens en charge de l'énergie se réuniront lundi 2 mai en "session extraordinaire" .

Devises : l'euro au plus bas depuis 5 ans sur fond de guerre en Ukraine
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Le dollar a poursuivi son "rally" mercredi, pour remonter au plus haut depuis 5 ans, début 2017, face aux principales devises mondiales, tandis que l'euro est tombé sous la barre de 1,06$ face au billet vert, son plus bas niveau depuis mars 2017, il y a plus de 5 ans.

En fin de soirée, l'euro reculait de 0,6% à 1,0570$, à l'issue d'une série de 5 séances baissières. La devise européenne, plombée par les conséquences de la guerre en Ukraine, a perdu plus de 2% depuis le début de la semaine et 4,5% depuis début avril.

Moscou coupe le gaz à la Pologne et la Bulgarie

L'euro a été enfoncé mercredi par l'annonce du groupe russe Gazprom de la suspension de toutes ses livraisons de gaz vers la Bulgarie et la Pologne. Gazprom a justifié son geste par le fait que ces deux pays membres de l'Union européenne n'ont pas effectué de paiement en roubles comme l'exige Moscou depuis que l'UE a infligé de lourdes sanctions économiques à la Russie en représailles de son invasion de l'Ukraine.

Les ministres européens en charge de l'énergie se réuniront lundi 2 mai en "session extraordinaire" afin de coordonner leur réponse à Moscou. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a dénoncé mercredi "une nouvelle tentative de la Russie de nous faire du chantage au gaz", et assuré que l'UE était "préparée à ce scénario". "Nous élaborons notre réponse européenne coordonnée. Les Européens peuvent être sûrs que nous sommes unis et solidaires avec les États membres touchés", a-t-elle réagi sur Twitter.

La Fed s'apprête à accélérer son durcissement monétaire

De son côté, l'indice du dollar grimpait mercredi soir de 0,6% à 102,89 points face à un panier de 6 devises, l'euro, le yen, la livre sterling, le franc suisse, le dollar canadien et la couronne suédoise. L'euro n'est pas la seule devise en difficulté face au billet vert : la livre britannique a reculé mercredi à 1,2503 dollar, au plus bas depuis juillet 2020, et le franc suisse à 0,9701 franc suisse pour un dollar, son plus bas niveau depuis mai 2020. Quant au yen, il a même atteint mi-avril son plus bas en 20 ans face au dollar.

Le billet vert a fait office de valeur refuge ces dernières semaines dans un environnement économique et géopolitique de plus en plus instable. Face à l'euro, il est soutenu par la moindre exposition des Etats-Unis à la crise ukrainienne par rapport à la zone euro, mais surtout par le différentiel de taux d'intérêts de plus en plus favorable aux Etats-Unis. Alors que la Réserve fédérale devrait relever rapidement ses taux directeurs pour les porter à plus de 2,5% d'ici à la fin de l'année, la BCE se montre bien plus prudente.

Anticipant le durcissement monétaire de la Fed, les rendements des emprunts d'Etat américains ont flambé depuis le début de l'année, le taux du T-Bond à 10 ans pointant mercredi soir à 2,79% (contre 1,5% fin 2021), et a même dépassé 2,9% vendredi dernier. En Europe, le rendement du Bund allemand à 10 ans, référence de la zone euro, s'est établi de son côté à 0,80% mercredi soir, même s'il a fortement grimpé depuis le début de l'année (il était négatif à -0,18% fin 2021).

Une première hausse de taux de la BCE possible cet été ?

La Fed, qui se réunira mardi et mercredi prochain, devrait ainsi relever le taux des "fed funds" d'un demi-point dans une semaine, et sans doute signaler d'autres gestes du même ordre lors des réunions suivantes. La Fed devrait aussi lancer en parallèle la réduction de son bilan, peut-être dès mai, afin de juguler l'inflation qui a flambé à 8,5% sur un an en mars aux Etats-Unis.

Quant à la BCE, elle se prépare elle aussi à relever ses taux, alors que l'inflation a atteint 7,4% en mars dans la zone euro, avant l'impact de la guerre en Ukraine, qui a perturbé les approvisionnements de nombreux produits, notamment agricoles et énergétiques, ce qui devrait encore entraîner des hausses de prix. Mercredi, la présidente de la BCE Christine Lagarde a reconnu qu'une première hausse des taux directeurs de la BCE pourrait intervenir cet été, si l'inflation persiste à un niveau élevé.

"Nous allons arrêter les achats nets d'actifs avec une forte probabilité au début du troisième trimestre, probablement en juillet. Et ensuite, il sera temps d'examiner les taux d'intérêt", a déclaré Mme Lagarde au cours d'un déplacement à Hambourg.

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